II
La nouvelle du jour est le retour à la cour des ducs d'Orléans et de Chartres; je vous envoie la lettre qui a fait cesser leur disgrâce ; quand vous l'aurez lue, envoyez-la à M. Walpole et dites-m'en votre sentiment; le mien est de l'approuver infiniment.
LETTRE CCCCXXXlll
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE COOISEUL
Paris, ce 2 janvier 1783.
C'est à vous que j'adresse cette lettre aujourd'hui. Depuis votre dernière et la gazette du grand abbé, il s'est passé ici des événements auxquels on ne sait quelle qualification donner; peut-être sont-ils au-dessous de rien, peut-être deviendrontils très-importants; c'est ce que le temps nous apprendra, nous verrons comment finira le combat des bêtes féroces; s'ils pouvaient s'étrangler mutuellement, quel plaisir ce serait !
Qu'avez-vous dit de la dernière lettre? J'en ai été très-contente, l'autre m'avait paru détestable, amphigourique, basse
Celle-ci est noble, pathétique, claire. Si vous ne l'approuve: pas, je croirai avoir tort. On dit qu'elle est de M. de Belle-Isl^- , Je n'ai causé qu'avec le grammairien !, j'évite l'éloquence dL^ l'épouse, la sublimité de sa politique est trop au-dessus de nr*a portée, ce n'est que par les effets qu'elle produit que j'en pixls juger; je serais bien fâchée d'être admise à son aréopage, non plus qu'à celui du temple 2 qui, comme vous voyez, a son tribunal à part et dont les desseins sont d'acquérir une gloire immortelle, que je leur souhaite au nom du Père, etc.
Le récit que l'abbé m'a fait de l'histoire de Champagne m'a touchée au delà de toute expression. Voilà comme on