LETTRE CLXIII
Manuscrit arabe du mufü de Mansoura. — Explication de quelques passages de ce manuscrit. — Récit de la croisade de saint Louis. — Différentes pièces historiques. — Conversation sur ce sujet. — Conversation sur le pacha, sur l’état de l’Égypte, sur la décadence des institutions, sur l’esprit de la religion musulmane.
Mansoura, avril 1831.
J’ai voulu rester quelques jours à Mansoura, pour me reposer un peu de mes fatigues, et pour lire et relire sur les lieux tout ce qui concerne la croisade et la captivité de saint Louis ; M. Canova s’est associé en quelque sorte à mes recherches, et n’a rien négligé pour me faire connaître l’histoire du pays, au moins en ce qui concerne les expéditions des Francs au moyen ège; il a pour voisin le mufti de Mansoura, et il lui a fait plusieurs questions sur l’histoire de l’Égypte au temps des guerres saintes ; le mufti savait peu de chose sur ces temps éloignés, mais il avait dans sa bibliothèque un volume manuscrit où sont racontés les grands combats des chrétiens et des musulmans dans les campagnes de Mansoura et de Damiette. L’annonce de ce trésor historique a vivement excité notre curiosité; M. Canova a demandé à voir le volume, et le mufti lui a permis de l’emporter chez lui.
Yoilà donc le précieux manuscrit entre nos mains; il ne s’agit plus maintenant que de savoir ce qu’il contient, et ce n’est pas une petite difficulté ; le livre est écrit dans une langue qu’on ne parle plus meme dans ce pays ; nous étions avec notre histoire, écrite en arabe littéral, comme le coq de La Fontaine qui a trouvé une perle ; dans tout Mansoura, il n’y avait pas trois personnes qui pussent nous
1 Celle lettre a été adressé à M. Raulin, un de nos littérateurs les plus distingués.
CORIIESPOjN'DAJsCE
expliquer, je ne dis pas tout ce que renferme un pareil livre , mais seulement nous traduire le titre des chapitres ; M. Canova a songé d’abord à un écrivain copte, qui passe pour un puits de savoir dans le pays, et qui est très-versé dans l’ancienne langue arabe ; le savant Idatib est venu nous voir ; mais il lui était arrivé la veille un accident qui ne lui permettait guère une application sérieuse ; il avait reçu la bastonnade pour quelque méfait dans son administration, ou quelque inexactitude dans ses comptes; son esprit n’en était pas autrement troublé, mais une douleur vive se faisait sentir de temps à autre, et lui donnait de fortes distractions ; il s’arrêtait à chaque page, à chaque phrase, pour déplorer son malheur, et pour porter la main à ses blessures; il a balbutié pendant près d’une demi-heure une traduction que nous avons eu toutes les peines du monde à comprendre; au bout d’une demi-heure, j’ai dit en français à M. Canova, que notre savant copte ne nous apprendrait point ce que nous voulions savoir, et qu’il pourrait bien n’ètre pas plus exact dans ses traductions qu’il ne l’avait été dans ses comptes rendus, M. Canova a été de mon avis, et la pensée lui est venue de s’adresser au mufti lui-même; il n’y avait en effet que le mufti qui pût nous donner une idée d’un livre qu’il avait depuis long-temps dans sa bibliothèque ; M. Canova a été faire une visite à son excellence, qui était malade, et que sa maladie même mettait en quelque sorte à la disposition du médecin. Le mufti ne s’est pas fait trop prier, et quoiqu’il ait pour le moment une dyssenterie assez grave, il est venu chez le docteur Canova; après la pipe et le café, il s’est mis à l’œuvre, et nous a traduit ce qu’il y avait dans son livre sur les guerres des Francs en Egypte ; il traduisait l’arabe littéral en arabe vulgaire, et M. Canova me rendait en français ses explications.
