LETTRE CLXXV
Là foire de Tantah. — Descente par le Nil. — Canal de Mahmoiidié. — Scènes et divers accidens du voyage. — Arrivée à Alexandrie.
Avril 1831.
Après nous être reposés un jour à Chabeis , nous avons poursuivi notre route vers la branche de Rosette; à peine avions-nous marché deux heures , que nous avons vu la ville de Tantah avec sa grande mosquée surmontée de deux minarets en pierre blanche. La ville occupe un terrain élevé qui va du midi au nord ; à l’orient , on voit une espèce de colline ou plutôt un amas considérable de décombres. Pour entrer dans la cité, nous avons passé sous deux portes et nous avons franchi une double enceinte. Les maisons sont bâties en brique crue ; des rues étroites et tortueuses nous ont rappelé celles du Caire, de Mansoura et de Méhallé-el-Kébir. On y aperçoit de toutes parts des boutiques. La foire, quoique terminée, avait laissé à la ville une physionomie très-vivante.
Nous avons visité plusieurs grands okals, où sont déposées toutes sortes de marchandises ; un de ces okals renfermait des esclaves noirs. Tantah a plusieurs bazars, celui des soies, celui des toiles et des draps, celui des grains, celui des instrumens d’agriculture. On nous a conduits â la grande mosquée, le monument le plus remarquable de la ville ; l’édifice occupe un assez large plateau au milieu de la cité ; les deux minarets que nous avions vus de loin ont deux galeries et sont surmontés d’un croissant avec des boules de bronze ; le dôme de la mosquée est couvert de plomb ; les murs du sanctuaire sont en marbre; sous le dôme est placé le tombeau de Sidi-Ahmet Bedaouy. Un grillage de fer entoure le sarcophage recouvert d’un drap de soie. Nous avons vu çà et là de belles colonnes , enlevées sans doute à quelques temples d’Isis ; autour de l’enceinte sacrée, on nous a montré un ré-
servoir pour les ablutions, les logemens des imans qui desservent la mosquée, une boulangerie, une cuisine où se prépare la nourriture des pauvres, et non loin du temple, une espèce de piscine où viennent se plonger chaque soir les infirmes et les malades pour obtenir une guérison miraculeuse. La mosquée est à toutes les heures du jour, et surtout à l’heure de la prière, remplie d’une multitude de fidèles; ce que je n’avais point vu jusqu’ici, les femmes s’y mêlent aux hommes et se pressent ensemble dans le lieu saint ; on y parle tout haut, on y fume la pipe, on y vend des parures de femm.e , des jouets d’enfant.
Le santon Bedaouv vivait dans le treizième siècle, et vint s’établir à Tantah à peu près dans le temps où saint Louis débarqua en Égypte. Gomme il mourut en odeur de sainteté, on lui éleva d’abord un tombeau et une chapelle. Dans le siècle suivant, le sultan Malek-el-Nâser lui fit bâtir une mosquée ; la dévotion y attirait uii grand nombre de musulmans ; le commerce vint à la suite des pèlerins, et dès les premiers temps, il y eut à Tantah une foire annuelle où venaient des marchands de l’Inde, de la Syrie, de la Perse, de l’Asie mineure, de toutes les parties de l’Afrique. Le fameux Ali-bey avait' fait rebâtir la mosquée du santon Bedaouy ; plusieurs grands okals avaient été construits en même temps dans la ville de Tantah. La mosquée, qui possédait de très-grands biens, nourrissait quantité de pauvres; la ville offrait aux voyageurs et aux marchands toutes sortes de plaisirs et de commodités. Aussi , l’affluence des étrangers s’augmentait chaque année , et dans les années de paix on en comptait j usqu’à cent cinquante mille. La mosquée de Tantah a été dépouillée de ses revenus; c’est le pacha d’Égypte qui fournit maintenant à son entretien ; il envoie chaque année le drap de soie rouge qui recouvre le sarcophage du santon ; il paie tous ceux qui sont employés à la mosquée ; leur nombre est considérable. Les pauvres pèlerins sont nourris par la charité des fidèles; les plus riches tuent pour la mosquée des buffles, des bœufs, des moutons ; les fellahs apportent des poules, des pigeons, des canards, des oies, du riz, des oignons, des choux et d’autres légumes. Toutes ces offrandes de la dévotion sont jetées dans de grandes chaudières et distribuées chaque jour à la multitude, qui en rend grâce au patron du lieu.
