‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. Craufurt (volume 5)Chapitre 37 sur 73 · DES OEUVRES UE BOIEEAU · texte numérisé non relu

DES OEUVRES UE BOIEEAU

exemple , qui oui liérilé de sa nullité littéraire et (le ses falens pour l'intrigue ; il n'a pas manqué de successeurs.

Si les détracteurs de Roileau l'accusent d'être un satirique injuste, ils lui font un autre reproche, qu'ils épargnent à Quinault, malgré les prologues de ses opéras : celui d'être l'adulateur complaisant du pouvoir. Cette inculpation pourrait bien n'être pas aussi mal fondée que la première ; elle est pourtant fort exagérée; et nous allons voir qu'on peut y répondre avec avantage. Boileau, sans doute, a célébré souverît Louis XIY, dont les bienfaits l'avaient cherché, dont la faveur le maintint contre ses nombreux ennemis , et même le fil entrer malgré eux à l'Académie française; « mais, dit judicieusement l'Éditeur, ces « louanges, qu'il reproduit sous des formes aussi avariées que délicates; ces louanges, que, si l'on « veut , il prodigue , sont encore circonspectes « jusque dans leur profusion; et jamais, du moins, « il n'encense ni un vice, ni une mauvaise action, « ni même une erreur grave. Despréaux serait « sans excuse s'il avait applaudi aux dragonnades, « et célébré , comme Charles Perrault , la révoca- « tion de l'édit de Nantes. Qu'il ait exagéré des « exploits guerriers ; qu'il ait placé quelquefois « sur la tête de Louis des lauriers que Louis, dans « sa grandeur, n'avait ni cueillis, ni vn cueillir, « on a bien le dnjit d'ns(T de ces libertés poéti-

ce ques, quand on a su, comme Boileau, en pren- « dre de plus honorables; quand on a écrit, par « exemple , cette première épitre , où la véritable « gloire reçoit un si pur hommage. C'était en 1669 ; « des courtisans inconsidérés allumaient au cœur « de Louis une ambition qu'au jour de sa mort « il devait se reprocher à lui-même : il s'agissait a de l'inviter à chercher sa propre gloire dans le « bonheur de ses peuples, dans la sagesse des lois, « dans l'activité de l'industrie , dans les progrès « des arts, dans la répression des désordres, dans « la diminution des impôts. Le monarque lut l'é- « pitre, l'admira et fit la guerre; mais le poète, « qui avait revêtu ces grandes idées d'une expres- « sion digne d'elles , avait fait un bel ouvrage , et a une plus belle action. »

Sur V Art poétique et sur le Lutrin , ces deux productions principales du génie de Boileau , l'Éditeur se livre à quelques développemens qui ne sauraient être abrégés sans altération : il faut les suivre dans le discours même. Là, sont exposées avec méthode la conception^ la marche de Vu^rt poétique^ et ce qui distingue ce beau poème, soit de la rapide et brillante épître qu'Horace adresse aux Pisons , soit du traité profond où Aristote analyse les divers élémens de la tragédie. Là sont touchées, indiquées par un goût habile, et les difficultés toujours renaissantes, mais toujours

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