L’ouvrage original paraît avoir six volumes ; le mufti ne possédait que le sixième ; c’est une histoire chronologique des principaux évènemens de l’islamisme, depuis l’établissement du califat jusqu’au septième siècle de l’hégire , temps où vivait l’auteur. Les croisades y sont mentionnées sommairement ; celle de saint Louis est racontée avec quelques détails ; l’historien rapporte plusieurs pièces fort curieuses; parmi ces pièces, se trouvent une lettre de saint Louis au sultan du Caire, et la réponse du sultan. Voici ce que j’ai retenu de la lettre au roi de France :
«< Tu n’ignores pas, disait le monarque chrétien au maître de
d’oiuent.
» l’Egypte, que je suis le représentant des disciples de l’Evangile, » comme je te reconnais toi-méme pour chef des musulmans... ; tu » aurais pu savoir que les chrétiens ayant porté leurs armes dans V l’Andalousie, ils ont soumis les infidèles à un tribut, et les ont » emmenés comme des troupeaux de bœufs; le massacre des hommes, » le veuvage des femmes, l’esclavage des enfans, ont puni la résis- » tance des vaincus. Que ce terrible exemple te suffise ; hâte-toi donc » de me jurer soumission, de reconnaître l’autorité de l’église chré- » tienne et de rendre sous, mes yeux un hommage solennel à la croix ; » sinon, je saurai t’atteindre au sein de ton harem, et ton royaume » deviendra mon butin ;... je te préviens que les soldats auxquels je » commande, couvrent les plus vastes plaines, et qu’ils égalent en » nombre les grains de sable du désert ; c’est le destin lui-même qui » les a fait lever, et qui les déchaîne contre toi... »
L’historien arabe ajoute qu’après la lecture de cette lettre , les yeux du sultan se mouillèrent de larmes, et qu’on l’entendit proférer ces paroles : Nous sommes à Dieu, et nous retournerons à lui. Le sultan du Caire chargea le cadi Boha-E ddin-Zoheir de répondre pour lui au roi de France; le prince musulman s’exprimait ainsi :
a J’ai reçu ta lettre où tu me menaces de la puissance de ton » armée , et du nombre infini de tes soldats. Et nous aussi , nous » savons manier le glaive ; et jamais ennemi ne nous attaqua impu- » nément , et la mort a été le prix de ceux qui l’ont osé. Insensé » que tu es, tu n’as pas vu le tranchant de nos épées, ni l’impétuosité » de nos guerriers... tu oublies que nous avons chassé les chrétiens » du pays qu’ils avaient conquis. Le jour va venir qui décidera entre » les disciples du Christ et les vrais croyans , et ce jour te couvrira » de confusion. » Ici le sultan rappelle plusieurs versets du Coran, et termine sa lettre en disant : « Écoute cette prédiction du sage : » L'injustice finit toujours mal ; et quand tu auras succombé, n’accuse y> que ta présomption et ton orgueil. »
J’ai eu plusieurs fois l’occasion de remarquer que, dans les croisades, les princes et les chefs des deux partis s’adressaient ainsi des lettres, et que les manifestes des guerres saintes étaient presque tous rédigés dans le même style ; il est possible que la lettre de Louis IX et la réponse du sultan, telles qu’elles nous ont été expliquées par le mufti de Mansoura , aient été altérées ou changées dans quelquesunes de leurs expressions ; mais je crois que pour le fond des idées,
elles sont très-authentiques, et qu’elles expriment fidèlement les senti*» mens et l’esprit de l’époque où elles ont été écrites.
Tandis que le mufti nous traduisait ainsi son manuscrit, nous lui adressions des questions, il ajoutait au texte des commentaires ; nous faisions un véritable cours d’histoire ; nous comparions quelquefois le présent avec le passé, car je ne connais rien de plus instructif que de comparer les siècles entre eux ; on peut suivre dans cette sorte d’étude l’origine, les progrès et la décadence des sociétés humaines ; on peut juger d’un seul coup d’œil ce que le monde était aux premiers âges et ce qu’il a gagné ou perdu à vieillir.
