De î.am oignon
avec de tels procédés! Il n'y a ni poids ni mesure dans ce monde, tout y est arbitraire, chacun décide par haine ou par amour.
Je reçus hier une lettre de Voltaire , qui redit toujours les mêmes choses sur vous et sur le grand-papa. Il me parle de deux petits volumes de lettres de madame de Pompadour : il ne les croit pas d'elle, mais de quelque homme d'esprit. Le style en est léger et naturel, elles disent du mal de beaucoup de gens et nommément de son frère; je vais m'intriguer pour les avoir, et si j'y parviens vous les aurez tout de suite. Il me mande aussi qu'on a défiguré ses dernières petites productions, il les fait imprimer, et il me les promet dans quelques semaines.
Voilà, chère grand' m aman, tout ce que je puis vous dire. Dites-moi comment vous vous portez, si vous n'êtes plus enrhumée. Seriez-vous actuellement en état de jouer la comédie? Vous avez eu, dit-on, un grand succès. J'ai fort envie de voir M. du Bucq; je prendrais la liberté de lui faire beaucoup de questions. Vous savez que M. de Noailles m'a tenu parole.
Je voudrais, chère grand'maman, que vous me dissiez les propres termes de la réponse du grand-papa à la question que je lui fis s'il consentirait à rentrer dans le ministère. Je ne puis* me les rappeler exactement, j'en affaiblis l'énergie.
Adieu, la meilleure des grand'mamans, qui est aimée pas— sionnément par la plus tendre des petites-filles.
LETTRE CCCLXII
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce dimanche , 14 juillet 1778.
Vous savez le changement, chère grand'maman ? ce fut hier à quatre heures après midi que l'on reçut la nouvelle de l'extrémité de madame de Craon. Le prince partit sur-le-champ et ne voulut point être suivi de sa femme. On n'aura point de
nouvelles avant jeudi. Elles décideront de ce que fera la princesse. Si madame de Craon est morte, la princesse ira à Chanteloup sur-le-champ; si elle est vivante et donne quelque espérance, la princesse ira en Lorraine trouver le prince. Mais je suis bien bonne de vous dire tout cela. La princesse écrit à madame de Grammont et peut-être au grand-papa. Cette succession sera de quarante mille livres de rentes dont ils ne pourront rien vendre : tout est substitué, le mobilier n'est rien.
Je vous félicite de l'arrivée de madame de Château-Renaud, elle vous portera des serviettes à café ; il n'a pas été possible d'en trouver de plus belles.
N'avez -vous pas reçu les théières et le pot à sucre que madame Poirier devait vous envoyer en même temps que la lanterne? Ce sont là des nouvelles que l'abbé devrait m'apprend re.
Je ne sais si le chancelier 1 est mort ; mais certainement il le sera avant que vous receviez cette lettre.
H n'y a plus que quelques trafneurs à Paris, qui ne tarderont pas à partir pour Compiègne.
Portez-vous bien, chère grand' maman, gagnez à la comète, mangez, digérez et dormez. C'est trois choses dont je m'acquitte fort mal.
LETTRE CCCLXill
DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEFFAND
16 juillet 1TO.
Vous avez donc cru que le petit billet2, où la prétendue grand' maman vous disait qu'elle n'était pas enrhumée , venait d'elle en effet? j'en suis ravi. C'était dans un moment où elle fc trouvait très-occupée; elle me chargea de vous écrire quatre