LETTRE CCLXII
DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DBPPAND
Chanteloup, ce 10 août 1771.
Je veux profiter d'une occasion qui se présente; mais je ne sais que vous écrire. M. de Lauzun à, qui j'ai témoigné mon embarras, veut que je vous mande que nous allons à la chasse cette après-midi. Il a envoyé ce matin Chamaillé et Labrisée dans la forêt qui lui ont fait leur rapport, et sur cela il me parle de hautes aires, de rentrée, de sortie , de rembuché, etc. M. de Lauzun est bien savant, mais son savoir passe mon intelligence. Vous pouvez conclure de tout ceci que M. de Lauzun est arrivé, ainsi que madame de Lauzun. Le même jour M. et madame de La Borde afrivèrent aussi, hier madame de Ségur arriva, lundi M. de Gontaut arrivera, jeudi madame d'Enville doit arriver, et quelques jours après M. et madame de Chabot; ensuite viendra le temps des départs ; le 22 madame de Beauvau et madame de Poix partiront et d'autres successivement, et quand vous viendrez vous trouverez fort peu de monde, et vous tiendrez lieu de beaucoup. J'ai fait de votre part mille et mille compliments à madame la princesse de Beauvau, elle me charge de vous en faire deux mille, en tout quatre mille; elle est bien fâchée de ne pas se trouver ici pour le temps où vous y serez. Madame de Grammont vous promet toute l'indulgence dont vous avez besoin. M. de l'Isle partira bientôt, il est obligé d'aller rejoindre M. le comte de Coigny. J'en suis fâché. On a imprimé, dans le dernier Mercure, des vers qui sont de lui, et qui commencent par ce mot : Perrelte) ils sont fort jolis, il a un talent très-agréable '.