Les expéditions des croisés, au treizième siècle, nous ont amenés, par une transition assez naturelle, à l’expédition des Français à la fin du siècle dernier; nous avons comparé les proclamations de Bonaparte à son arrivée en Égypte, avec les lettres de saint Louis et du sultan du Caire . Nous avons remarqué que Louis IX s’adressait d’abord au sultan ,
et qu’il le reconnaissait pour le maître de l’Egypte ; Bonaparte, dans ses manifestes, ne s’adresse qu’au peuple en général, il ne s’adresse qu’à la partie de la nation qu’il suppose mécontente. Cette seule dif» férence suffirait pour nous faire reconnaître le siècle auquel chacune des expéditions appartient. Le premier motif de saint Louis est la religion chrétienne ; Bonaparte commence par se plaindre des avanies faites au commerce; il ne vient point au secours d’une opinion sainte, mais il vient délivrer un peuple opprimé, il vient donner à ceux qui souffrent tout ce qui rend la vie douce et bonne, il vient distribuer aux victimes du despotisme tous les biens dont jouissaient exclusivement les mamelucks. Ce qu’on avait dit dans la révolution française, contre la noblesse, contre la royauté, contre les riches, les puissans et les heureux du siècle , est répété dans les proclamations adressées aux peuples du Nil ; pour qu’on ne puisse pas se méprendre sur le but de l’expédition, et pour ne laisser aucune crainte aux disciples du prophète , Bonaparte se vante d’avoir détruit en Italie la puissance du souverain de Borne la grande, l’ennemi le plus redoutable des croyances musulmanes; il se vante aussi d’avoir détruit, en traversant la Méditerranée , cet ordre célèbre qui , du haut du rocher de Malte , commandait aux mers d’Orient et faisait profession de combattre les enfans de l’islamisme.
Vous pouvez voir ici combien les manifestes du temps des croisades diffèrent de ceux des temps modernes. Dans les manifestes des croisés,
d’orient.
c’est une opinion sainte, c’est une religion ardente et jalouse, qui est bien convaincue que le monde lui appartient et que la terre doit être gouvernée par les vérités qu’elle enseigne ; c’est la franchise rude et naïve de la chevalerie chrétienne, qui croit devoir déclarer la guerre avant de combattre, qui menace et défie ses ennemis, qui parle et agit sur le champ de bataille , comme le font les héros de l’ancienne épopée. Les proclamations des époques récentes expriment d’autres sentimens, annoncent d’autres idées; ce n’est plus une religion qui combat une autre religion, mais une philosophie pleine de passion et d’adresse, qui n’a de fanatisme que pour la gloire et la nouveauté, pour qui toutes les opinions religieuses sont à peu près indifférentes, qui a sacrifié l’Évangile au Coran, qui sacrifiera de même, s’il le faut, le Coran à l’Évangile ; c’est le génie d’une grande révolution , qui se vante d’avoir fait la guerre aux rois , de l’avoir faite à Dieu , qui veut, par-dessus toutes choses, faire un monde nouveau, et qui vient prendre possession de l’antique Orient, au nom de la liberté et de l’égalité.
