‹ Correspondance d'Orient, 1830-1831 (volume 3)Chapitre 22 sur 33 · LETTRE CLIV · texte numérisé non relu

LETTRE CLIV

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Les Pyramides^ Memphis^ le Caire ^ le vieux Caire ^ le pacha et son gouvernement^ que de choses m'ont distrait du dessein que je m'étais proposé en partant d'Europe! je vais donc rentrer dans la voie que je devais suivre et me remet-

* Celle klire ci la «^vante ont élé adressée» à M. Reioaud.

trc à étudier la géographie des guerres saintes ; me voilà parti pour Mansourah et pour Damiette^ où m'attendent les souvenirs de saint Louis et de nos vieux pèlerins de l'Occident.

J'avais loué pne kange semblable à celle . qui m'avait amené de Rosette au Caire ; j'avais, de plus acheté une tente , car je prévoyais qu'il me faudrait camper quelque part ; Ib consul de France avait mis à ma disposition un cavasi pour tout mon voyage ; notre cuisinier Ibrahim ne m'avait point quitté et s'engageait à nous suivre partout oii nous aurions besoin de ses services; le jour de notre départ^ j'ai fait mes adieux à M. Mimaut^ .et M.Smàrahy troisième drogman du consulat fran-^ çais , nous a accompagnés jusqu'à Boulac.

M. Smarah est un homme fort joriginal et mérite d'être connu de nos amis de Paris; né dans le pays y il parle tiès bien l'arabe et sait même assez Je français pour remplacer au besoin le professeur piéfnontais^ qui enseigne la langue de Racine et de Fénélon à l'école d'Abouzabel. C'est lui que le consul donne ordinairement aux voyageurs qui vont visiler les monumens et les curiosités du pays ; M. Smarah a le costume des Grecs , la robe longue^ le turban noir, les babouches brunes; quand on va le voir dans sa maison, on le trouve établi au milieu d'une petite cour, et sous un vieux sycomore ; je l'ai souvent vu le matip ., couché entre «un sphinx et une momie ^ entouré

d'urnes sépulcrales^ et de vases dé terre bùsont enfermés les restes de quelques animaux sacrési, Tout ce qui attire la curiosité et l'attentioa : des étrangers est familier à M. Smarah ; il connaît toutes les mosquées , tous les édifices de la ville devant . lesquels ont coutume de s'arrêter les amateurs y. tous les bazars, tout ce qu'il y a de remarquable dans la citadelle , dans le vieux Caire et dans la ville des morts; la vieille Memphis lui est encore plus connue que la capitale moderne de l'Egypte ; il a visité mille fois les pyramides y mille fois il est descendu dans le puits de Chéops, mille fois il est monté dans la chambre de la mite et dans la chambre duroi; les catacombes de Sackarah n'ont point d'is* sues et de caveaux mystérieux qu'il ne connaisse.

 force de voir dans les hypogées ce qui reste des grandeurs humaines^ M. Smarah s'est fait une philosophie qui lui fait dédaigner les choses de ce monde, une philosophie qui ne se plaint point du sort et qui se contente de peu. Il ne s'est point eofrichi, comme tant d'autres avec les ruines, et tout ce qu'il demande aux vénérables restes de la vieille Egypte, c'est qu'ils lui donnent de quoi se vêtir, et que chaque jour, les pierres où l'antiquité a empreint son génie, deviennent pour lui du pain , ui panes fiant; il lui est arrivé quelquefois, m'a-t-il dit, de faire de précieuses découvertes, et même de bonnes affaires dans les tombeaux des Pharaons ; mais il n'en a point abusé, et jamais il n'a dégradé

un temple^ jamais i\ n'a altéré la physionomie bis^ torique d'un monument^ pour en vendre les débris mutilés. Je doisajouter que personne n^est plus complaisant, personne n'est meilleur queM> Smarah, et je me suis séparé de lui avec de véritables regrets ; lorsque nous sommes arrivés au port de Boulac > j'ai trouvé dans notre barque d^ux urnes funé^ raires et un vase de porphyre découvert dans les hypogées de Sackarah ; notre bon drogman voulait me donner cette marque d'amitié ; comme je n'avais rien à lui donner en échange, je n'ai pas voulu d'abord accepter son présent ; Vous ne voulez donc pas, m'a-t-il dit d'un ton ému, me faire un der^ nier plaisir? à ce mot, j'ai accepté les objets précieux qu'il m'avait destinés.

