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ces petites haines particulières la haine nationale s'accroît infiniment. Je ne doute pas qu'en Algérie les Arabes et les Kabyles ne soient plus irrités de la présence de nos colons que de celle de nos soldats. Le grand but à poursuivre dans l'Inde, comme le dit Reeve, est bien de répandre dans ce pays les bienfaits de la civilisation chrétienne ; c'est l'œuvre du gouvernement plutôt que des particuliers. Que le gouvernement tende de plus en plus à appliquer dans l'Inde les })rincipes généraux qui rendent l'Europe riche et éclairée, il fera sentij' peu à peu aux ludous les avantages de noire civilisation et les en rapprochera. Le contact d'une population européenne ne fera, je le crains, qu'accroître leurs préjugés et leurs répugnances.
Adieu, mylord ; si ce n'est pas un trop grand ennui pour vous de correspondre quelquefois avec moi, vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir. Rappelez-moi au souvenir de lady Ilalherton, et croyez à mon sincère attachement.
Tocqucvillo, ce 2*2 mars 1858.
Je suis bien fâché, mon cher ami, de perdre l'espé-' rance de vous voir ce printemps; mais je ne puis dire que je ne conçoive pas vos raisons.