Je vous ai déjà parlé dans mes lettres de cette foire ou de cette fête de Tantah ; je vous ai parlé des femmes qui viennent demander au santon Bedaouy le don de la fécondité; cette singulière dévotion a
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toujours amené à Tanlaîi un très-grand concours, et le libertinage n’a pas manqué de venir à la suite de la surperstition. Les aimées du Caire, celles de la Haute-Égypte, celles du Delta et de tous les rivages du Nil, accourent tous les ans dans la première quinzaine d’avril; elles ont à leur suite des baladins, des chanteurs, des musiciens qui viennent égayer la multitude; hommes et femmes se présentent dans la mosquée, font leur prière ou fatah devant le tombeau du santon ; puis ils se répandent dans les maisons de la ville, dans les cafés qui couvrent la plaine; ils dressent partout des tentes, séjour des amusemens et des joies profanes ; partout on voit des spectacles, des danses ; partout on entend le bruit du tambourin, le bruit des castagnettes et des voix qui sortent d’un abri de feuillage ou d’une tente de roseaux et qui crient aux passans. Talé, talé! venez, venez!
Tout ce que je vois ici reporte mon esprit au temps de la vieille Egypte ; les pèlerins de Tantah ressemblent si bien à ceux de Canope et de Bubaste ! Le Nil et ses canaux, en facilitant les communications d’un pays à un autre , durent favoriser les pèlerinages chez les anciens; cette facilité de voyager contribua d’abord à civiliser le peuple égyptien , et finit par le corrompre; aujourd’hui le Nil offre encore les mêmes commodités aux pèlerins; mais la civilisation n’est pas encore venue, et la corruption est arrivée la première, elle est arrivée toute seule.
Après avoir parcouru la ville, remplie encore de marchands, et les environs où restent debout des milliers de boutiques et de tentes, nous avons voulu visiter la colline qui avait frappé nos regards à notre ■arrivée ; cette colline est un énorme amas de décombres et de briques crues, taillé à pic en plusieurs endroits. Quelques voyageurs ont cru Toir en ce lieu l’emplacement d’une ville ancienne dont on ne sait pas le nom ; depuis long-temps c’est le cimetière de Tantah ; la colline est couverte de pierres sépulcrales ; quelques-unes sont surmontées d’un turban ; des paroles du Coran sont écrites sur des mausolées de pierre blanche ; nous avons vu des lampes allumées devant plusieurs tombeaux; des groupes de femmes et d’enfans priaient dans ce lieu , et leur pieux recueillement formait un singulier contraste avec le bruit des tambourins qui retentissaient dans la plaine.
• En descendant de la colline, du côté du nord, nous nous sommes trouvés dans le bazar des bestiaux ; là sont exposés en vente, pendant la foire, une quantité innombrable de moutons, de chameaux, de buffles, de
bœufs ; on y amène des chevaux qu’on élève dans le Delta ; c’est dang ce marché que viennent s’approvisionner les bouchers du Caire , et même ceux de Rosette et d’Alexandrie.
Après avoir vu ce qu’il y a de curieux à Tantah, notre caravane s’est remise en marche ; vers le soir, nous sommes arrivés dans un petit village sur le Nil nommé Kaffre-Zaïat ; nous avons déployé notre tente pour passer la nuit , et les premiers rayons du jour nous ont trouvés embarqués sur une kanje, chargée d’un grand nombre de passagers. Tous ces passagers se rendaient à la foire de Deçouq, qui est une continuation de celle de Tantah ; Deçouq est un gros bourg qu’on rencontre en descendant le Nil.