J'oubliais de vous parler d'une précaution que nous avons prise avant de psHrtir, pour assurer notre route ; lorsqu'on voyage sur le Nil , on rencontre quelquefois des Turcs qui viennent s'établir dans votre barque et qui s'en emparent sans façon. Pour prévenir une pareille violation du droit des gens, les voyageurs européens prennent soin de faire arborer le drapeau de leur nation sur la kange qu'ils ont louée; on m'a conseillé de faire comme les autres, et j'ai chargé Antoine d'acheter un morceau de drap qui pût ressembler à un drapeau tricolore ; quoique je ne mette pas précisément mes opinions dans la couleur d'une étoffe, j'avoue qu'en cette occasion j'ai eu regret au drapeaa blanc , car

]e drapeau qui ven;iit d'afFranchir la Méditerranée des pirates d'Alger, aurait suffi sans doute ^ si les révolutions Pavaient permis, pour assurer notre navigation sur le Nil.

Nous avons levé l'ancre à deux heures après midi ; dans la matinée, on avait éprouvé plusieurs coups de vent ; des bateaux chavirés et abandonnés par leurs pilotes attestaient la violence de la tempête ; cependant l'orage s'était calmé ; une légère brise enflait nos voiles ; bientôt nous avons vu fuir derrière nous Schoubrah et Giseh ; aux der- • niers rayons du jour, nous ne distinguions plus dans l'horizon lointain que les pyramides et le Mokatan .

Nous étions entrés dans la branche de Damiette ; notre barque a vogué paisiblement toute la nuit ; nous n'avons pu voir à la rive gauche du fleuve le canal qui passe par Menouf ^ ni à la rive droite le canal de Moueys qui porte ses eaux au lac Menzaleh; au lever du jour, nous avions dépassé les ruines d'Atribis, et nous étions à plus de dix lieues du Caire; ici les rivages du fleuve m'ont paru plus boisés que ceux de la branche de Rosette; les saules et les peupliers forment partout des bosquets touffus, et s'étendent jusque sur la surface des eaux ; l'œil aperçoit au loin des forêts de palmiers, et le territoire est couvert d'une multitude de tourelles où s'abritent les pigeons; de nombreux troupeaux paissent dans des campagnes ver-

ilo\'antes ; quantité de vHlAges , qui parlassent- biétt bâtis ^ s'élèvent sur lés deux rives; Ct>mment îés habitahs de cet heuteut pays éprôuvent-'ib h be-^' isoîii de s'eniparer dubiecf d'autrui et de dépouiller les voyageurs qui remontent ou qui destendent lie Nil? Que de meurtres dommis^ que dé violëhcéis^ exercées en présence éé cette espèce de paradis terrestre? Les voleurs duNiï, il est vrai, ont été' «évèrement réprimés dans léê dérriiets temps ; liiéSs lorsqu'on y pense le moins ^ ils repàràîifseîit , et re^* commencent leur brigandafges ; nos tinfarinîers ilcnis ont ra tonte j^usiéfurs histôirè^sf récentëk^ peu faites* ^dur ticfùs i^surer; touïèsr lë^ fois que nidus passions 'devant iin"village;^ re^rdécomiïiela demeure des brigands^ notre ca^rasb ne oianquâàt pas de faire le brave ^ et de tirer de temps à auti^ quelques coups de fusil; notr^ 4&ui^nier Ibrahim élaii aussi Srur le qui-^v^ivé' et défiait dans ses discours Vùi^ te» Arabes voleursf je nesais^passi toutes ces démoustraiioQs leur ont fait peur ; la t^itéést que nousn-en avons vu ^ÂÀ^un/et que notre kange n'a pàs'été attaquée; j« pense* qu'ii faut en remerdier Diëii^et^la^f^ce du pachav

