M. VValpole était arrivé à Puris le 10 juillet
n'en sera pas de même, et c'est certainement mon projet de le passer avec vous.
Paris se dégarnit tous les jours. Je ne fais de visites que dans les campagnes voisines et même éloignées; car Roissy *, où je fus souper hier, et dont je ne revins qu'à trois heures, ne peut pas être regardé comme voisinage. J'eus bien du regret d'avoir engagé à cette partie M. Walpole. Sa santé est trèsdélabrée et les veilles lui sont très-contraires. Tout ce que vous me dites sur lui lui fera un extrême plaisir, mais augmentera le chagrin de ne vous point voir.
L'incomparable me fait pitié. Il est aussi aveugle que moi à sa manière. Je ne sais quel parti il prendra pour Chanteloup; je crois réellement qu'il ferait bien de m'attendre; il a beaucoup de honte d'avoir tant tardé, elle n'augmentera guère en retardant encore un mois ou six semaines, et je pense qu'il fera bien de m'attendre; oui, je le répète, que ferions nous l'un et l'autre au milieu de tout ce qu'il y a de plus brillant. Quand vous n'aurez plus personne, nous deviendrons des personnages importants. Mais que le grand-papa ne se flatte point de gagner son pari; il le perdra, c'est certain. L'incomparable est en effet incomparable dans sa faiblesse ; mais il l'a pour ainsi dire en détail, et non pas en gros. Ce sont des péchés véniels qu'elle lui fait faire, mais dont cent mille ne valent pas un péché mortel; et ce péché mortel, il ne le fera jamais. Le grand-papa me payera son pari; il peut s'y attendre.
Je dirai à madame d'Aiguillon tout ce que vous me dites d'elle. La fortune de son fils ne lui tourne pas la tête; c'est, en vérité, une très-aimable femme.
Madame de Luxembourg ne quitte point les princes.
Madame de La Vallière va beaucoup mieux. Je soupe quelquefois chez elle, en très-petite compagnie. On se retire avant minuit. Je lui parle toujours de vous, et vos amis absents,