‹ Correspondance d'Alexis de Tocqueville, publiée en 1860Chapitre 62 sur 67 · A M. CH. RIVET · texte numérisé non relu

A M. CH. RIVET

Cannes, 15 février 1859.

J'ai tellement de lettres auxquelles il faut que je réponde, mon cher ami,, que je finis par n'écrire point. Il faut pourtant que je vous remercie de la lettre que j'ai reçue hier de vous, où vous me parlez, suivant votre habitude, avec une affection qui me va toujours au cœur. Seulement ce que vous me dites au commencement m'a exaspéré. Vous m'avez écrit une longue lettre sur la politique et vous l'avez brûlée, parce que *** vous a dit que je ne voulais pas de lettres de cette espèce. Je ne sais où *** a pris cela. C'est exactement le contraire qui est la vérité, et je ne puis me consoler que vous ayez suivi son avis.

Je n'ai rien, à tout prendre, à vous dire sur ma santé que de bon. Vous savez que j'ai passé le })lus abominable mois de janvier qui se puisse concevoir. .. J'ai éprouvé une série de misères qui, Dieu merci ! semble épuisée. Les douleurs ont cessé ; l'appétit est revenu, et avec lui une partie des forces. J'espère donc, et je vous engage à faire comme moi.

-47^ CORRESPONr)A^■CE.

Adieu, cher ami; ne tardez pas à m'écrire. Croyez à ma tendre amitié. Veuillez présenter mes affectueux hommages à madame Rivet, et me rappeler au souvenir de tous vos enfants.

A M. DE CORCELLE

Cannes, 15 février 1859.

Je ne puis écrire que quelques mots à mes meilleurs amis.

Ma santé n'a cessé de faiie des progrès rapides; l'appétit et le sommeil sont revenus. Avec eux les forces se l'elèvenf rapidement, et, chose singulière, les cruels accidents du mois de janvier n'ont pas empêché que la cure des bronches ne marche régulièrement. Je puis donc espérer de guérir, si Dieu veut bien permettre qu'il n'arrive plus d'accidents semblables à ceux du mois dernier.

J'en viens, en quelques mots, à la politique. J'ai lu très-attentivement la brochure de Napoléon III et r Italie. Elle jette un grand jour sur la situation, en ce qu'elle semble prouver que la question diplomatique entre TAuiriche, le pape et nous, en est arrivée à repo- .«^er sur les différents points indiqués comme base du })lan. Or, je crois ce plan presque aussi inacceptable ))Our le ])ape et rAulriche (;'i moins rpi'on ne rende

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