A SIU JAMES STEPHEN
diiiis iiii Jivrc élrangor une connaissance aussi détaillée des divers documents de notre histoire cl une compréhension plus vive de nos idées, de nos lois et,de nos mœurs. J'ai, de plus, admiré la liberté d'esprit qui, vous élevant au-dessus des préjugés de nation, vous permet d'apprécier ce qu'il peut y avoir eu de bon et de grand dans un autre pays, sans cesser de vous montrer ardemment attaché au vôtre.
J'avoue pourtant que je ne suis pas absolument d'accord avec vous sur tous les faits ni sur toutes les doctrines. Je me permettrai, entre autres, de remarquer qu'après avoir combattu avec tant de force et de raison ce que vous appelez l'école fataliste, vous vous en rapprochez un peu vous-même en attachant, à la lin de votre ouvrage, une importance si décisive à une question de race, et en expliquant principalement la liberté politique de l'Angleterre par le fait que le sang allemand coule dans les veines des Anglais. — J'aurais beaucoup d'objections, assez fortes ce me semble, à opposer à cette manière de raisonner ; — mais j'aime bien mieux penser aux nombreuses opinions qui nous sont communes et m'en féliciter.
J'ai passé six semaines l'été dernier en Angleterre, Si alors j'avais lu votre livre, je me serais certainement rendu à Cambridge, quelque pressé par le temps que je fusse, pour faire connaissance avec vous. J'espère, monsieur, que celle occasion mantpiée se retrouvera bientôt. De votre j)arl, si vous voyagez quelquefois en France, n'oubliez pas que j'aurais grand plaisir à vous
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y reccvoii' chez moi. Madame de T('ct|iieville, (jui e.sl Anglaise, serait charmée de reiicoiilrer un cumj)alriole aussi disliiigué. La (erre d'où je vous écris est siliiée à quinze milles, à peu prés, de la ville de Chcrhouig. Je l'habile pendant tout le temps (jue je ne passe pas à Paris, c'esl-à-dire pendant huit à neu( mois cha([ue année. Si un séjour dans un coin reculé de la Fiance, au milieu de notre population rurale (|ue les étrangers connaissent si peu, pouvait vous intéresser, je répète que notre hospilalilé vous est très-cordialement oflérte.
J'ai vu dans un })aragraphe fort obligeant pour moi que vous avez joint à votre troisième édition, (jue vous n'avez pas lu mon dernier livre; je vous en envoie un exemplaire que je vous piie d'accepter.
Recevez, etc., etc.
A LU lit) Il A T II K {{TON
T()ii|iiL'villc, (i iiiar^ 18.")S.
11 y a bien btnglcmps, mylord, (pie j ai le désir de vous écrire pour savoir de vos nouvelles, et quej(; suis empêché de le faire par la crainte de vous déranger inutilement. Votre lettre a donc élé reçue avec beaucouj) de plaisir et de reconnaissance.
Je vous remercie beaucoup de l'offre que vous me faites de m'envoyer le dernier numéro de VEdinbnrfjh
A LOBD HATHERTON. 435
Review. Je reçois depuis quelque temps celte revue : Reeve me fait l'amitié de me l'envoyer régulièrement, et je la lis souvent avec un grand profil. L'article dont vous me parlez m'avait fort fi^appé, et je suis un peu fier d'avoir jugé comme vous qu'on ne pouvait rien lire de plus instructif sur les affaires de l'Inde.
Une des opinions exprimées par Reeve dans cet article a fait naître chez moi un doute que j'ai exprimé à l'auteur. Reeve conseille de favoriser l'établissement d'une population européenne aux Indes, dans l'espérance d'amener parce mayen un rapprochement enli-e les deux races, et de favoriser le développement de la civilisation chrétienne. Je crains que le moyen ne fût pas fort efficace. J'ai toujours vu, du moins, le contraire se produire. Une race inférieure par sa constitution ou son éducation peut bien supporter le gouvernement d'une race supérieure. Elle ne ressent que les bons effets de cette supériorité ; et si ce gouvernement est habile, elle peut le préférer à celui même de ses princes. Mais le voisinage d'un particulier plus civilisé, plus riche, plus influent, plus habile que lui, ne peut manquer d'être un objet de haine et d'envie à l'indigène d'une race inférieure. Le gouvernement étranger ne blesse que les sentiments nationaux, qui sont faibles. Le colon étranger blesse ou semble blesser de mille manières les intérêts pai'ticuliers, qui sont chers à tous les hommes. On croit toujours qu'il abuse de sa supériorité, de ses luinières, de sa fortune et de son crédit pour faire de bonnes affaires et s'enrichir aux dépens de ses voisins ; et de toutes