J’ai demandé au mufti de Mansoura si les mamelucks avaient répondu à la proclamation de Bonaparte. — Ils répondirent par deux batailles, mais Dieu ne favorisa pas leurs efforts, et bientôt ils n’eurent plus pour asile que le désert ou le dos de leurs chameaux. La Porte ottomane publia seule des proclamations et des manifestes contre les nouveaux conquérans de l’Égypte. Le sultan de Stamboul, le premier des imans, représentait les Français comme un peuple sans dieu et sans loi ; ils avaient dépouillé leurs propres temples , chassé leurs califes, leurs mollahs et leurs derviches; le Coran, la Bible, l’Évangile , n’étaient pour eux que des fables ; Mahomet , Moïse , Jésus , n’étaient à leurs yeux que des imposteurs. « Dans leur opinion , » ajoutait sa hautesse, tous les hommes sont égaux, et chacun peut » vivre et penser comme il l’entend ; leur principe est de diviser les » princes, de soulever les populations, de troubler les empires. Ce » qui était criminel est devenu pour eux de la vertu, la raison est x> appelée folie, le brigandage est de la gloire, le mensonge, le langage » de la sagesse, la calomnie, une fleur d’éloquence; après avoir tué » les habitans de la France qui ne pensaient pas comme eux, ils se » sont mis à aboyer comme des chiens, à hurler comme des loups, » et leur multitude armée s’est précipitée sur tous les royaumes et
sur toutes les républiques. »
COîlîlESPONDANCE
Telle était l’horrible peinture que la Forte ottomane faisait alors des Français ; de même que Bonaparte , en s’adressant au peuple égyptien, avait emprunté le langage de la révolution de France, ainsi le sultan Sélim empruntait celui des ennemis les plus ardens de la révolution. J’ai voulu savoir de notre mufti si on avait cru en Égypte à tout ce que disait la Porte. « Tant que Bonaparte, m’a-t-il » répondu, passait en revue ses bataillons victorieux, et que la milice » des mamelucks fuyait à son aspect, on le regarda comme le favori » de Dieu, comme le lion de la victoire, comme le génie invincible » devant lequel devait s’humilier le troupeau des puissans; mais » lorsqu’on annonça l’arrivée du grand visir, avec des vaisseaux hauts » comme des montagnes , avec des armées plus nombreuses que les » étoiles du firmament, on commença à croire que les Français » étaient un peuple maudit, et qu’ils combattaient sous les drapeaux
du démon. »
Les Français ont- ils fait beaucoup de mal à l’Égypte? — Leur invasion n’a d’abord été funeste qu’aux mamelucks ; le peuple n’a pas été trop malheureux pendant leur séjour ; ils auraient dû , pour le bonheur de ce pays, y rester toujours ou n’y jamais venir, car à leur départ il nous est survenu des révolutions qui ont fait blanchir les cheveux des enfans. — Est-il resté de cette époque de fâcheuses impressions contre le nom français? — Chaque époque, chaque génération a ses guerres, ses haines, ses misères, qui font oublier celles des temps passés. La vérité est que , depuis l’invasion de Bonaparte et les guerres qui l’ont suivie, il y a moins de préventions contre ce qui vient de l’Occident ; on s’est accoutumé, dans ce pays, à regarder les puissances chrétiennes de l’Europe comme des arbitres de nos destinées. Nous avons vu, pendant plusieurs années, des habitans du Nil qui attendaient leur salut des peuples de la Tamise ou des peuples de la Seine ; on s’est cru à ces jours annoncés par le prophète de la Mecque, où le soleil doit se lever dans les régions de l’Occident.
La puissance de Méhémet, ai-je dit au mufti, est née au milieu de toutes les guerres qui ont suivi l’invasion de Bonaparte. Dieu ne vous a-t-il pas envoyé son règne pour réparer vos malheurs? — L’histoire dira un jour si Dieu nous l’a donné dans sa bonté ou dans sa colère. — L’Égypte n’est-elle pas maintenant tranquille? — Oui, comme la surface des grandes mers, quand les vents ne soufflent pas. — Le pacha n’a-t-il pas pour lui l’estime et l’amour des Égyptiens ?
d’orient. 19£
— Vaine chimère, car dans notre Orient, on est à genoux devant les princes, ou bien on les tue ; mais on ne les aime ni on ne les estime.
— J’ai compris par ces paroles du mufti que dans le pays où nous sommes , il n’y avait point d’opinion publique , et qu’on n’y faisait rien avec les opinions; la popularité, la considération, la gloire, sont choses à peu près inconnues sous le gouvernement des sultans ou des pachas ; les sociétés humaines, sous de pareils maîtres, en sont encore à l’instinct, et ne connaissent que la haine qui s’arme du glaive, ou la crainte qui obéit sans mot dire. Le despotisme oriental est né ainsi de l’absence des opinions , et cette absence des opinions doit le perpétuer.
