‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 5)Chapitre 36 sur 73 · DES OEUVRES DE BOILK^U · texte numérisé non relu

DES OEUVRES DE BOILK^U

« instruction , et rimcur ilu plus bas étage , à « peine émule de ses plus inhabiles contempow rains , il ne sut être que leur protecteur, qu'un « deces^Iécènes subalternes qui favorisent la mé- « diocrité pour paraître plus hauts qu'elle^ lui font (( célébrer comme des bienfaits les vains mou- K vemens qu'ils se donnent , et dépravent la lit- « térature par leurs manèges autant qu'ils la dés- ^( honorent par leurs écrits. Claude Perrault , son « frère, fut du moins un architecte illustre, puis- « qu'on lui attribue la colonnade du Louvre, que « lui conteste pourtant Boileau ; mais l'ignorant « appréciateur des anciens et des modernes , celui «qui, dans le siècle des Molière et des Racine, « ne préconisa que ce qui leur ressemblait le « moins, Charles Perrault, enfin, a mérité beauce coup plus d'opprobre que Despréaux n'en a (c daigné verser sur lui. »

Cette sortie éloquente paraît sévère, et n'est que juste. Qui peut encore estimer l'auteur de Peau dAne et de la femme au nez de boudin; le barbouilleur qui travestit en vers détestables le charmant conte de Griselidis %• le flagorneur hypocrite qui fit semblant d'être fanatique dans un poème ridicule en l'honneur de la révocation

I. Voyez ce que Chénicr dit sur le conte de Griselidis , pag. l'i^ et \il\ ^ présent voL (^Natr. de l'Editeur.)

de l'édit de Nantes? Si rien n'est plus inepte que ses Parallèles des anciens et des modernes y son livre Des hommes illustres de la France ne vaut assurément pas mieux ; et l'on est fâché que Thomas , dans l'immortel Essai sur les éloges , ait dit quelque bien d'un ouvrage où des idées, tantôt fausses , tantôt vulgaires , sont constamment revêtues d'un stvle ignoble et décoloré. Comment Diderot a-t-il affirmé qu'excepté Fontenelle, Lamotte et ce Charles Perrault, dont le versificateur Boileau n était pas en état d'apprécier le mérite, aucun écrivain du dix -septième siècle n'eût été capable de fournir une page à \ Encyclopédie ?

Quoi! Pascal, Arnaud, le versificateur Boileau , Corneille, Racine, Molière, Bossuet, Fénélon, La Bruyère, n'auraient pu se permettre d'y insérer quelques essais sur les mathématiques, sur la grammaire, sur la logique, sur l'art d'écrire, sur lia tragédie, sur la comédie, sur l'éloquence, sur la morale! La sentence est dure. Diderot avait, sinon du goût , au moins une imagination animée, quoique inégale, surtout beaucoup de connaissances positives , de philosophie et d'indépendance. Digne d'aspirer à la gloire , il aurait dû savoir respecter les hommes qui font en grande partie la gloire nationale ; et , certes , Boileau est du nombre. Assez d'autres pouvaient louer avec convenance l'académicien Perrault : ceux , par

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