‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 66 sur 108 · M. de Betz · texte numérisé non relu

M. de Betz

La maréchale est à Montmorency depuis avant- hier, elle n'en reviendra que le 24, jour à jamais mémorable pour moi, où je versai bien des larmes et qui m'a coûté le plus grand bonheur de ma vie.

On dit que les Beauvau reviennent aujourd'hui. La princesse aura bien de la besogne, il faudra qu'elle fasse un grand usage de son éloquence; et son crédit sur le chef1 devient bien nécessaire, car on le croit tout prêt à se rendre.

Je vous avoue, chère grand' maman, que tous ces personnages me paraissent bien peu imposants et intéressants. Tout se ressemble aujourd'hui, tout est plat et fastidieux ; encore si l'on avait quelques bons livres, mais les auteurs sont du même genre. Avez-vous lu rien de moins piquant que cette correspondance d'Horace? Je n'entends plus parler de Voltaire et je ne m'en soucie pas. Je ne désire que la vôtre, celle de l'abbé qui renferme celle du grand-papa et celle de mon ami. Par delà je ne désire rien, je reste dans mon tonneau, je bâille et je me moque successivement. Cette lettre-ci pourra bien vous en faire faire autant.

Adieu, chère grand' maman.

LETTRE CCCCXXV

DE MADAME DU DEFPAND A M. CRAUFURT

Ce dimanche , 13 décembre 1772, à 6 heures du matin.

Vous avez dû arriver jeudi 3, notre ami a reçu ses paquets le lundi 7, et vous n'avez dû le voir que le 8 ouïe 9. Je suis un peu plus diligente et plus empressée ; dès le lendemain que j'eus reçu votre commission de porcelaines, elles furent choisies, achetées, emballées, embarquées, et vous devez les avoir actuellement. Je ne vous fais point de reproches; je n'attribue

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