‹ Correspondance d'Alexis de Tocqueville, publiée en 1860Chapitre 45 sur 67 · GURRESl'O.NnA.NCJ · texte numérisé non relu

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liant que vous ne viendriez pas celle année. Nous le regrettons bien sincèrement. Cela fera un temps bien long sans nous voir. Je ne compte pas revenir à Paris avant le 1"" février. La solitude et le repos m'étaient bien nécessaires après les cruelles agitations du mois dernier. J'en jouis bien moins qu'à mon ordinaire ; mon esprit demeure ébranlé et vide. J'ai fini le travail qui me préoccupait du matin au soir. Je ne veux ni ne puis entreprendre immédiatement la suite de mon œuvre. Cette suite d'ailleurs se présente à moi comme quelque chose de beaucoup plus difficile que ce que j'ai fait jusqu'à présent. Il s'agit d'une matière si connue et si souvent traitée, qu'être neuf en restant vrai n'est pas, aisé. Ici plus de documents secrets à espérer. Que vous dirai-je ? j'aperçois confusément des obstacles immenses, et cependant j'ai déjà conçu assez d'idées qui me paraissent bonnes sur cette partie de mon œuvre, j'y suis déjà assez entré pour qu'il ne me parût pas sage de reculer. Je suis donc décidé à entreprendre ce grand travail; mais il faut me reposer avant de le faire.

J'aurais dû un peu voyager, mais je ne suis pas dans une condition où je puisse le faire en ce moment. Le voyage que j'eusse aimé le mieux est bien celui que vous me proposiez', mon cher ami. Il m'eût été très-doux de vous aller remercier de vive voix au lieu de vous envoyer cette lettre; mais des affaires de toutes sortes m'empêchent cette année de sortir de chez moi. Ma présence

' Eli Italie, o'j rlail alors M. Laiijiiinais.

A M. LE l'HlNCE ALBERT llE BROGLIE. 321

y est indispensable... Je voudrais du moins que vous m'écrivissiez quelquefois, car j'aime à rester non-seulement en amitié, mais en communication fréquente avec vous.

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