Au lefver du |our 'nous Wétipns pas loin âes ruines^ Bubasste^ que b^^^^ le canal de Moueys^ et que (es Arabes appellent Tel Bastach; ces ruines ont été décrites par la commission d'Egypte; on y a trouvé des pierres couvertes d'hiéroglyplies , plusieurs symboles ^ plusieurs attributs du culte d'isîs, yi. 21

OM la grande mère des dieux. J'ai voulu relire dans noire barque tout ce que dit Hérodote du temple de Bubaste; j'en étais au passage où l'historien nou» parle de ces troupes de femmes qui^ par des danses lascives^ des chansons^ des propos licencieux^ en— traînaient la multitude à la fête d'Isis ; j'en étais là dans ma lecture lorsque notre barque s'est arrêtée devant un village dont j'ai oublié le nom ; plusieurs femmes sont accourues sur la rive; elles se sont mises à danser au son des castagnettes y elles ont dianté des chansons obscènes ^ puis elles se sont précipitées dans notre bateau, et nous avons eu beaucoup de peine à les en faire sortir. Les mêmes scènes se sont renouvelées près d'un autre village où nous avons voulu débarquer; nou$ avons pu croire qu'on célébrait encore dans ce pays les oi^es de la grand'mère des dieux.

Vers les onze heures du matin nous nous sommes trouvés en face de Semanoud ; c'est une petite ville assez bien bâtie , qui peut avoir une population de trois ou quatre mille âmes. Elle occupe^ dit -on, l'emplacement de l'ancienne Sebenitus. Les voyageurs vont voir dans le voisinage de Semanoud l'ancienne Busiris, aujourd'hirî Abouzir, et le lieu que les Arabes nomment Bahbeyt ^ , couvert de magnifiques ruines. J'ai mis peu d'importance à visiter sur

■ Les ruines de Babbeyt ont été décrites par T. M. Jallois et SNibeis-Akilé. Voyez les Mémoires sur P Egypte,

ces rivages du Nil les lieux qui furent l'empUcement de quelques cités ^ d'abord parce que je n'avais pasle temps de les eraminer avec soin ^ ensuite parce que les savans ne les ont décrits que d'une manière vague, et que- je n'ai pas la. prétention de faire mieux. Quand mes courses me. portent vers.quel'^ ques ruines i^élèbres^ j'aime «assez yrètre précédé par la science des autres ; j'aime mieux admirer des découvertes toutes faites que d'en faire moi-même à la hàte^ et sans avoir le tenips.etlés moyens nécessaires pour m'assurer de la vérité « . .

Nous étions déjà loin de Semanoud lorsqu'un ouragan s'est élevé j toutes. nos voiles ont. été repliées ; des nuages de sable volaient sur nos tètes ; une grande colonne de poussière était poussée vers noire katige ; j'ai cru un mcxnent qu'elle allait nous, faire chavirer y lorsqu'elle a disparu tout-à-coup et s'est engloutie sans bruit dans les eaux .du Nfl.>' semblable à un énorme fantôme qui aurait quitté un moment les noirs abîmes , et qui y serait rentré en nous menaçant; au bout d'une heure le ciel s'est éclairci , et les minarets de Mansourah se sont, montrés à notre droite.

Nous avions une lettre de recommandation pour le médecin de la garnison de Mansourah ; nous sommes descendus chez lui ; M. Canova est un mén* decin milanais ; il est établi dans ce pays. avec sa femme ^ sa belle -mère et un beau-frère qui. le se-^^ ronde dans l'exercice de sa profession. L'accueil que

no^ :a Élit cette iiitéi*essante famille lie peut étfe^ ottlflié dans mon . itinéraire .

