‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 13 sur 108 · A MADEMOISELLE DE SAINT-C · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE SAINT-C

KN LTI ENVOYANT DR8 MIKAUKLLKS DE MRTZ.

Perrette, vous avez six ans

Et les goûts de cet heureux âge.

Il faut que le prince sans pair ait bien de la vanité pour s'être reconnu sitôt à mes contre-vérités. Pour moi j'ai celle de reconnaître tout ce qu'il vaut. J'aurais été bien envieux d'entendre ce que vous aurez pu dire de moi entre vous et les deux princes. Je suis un de ces êtres inutiles dont on ne peut dire ni bien ni mal , vivant au jour la journée et traînant ma charrue comme je puis. Heureusement quand le sillon n'est pas bien fait, je ne m'en soucie guère. Je passe une partie de ma vie à la chasse et l'autre à refaire la toile de Pénélope , je veux dire à l'arrangement de la bibliothèque. A propos, nous avons reçu un ouvrage nouveau que vous lirez avec un plaisir infini, parce qu'il persuade avec volupté, tout comme la grand'maman. Ce sont les ouvrages liturgiques de Zoroastre; cela vous parle des cérémonies religieuses des Guèbres; on y trouve toutes les prières que teurs prêtres sont obligés de faire tous les jours, dans tous les moments du jour. Pour peu que vous en ayez envie , nous réciterons ensemble le bréviaire des anciens Perses.

Je suis très -fâché de n'avoir pas pu aller à Paris, mes nerfs et mon estomac en sont cause; j'en ai beaucoup souffert tous ces jours-ci. Je suis mieux parce que j'ai redoublé d'exercice et d'attention sur mon régime. J'aurais été ravi d'avoir l'honneur de voir M. Walpole, je vous prie de l'en assurer et de lui présenter avec mes regrets tous les sentiments que je lui ai voués. Vous aurez ensuite la bonté de vous dire à vousmême que personne ne vous est aussi attaché que je le suis* La grand* maman vous écrit. Je ne vous dis rien de sa part.

Le bonl>on doit être un hommage

Pour vous au-dessus des amans.

De votre mine enchanteresse,

Quelque autre un jour vous parlera;

Mais que de peines il faudra

Pour obtenir votre tendresse;

Trop éloigné de mon printemps ,

Je n'en pourrai plus prendre aucunes ,

Et je veux profiter dn temps

Où vous le donnez pour des prunes.

M. de l'Isle m'a chargé plusieurs fois de vous présenter ses respects.

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