‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 89 sur 108 · Léopold-Charles de Choiseul, frère du duc · texte numérisé non relu

Léopold-Charles de Choiseul, frère du duc

cher à l'abbé ; il ne refuse point de m'en apprendre, mais il faut que je l'interroge. Nous vous le rendrons bientôt, ce grand abbé, je vous en ferai le sacrifice à la manière de ceux qu'on fait à Dieu. Ah ! j'ai tort, j'y apporterai plus de résignation; aussi me sera-t-il plu3 méritoire; il doit vous prouver la sincérité de ma tendresse.

Je m'en rapporte à l'abbé pour les nouvelles courantes, je me réserve les chansons. Je meurs de peur que l'incomparable ne m'ait prévenue et ne vous ait dit la dernière de madame de Boufllers sur l'air : Ton humeur est Catherine l.

Dimanche j'étais aimable , Lundi je fus autrement; Mardi je pris l'air capable, Mercredi je fis l'enfant; Jeudi je fus raisonnable, Vendredi j'eus un amant; Samedi je fus coupable, Dimanche il fut inconstant.

Le chevalier ne sera plus avec vous quand vous recevrez cette lettre; on dit qu'il vous quitte après-demain. Vous n'avez pas grand monde présentement. Si j'avais des ailes, je sais bien ce que je ferais. Je ne m'accouturhe point à une si cruelle séparation. Je suis sans point fixe, cet état m'est insupportable, ne finira-t-il jamais?

Faites souvenir de moi le grand-papa; je l'aime toujours de tout mon cœur.

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