Le duc d'Aiguillon
saire, ne sortant presque plus et détestant ce qu'on appelle le monde.
J'eus hier la princesse. Son mari va aujourd'hui à Trie chasser avec M. le prince de Conti. Il n'en reviendra que mardi , veille de Noël , jour d'une époque * qui ne sortira jamais de ma mémoire , où tout mon bonheur a été renversé.
Je fus hier longtemps tête à tête #vec l'abbé. Je sens combien il doit vous manquer. L'incomparable ne le remplacera point. Eh! qui pourrait le remplacer? Adieu.
LETTRE CCCVII
A Chanteloup, ce 29 décembre 1771.
Ce sera l'incomparable qui vous remettra cette lettre, cet incomparable que j'avais chargé de vous écrire par la dernière occasion qui ne m'en laissait pas le temps; j'ai chargé l'abbé de réparer ses torts et mon malheur.
La société de votre incomparable est si douce , qu'on ne peut pas la perdre sans regret, c'est une consolation pour moi de vous le renvoyer; il vous dira que l'abbé a eu tort de vous effrayer sur mon rhume ; il est tout à fait passé, et je me porte fort bien. Vous savez aussi que le grand-papa a eu une attaque de sa colique néphrétique dont il est bien aussi ; il se purge demain.
J'ai un peu plus d'espérance que les affaires de l'abbé tourneront bien , que je n'en avais quand il est parti ; mais je vous demande en grâce , ne le laissez pas revenir qu'il ne les ait terminées ou assurées; je crains toujours qu'il ne gâte tout par sa précipitation , et il devrait bien savoir qu'il n'y a rien qui m'intéresse autant que ses affaires. Il doit vous avoir dit ce