Le soir de la première journée, nous nous sommes trouvés en face de Chebreis ; c’est un petit bourg sur la rive gauche ; je dois vous dire que ce lieu, dans l’expédition de Bonaparte, fut le théâtre d’un grand combat ; quoique je ne sois parti d’Europe que pour suivre les traces des héros du temps des croisades, je m’arrête quelquefois avec un vif intérêt dans les lieux qu’ont illustrés les exploits de nos héros modernes. Dans l’endroit même où nous étions, une flottille arabe et une flottille française en étaient venues aux mains ; notre reis nous a dit qu’il avait assisté à cette rencontre terrible ; le Nil était couvert de barques musulmanes , le rivage couvert de fellahs ; les Français se trouvaient inférieurs en nombre ; l’histoire nous rapporte que des savons, des membres de l’Institut S embarqués sur la flottille française, se réunirent alors aux combattons, et se distinguèrent parmi les lions de la victoire . Non-seulement on se battit sur l’eau , maisFarmée où Bonaparte commandait en personne fut attaquée par toute la cavalerie des mamelucks; cette bataille où la tactique européenne l’emporta sur l’audace indisciplinée, fut le prélude de la grande bataille des pyramides.
Notre reis, encore tout effrayé de ses souvenirs, nous a raconté à sa manière ce sanglant combat où il fut lui-même blessé ; à l’aspect des épées de l’Occident, ses cheveux avaient blanchi ; chacun des soldats français lui avait paru sur le champ de bataille comme un ange de la mort, ou comme l’invincible Antar.
‘ Dans ce combat se trouvaient Monge et Bertbollet ; ce dernier, croyant la bataille perdue, s’était avancé vers la rive et remplissait ses poches de cailloux.. « Que fais-tu là, Berthollet? lui dit Monge. — Nous allons mourir, répondit Berihollet; je veux que mon corps descende au fond du Nil et qu’il ne soit poinA livré aux barbares. »
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En continuant notre route, nous avons pu voir une seconde fois la nécropole et les ruines de Saïs dont je vous ai parlé dans mes précédentes lettres ; notre barque s’est arretée à quelques lieues de là; nous étions en face du bourg de Deçouq; c’est là que devait nous quitter la foule de nos compagnons de voyage ; nous avons voulu voir les préparatifs de la foire qui allait s’ouvrir, et nous sommes descendus à terre ; le bourg de Deçouq est à un mille du fleuve, sur la rive droite ; la plaine commençait à se couvrir de boutiques faites avec des toiles et des branches d’arbres; quantité d’almées avaient déjà dressé leurs tentes ; quelques marchands étalaient leurs marchandises dans les cafés; le katechef de la province chargé de maintenir l’ordre s’était établi dans ses tentes vertes. La mosquée de Sidi-Ibrahim est bâtie à l’ouest de la ville; sa façade et ses murs extérieurs sont construits avec régularité, et présentent au premier abord un aspect plus imposant que la mosquée de Sidi-el-Bedaouy. La ville de Deçouq n’a guère que trois mille habitans ; elle a des portes et des remparts.
Le soleil commençait à tomber, lorsque nous avons remis à la voile ; nous avons poursuivi notre route pendant la nuit, et le jour suivant, l’aurore nous a trouvés devant la ville de Foah ; j’ai peu de choses à TOUS dire de cette ville dont je vous ai déjà parlé ; je vous rappellerai seulement que dans le temps des croisades les patriarches et les prélats chrétiens de l’Égypte écrivirent plusieurs fois au pape, pour engager
les croisés à ne plus descendre sur le territoire d’Egypte par l’embouchure de Damiette : « Que les galères et les vaisseaux des chrétiens, disait le patriarche d’Alexandrie à Honorius III, entrent par la branche de Rosette, et jettent l’ancre près d’une ville nommée Foah; le bras de Rosette est profond et large ; l’île où se trouve Foah (le Delta), abonde en toutes sortes de biens. » Ce conseil était très-salutaire; on voulut le suivre après l’expédition de saint Louis; mais il était trop tard; dans les derniers temps des guerres saintes, une expédition chrétienne vint jusqu’à Foah ; elle s’en empara, et fut bientôt obligée de l’abandonner, parce qu’elle ne put être secourue.
