XVIII
A Monsieur , Monsieur le mareschal de ‘Bris sac, Gouverneur et lieutenant-général pour le Roy en Piedmont.
Monsieur, monsieur l’admyral, mon frère etmoy, escripvons présentement aux sieurs de Bricquemault 1 et cappitaine Salveson pour chose qui importe grandement à mon frère Andelot et à ma seur sa femme, d’aultant que c’est pour les plus presséz affaires de leur maison, à quoy il est besoing qu’ilz pourvoyent promptement, et principalement que madicte seur retourne pardeçà le plus tost qu’elle pourra pour y donner ordre, deppendant le tout d’elle. Il vous plaira, Monsieur, envoyer ausdicts sieur de Bricquemault et Salveson 3 le plus tost et le plus seurcment que fere ce pourra ce que nous leur escripvons, leur commandant, s’il vous plaist, de vostre part de fere incontinant le contenu, et nous en mander la responce; et en ce faisant, Monsieur, vous nous ferez à tous fort grant plaisir en continuant ceulx que vous nous avez tousjours en cest endroit faictz; me recommandant pour fin de lettre bien humblement à vostre bonne grâce, priant le Créateur vous donner bonne vye et longue.
De Compiengne, ce xxn e jour de may 1554.
( man . propr.) Vostre humble et meilleur cousin
Le cardinal de Ciiastillon.
[Original], B. N.,/, français , 20524, fo 75.
1. Imprimée partiellement par M. Dclaborde (op. cil., I, p. i36).
2. Né vers i5o2, François de Beauvais, seigneur de Briquemault, servit avec distinction en Italie, et sa valeur lui acquit le renom d’un des meilleurs capitaines de l’époque. Ami de Coligny, il prit une part éclatante à la première et à la troisième guerre civile. Lors de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), il se réfugia dans Fliôtel de l’ambassadeur d’Angleterre; mais, contre le droit des gens, en fut arraché par ordre de Charles IX, jugé, condamné et décapité le 27 octobre 1572. (Haag, la France protestante, art. Briquemault.)
3. Sur Jacques de Salvoison et ses exploits en Italie, voir la notice que lui a consacrée Brantôme. (Ed. Lalanne, IV. p. 97-120.)
A ‘Monsieur, Monsieur le mareschal de Brissac , Gouverneur et lieutenant-général pour le roi en Piedmont.
Monsieur, estant seur que vostre secretere présent porteur vous rendra bon compte de tout ce qui est succeddé en ceste armée depuis les nouvelles que je vous manday du deppartement de monsieur le connestable d'avecques le Roy, je ne vous en feray aultre discours, ny aussi de la délibération que icellui seigneur a prise depuis qu’il est arrivé en son camp, qui fut le dernier du passé, de ce qu’il veut faire après ceste conquête de Maryembourg ', m’asseurant, monsieur, que vous en entendrez la certaineté par la dépesche que vous porte vostredict secretere auquel pareillement je me remetz de tout, ne voullant pour fin de lettre que me ramentevoir seullement à vostre bonne grâce, à laquelle bien humblement je me recommande, en priant le Créateur, Monsieur, vous donner bonne vye et longue.
De Maryenbourg, ce 11 e de juillet [1554].
(man. propr.) Vostre humble cousin et amy
Le cardinal de Ciiastillon.
[Original], B. N., /. français , 20534, fa 90.
A Monsieur , Monsieur le mareschal de Brissac , Gouverneur et lieutenant-général pour le Roy en Piedmont.
Monsieur, je receuz hier vostre lettre du xxn e du passé, faisant mention de l’arrivée de monsieur Dan ville* par delà et de la bonne volonté que vous avez envers luy, de laquelle je ne
1. Marienbourg , ville forte de la Belgique (province de Namur), fut prise par les Français sur les Impériaux en i 55 q. Le cardinal de Châtillon nous apprend ici la date exacte de cette conquête (icr juillet).
2. Henri de Montmorency, second fils du connétable, naquit le i 5 juin i 53 q, fut connu sous le nom de baron de Dam ville jusqu’en 1579, où la
faiz aucun doubte, m’asseurant bien que, estant sorti du lieu dont il est et ayant si bonne envye de bien faire, vous ne luy vouldrez porter moindre affection que à vostre propre filz et ne laisserez passer nulle occasion de luy faire tout le plaisir et avancement que vous pourrez; qui me gardera de vous le recommender aultrement sinon d’aultant que je l’ayme comme vous et espère qu’il ne partira point d’auprès de vous sans apprendre beaucoup de bonnes choses par vostre exemple et fréquentation.
Quant à l’aultre poinct de vostre lettre, j'estime bien, Monsieur, que vous n’aurez pas si grant moyen de faire telles exécutions sur voz voisins, comme vous pourriez faire si vous aviez plus grandes forces, et que, avec le nouveau renfort qui vous a esté envoyé de deçà, les vieilles bandes italliennes vous feussent demourées et croy que tout chacun le pensera bien ainsy, si est ce, monsieur, qu'on a si bonne opinion de vous et que par vostre prudence vous sçaurez conduire les choses si dextrement qu’il n*y a celluy de ceste compaignie qui n’espère et attende quelque bon effect de vostre entreprise, et de ma part je n’en ay moins d'espérance que de désir tant pour l’affection que j’ay aux affaires du Roy que aussy pour l’accroissement de vostre honneur et réputation par la suitte de vostre bonne conduitte.
. Au demourant, monsieur, je vous envoyé ung pacquet de lettres adressant au capitaine Selveson, affin qu’il vous plaise
mort sans enfants de son frère aîné, François, lui donna le duché de Montmorency. Il fit sa première campagne en Lorraine et fut du nombre des défenseurs de Metz, passa ensuite en Piémont (voy. ci-dessus), tomba au pouvoir de l'ennemi à la fatale journée de Saint-Quentin, prit le prince de Condé à la bataille de Dreux (décembre i 562), fut pourvu, après la démission de son père, du gouvernement du Languedoc ( 1 563), reçut le bâton de maréchal en 1 566 et prit une part glorieuse à la bataille de Saint- Denis (novembre 1567). A la mort de Charles IX, il se retira dans son gouvernement où il demeura près de vingt ans sans vouloir reparaître à la cour; durant cette période, il favorisa tour à tour les différentes factions politico-religieuses. Henri IV lui donna l'épée de connétable (i 593) et lui conféra l’ordre du Saint-Esprit (1597). Il parut encore au siège d'Amiens et vécut ensuite dans la retraite. Il mourut le 2 avril 1614. (P. Anselme, VI, p. 23o.)
luy faire tenir promptement et seurement, cTaultant que ce sont lettres pour monsieur d’Andelot, mon frère, que je désire fort qu’il puisse recevoir par les moiens que ledict Selveson a de les luy faire bailler. Sur ce, je me recommenderay humblement à vostre bonne grâce, priant Dieu qu'il vous doint, monsieur, bonne et longue vye.
De Saint-Germain en Laye, ce xv c décembre 1554.
{ man . propr.) Vostre humble et mellieur cousin
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N., /. français , 20525, fa io.