‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 35 sur 108 · Elta finit ainsi ; Je parle de la mienne · texte numérisé non relu

Elta finit ainsi ; Je parle de la mienne

il ne faut jamais perdre son billet d'enterrement, pour que l'on ne puisse point ignorer dans l'avenir qu'il a existé un aussi puissant seigneur, qui, dédaignant, comme de raison, le titre de Très-Haut, a eu assez de modestie pour ne pas prendre celui de plus que Très-Haut. Je vois un certain goguenard d'abbé, qui pouffe de rire, et qui dit : « Voilà le second tome du testament de Robert Walpole; elle s'étonnait qu'il n'eût pas dit l'âge où il était mort, et elle croit que celui-ci a fait son billet d'enterrement. » Oui , monsieur l'abbé , on dit qu'il l'a fait, et il me plaît de le croire.

Pont-de-Veyle se porte beaucoup mieux; il n'a plus de fièvre, il sort, il vient tous les jours chez moi ; il est pénétré de reconnaissance de ce que je lui ai dit de votre part.

Ne montrez point mes lettres, je vous supplie, chère grand' maman ; j'ai toute honte bue avec vous et avec l'abbé ; cela ne s'étend pas plus loin.

Dites mille choses, je vous prie, au grand-papa, à la princesse et au prince; il m'avait promis de m'écrire. Dites à M. de l'Isle que j'ai vu madame de Luxembourg, et que je n'ai rien vu de plus joli. Je suis tout émerveillée de vos vastes génies, c'est à qui aura le plus d'esprit. Vous devriez mourir de honte, chère grand'maman, d'avoir une si sotte petite-fille; je m'en prends à mes insomnies; je crois que ce sont elles qui me rendent si bote, mais vous ne m'en aimerez pas moins, n'est-ce pas?

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