Le canal de Mahmoudié commence au-dessous de Foah , sur la rive gauche ; il y a là un port où s’abritent les barques , et quelques maisons assez bien bâties qu'habitent les employés du pacha. Ce lieu que j’avais vu à mon premier passage, s’appelle Alté ; nous avons laissé là notre kanje ; notre projet était de gagner par terre le lieu où le
canal de Mahmoudié commence à être navigable ; pendant qu’on dé-
barquait nos bagages, nous avons fait une promenade dans les environs, et quand nous sommes revenus, nous avons trouvé notre cavasi en querelle avec des fellahs qui refusaient de nous fournir des ânes; il distribuait de grands coups de bâton à droite et à gauche ; je lui ai fait des reproches ; — Voulez-vous donc, m’a-t-il répondu, que nous traversions le désert à pied. — J’ai laissé faire le cavasi , et je me suis tu, car on pardonne quelquefois à des excès ou à des torts dont on profite. Au bout d’un quart d’heure, les plus beaux ânes du pays étaient à notre disposition.
A peine cette scène venait-elle de se passer , que nous avons vu arriver une kanje , peinte en vert et revêtue de dorure ; il en est sorti un homme qui paraissait avoir une grande importance ; plusieurs personnes le soutenaient par les bras, et l’aidaient à marcher comme s’il eût été infirme ou malade ; on traite ainsi les hommes puissans. J’ai demandé quel était celui qu’on traitait de la sorte ; on m’a répondu que c’était l’ingénieur en chef du pacha qui faisait sa tournée et venait voir comment il donnerait de l’eau à son canal ; je me suis approché, j’ai vu un homme de cinquante à soixante ans, qui paraît très-content de lui-même, et que le mauvais succès du canal de Mahmoudié n’a point fait maigrir. J’aurais bien voulu lui être présenté, mais il n’est resté qu’un moment dans la maison de la douane où il était descendu ; nous n’avons pas tardé à être témoins d’un spec-
tacle qu’on a rarement en Egypte et même dans tout l’Orient. L’ingénieur turc est monté dans une voiture magnifique, attelée de deux chevaux arabes ; il allait dans cet équipage traverser le désert et se rendre au lieu où le canal de Mahmoudié peut porter bateau. Notre caravane s’est mise à la suite de la voiture.
La plaine que nous avons traversée est tout-à-fait inculte, et ne présente partout que l’aspect d’un sable aride ; le canal qui n’a pas assez d’eau pour porter des barques, n’en a pas assez non plus pour arroser ses rivages et pour faire reculer le désert. Nous avions à notre gauche le canal de Mahmoudié ; à notre droite , à la distance de quelques lieues le lac d’Edkou. Dans toute notre route, nous avons eu autour de nous le phénomène du mirage ; à chaque pas que nous faisions, le pays nous paraissait couvert d’une onde limpide, et quand nous approchions, nous ne trouvions plus qu’un sable brûlant.