S’il y avait jamais en Égypte des partis politiques, comme chez nous, il est probable que notre mufti serait de l’opposition, car il ne ménage guère le pacha dans ses discours. Les ulémas, d’après ce qu’il nous a dit , avaient plus d’influence sous la domination de Bonaparte que sous celle de Méhémet Ali ; Bonaparte les consultait, suivait quelquefois leurs avis, et de temps à autre, il leur promettait de construire de belles mosquées et de se faire musulman ; aujourd’hui, les mosquées sont dépouillées, un grand nombre sont fermées aux fidèles; les ulémas restent à l’écart, et vivent dans l’abaissement et dans la pauvreté. — Pourquoi les haines qui s’arment du glaive ne se montrent-elles pas comme dans d’autres temps? — Les jours de îa justice ne sont pas venus; mais Dieu est pour les paliens, ïl y a d’ailleurs un pressentiment parmi les nations musulmanes, a ajouté le mufti, qui annonce que Dieu prépare au monde d’autres destinées, et que tout ce que nous voyons maintenant n’est que passager. Chaque peuple est pour son gouvernement comme la caravane pour le khan du désert où elle doit passer une nuit.
En parlant des croisades et des grands évènemens du moyen âge, nous avons prononcé quelquefois le nom de Saladin ; je me plaisais à rappeler les qualités et les exploits du héros musulman, et je trouvais que le fils d’Ayoub avait quelque ressemblance avec Méhémet Ali ; l’un était né parmi les peuplades barbares du Kourdistan, l’autre est sorti de la nation, non moins barbare, des Albanais; l’un vint en Égypte, comme lieutenant de Noureddin, sultan de Damas, et s’empara de la souveraineté du pays ; l’autre, envoyé sur les bords du Ni! par le sultan de Stamboul, a voulu de même y rester le maître, Saladin tua de sa propre main le dernier des califes; Méhémet Ali a
COllRESrONDANCE
fait exterminer par le glaive jusqu’au dernier des mamelucks. Tousles deux sont parvenus par leurs exploits, tons les deux ont conquis les plus riches provinces de la Nubie et les rives de la mer Rouge ; l’un et l’autre, pour réussir dans leurs desseins, ont employé la dissimulation et l’artifice. « Soyez à genoux devant le sultan de Baraas^ disait le père de Saladin, envoyez-lui toutes les moissons de l’Égypte, s’il vous les demande; et lorsque le pouvoir sera affermi dans vos mains, ne donnez pas une canne à sucre. Méhémet Ali envoie encore au sultan de Stamboul les tributs qu’on exige de lui, et il espère que le temps viendra bientôt où il pourra suivre l’exemple de Saladin..
Le fils d’Ayoub, devenu maître de l’Egypte, s’empara de tous les
Etats du sultan de Syrie. Méhémet Ali, dans les rêves de son ambition, ^ porté de même ses regards sur l’empire de Mahmoud ; et c’est ici que doit finir le parallèle. Il est probable que le pacha du Nil ne deviendra pas le sultan de Stamboul ; mais restera-t-il le maître de
l’Egypte, et ce beau pays ajoutera-t-il à ses dynasties royales celle du soldat d’Albanie? Le mufti m’a rappelé à ce sujet une remarque singulière d’un historien arabe. Cet historien, en parlant de Saladin, observe que ce prince ne put faire passer sa couronne à ses enfans, et qu’il en a été de même de tous ceux qui ont usurpé la suprême puissance. Dieu avait voulu frapper ainsi les usurpateurs des empires dans leur postérité, il avait voulu les punir pour le sang qu’ils avaient versé, pour les crimes et les violences qui les avait portés à l’autorité souveraine. Le mufti admirait cette pensée de l’historien Ibn- Alatyr, et me disait, d’un ton fort pénétré, que ce qui était arrivé à la postérité de Saladin, ne manquerait pas d’arriver de même aux enfans de Méhémet Ali.
d’oiuem.