Après quatre heures de marche, nous sommes arrivés au lieu où commence la navigation du canal ; on a bâti là quelques cabanes ; on
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a dressé des tentes ; c’est là qu’arrivent toutes les récoltes des pro- \inces voisines, destinées pour les magasins du pacha ; on voit sur la rive d’énormes amas de grains que nous avons pris de loin pour des -collines de sable ; ils attendent les barques qui doivent les transporter à Alexandrie. Nous sommes entrés dans un café pour nous reposer; pendant ce temps notre cavasi s’est occupé de nous chercher une kanje, et comme il n’en a point trouvé, nous avons été réduits à nous embarquer dans un bateau chargé de fèves. Notre barque a mis à la Toile vers les quatre heures après midi. Le canal de Mahmoudié n’est pas deux fois plus large que le canal de l’Ourcq à Paris; les débordemens du Nil ont déposé en plusieurs endroits une grande quantité de limon qui rend la navigation difficile. On a reproché aux ingénieurs qui ont présidé à la construction de ce canal, de n’avoir pas pris les eaux du fleuve à huit ou dix lieues au-dessus de Foah, ce qui aurait donné plus de pente à leur cours. Nous avons vu sur la rive quelques terres cultivées et plantées d’arbres, quelques maisons habitées qu’on pourrait prendre pour des villages. Deux spectacles nous ont frappés dans notre route ; nous avons vu passer sur la berge une troupe de conscrits qui marchaient à la file, attachés ensemble par une corde; on les avait pris dans les villages voisins, ils se rendaient à Alexandrie, en suivant la rive gauche du canal. Nous avons demandé à notre reis si on donnait des vivres à ces pauvres jeunes gens. — Non. — Si on leur laissait prendre quelque repos. — Non . — Mais lorsqu’ils tombent de faim ou de fatigue? — On les relève avec le courbach. — Pendant que nous parlions ainsi, nous avons vu sur la rive gauche un nombreux détachement de soldats; ils marchaient en tumulte; les uns tiraient des coups de fusil , d’autres sonnaient de la trompette, plusieurs sortaient des rangs. Cette troupe, à moitié disciplinée, accompagnait le commandant d’Alexandrie, chargé d’écarter les Arabes bédouins, qui auraient essayé de piller les fèves et les grains du pacha. — Dans quinze jours, nous a dit notre patron , les conscrits que nous avons rencontrés seront comme ces soldats; on leur fera faire ainsi quelques promenades militaires, puis ils partiront pour
l’Hedjaz, pour le Sennaar ou pour la Syrie, et puis l’Egypte ne les reverra plus.
A la tombée de la nuit, nous sommes arrivés en face d’un petit bourg qui porte le nom de Kerioun ; le canal en ce lieu s’élargit, des milliers de barques y étaient rassemblées ; nous nous sommes trouvés
COIUIES POND ANGE
au milieu d’une grande confusion, et j’ai cru un moment que nous allions rester là jusqu’au lendemain ; mais notre cavasi est descendu à terre, il a parlé à un cheik qui lui a fait avoir une kanje ; aussitôt nous avons quitté notre petite embarcation, et nous avons pu continuer notre voyage dans un navire commode. Lorsqu’on a dépassé le bourg de Kerioun, on navigue dans l’ancien canal d’Alexandrie, qui a été réparé en plusieurs endroits; les ténèbres de la nuit nous ont dérobé l’aspect du rivage. Quand le jour est venu, nous étions près d’Alexandrie; quelques machines hydrauliques qui puisaient de l’eau dans le canal, nous annonçaient qu’il y avait dans le voisinage des jardins et des champs cultivés. Toutefois nous n’avons point vu ces merveilles dont parlent les poètes arabes dans leurs descriptions ; nous n’avons vu sur cette rive ni le saule et V acacia qui ombragent les navigateurs, nile palmier dont le front se penche mollement comme la tête d'une belle qui s' endort > Nous sommes arrivés en face de la colonne de Pompée, à sept heures du matin ; une heure après, nous étions établis dans notre auberge de la rue Franque.
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LETTRE CLXXYL
Promenades sur l’emplacement d’Alexandrie.
Alexandrie, 1G3Î.
A mon premier passage dans cette ville, je n’avais pas eu le temps de visiter toutes les antiquités intéressantes qui s’y trouvent, et c’est à peine si je vous en ai dit quelques mots; maintenant me voilà revenu à Alexandrie; j’y ai fait un assez long séjour pour vous parler d’une manière complète de ses ruines et de ses monumens ; Alexandrie sera la seule cité d’Égypte dont je vous aurai décrit les antiquités, et j’espère que vous voudrez bien me suivre dans mes promenades au milieu des débris du passé.