') St. Gffoovâ nous a £ait connaître la ville et tiésf environs ; Mansourah n'appartient point ht Tanti- ^ité ; elle a comtoenoé dans laf sixième cro^aftde ^ après le siège et la prise de Damiette par les croisés y. h» suftàn dl^ypte s'était retiré sûr la rive droite dif canat d'Achmoun avec ce qui lui reslait de Iroufios ;; dn eonnnença par dresser des tentes y puis on bâtit des- maisons, dés palais et dès mosquées. MansoÂi^ rah^ comme le vieux Caire ^ fut d'àixHrd un camp y et dè^t ensuite une cité; cette cité s'appela Mànsootah ou la Victorieuse^ paarce que les inusi»Iiwtns( y âtiiètèrent les Francs qui marchaient oontm^lai' dqfttale de l'Egypte. Mansoutâh donne $ôa:»a0iit ^ iM«> province dcmt elle est la capitale ^ Isi viltq ,est bèti^en briques; sa population est comole celle 4ef SéÉanoud ; on vante la salubrité de sa tempéi^tui^'j lès*inédecins du €aire^ et ûiêupte de Damiette ^ coQr^ steillent.à leurs malades d'aller respirer l'air de DBansoûrah. Mon premier soin a . été de visi^r W âttseux canal d'Adimoun^ appelé pu les oroiséà le canal de Tannis ou de Rexi ; il Q'a pas trois $ois la laorgeur du c«Qal de l'Ourq à Paris > nou$ avons reeminu l'endroit, où les ingénieurs de saint I^uisentreprirent de construire une chaussée^^ et. plusr loin le gué où passa L'armée chrétienne., Je n'ai pv^ dans une seule promenade visiter en détail tous le» lieux où combattirent les croisés ,■ et qui £ureat té*

moins tour-à^tQUr de Teur gloire et die leurs revers. A mon retour de Dalnietleyj<e m'arrêterai quelques jours à Mansourah^ et je pourrai suivre à loisir jLouis IX et ses oompagnom^ sur }e théàtrp d^ év^éjiemeiUr. . •.;.-' ^

Nous smm» p^sé la .nmt dies le docteur CSanpw, et nous sommes partis le lendemain à quatre heures du matin ; les ténèbres couvraient eocow la terre ; on ne yoyait au ciel que quelques étoiles ; après avoir es^yé de darn^c dans notre ^bine^ j'ai voulu monter >sur le pont pour voir, vçnir le soleil ; nous avions déjà fait plus de qu^tm lieues^ loi^qae j'ai wu le ciel blanchir du oât^ de i'Orsent ; jamais- les preo^iers rayons dp jour ne m^ont caus^ plus de joie* J'avais tout près de inoi le dçapeau que npus avions a^orë pour être protégés c<intre l'insolence des Turds ; quelle a été ma surprise-^^n y portant mes regards, deae plus voir qu^iine étoffe blanche au lieu d^uqe étoffe aux trois couleurs! J'ai appelé notre reys, et jç lui ai demandé s'il avait changé notre pavilloil ; il m'a répondu que non ; j'ai appelé Antoine , et nous avons recphttu que la rosé^ de la nuit avait effacé de nôtre priflan^me le rouge et le bleu , et qu'elle n^y avait laissé que la blancheur naturelle de la laine j n'admîlre:^vous pas îi5Î le prodige! nous voilà donc èncorç avec te pavillon blanc cornniis à^otrè départ de Toulon ! Heureuse la France, si toutes les foîi^ que son drapeau diîahgè de couleur, les choses se

passaient aussi tranquillement ! Pour moi , je suis bien décidé à conserver notre bannière telle que Fa faite la rosée du firmament ; si les Turcs le trouvaient mauvais , je leur dirais que Dieu l'a voulu ; je suis bien sûr d'ailleurs qu'il n'y a pas un Français^ homme de cœur^ qui ne respectât comme moi cette couleur des lis ^ tombée ainsi du ciel ^ surtout si^ comme moi^ il allait rediercher les traces de saint Louis.

Le premier village qui s'est montré à nos regards est le village de Diast^ où les pèlerins cophtes ont coutume de débarquer pour se rendre par terre à l'église de Sainte -Gimiane ; cette église - a une grande réputation dans toute l'Egypte j on y oélèbre chaque année au printemps une fête solennelle; la patrone du lieu^ pendant les jours qui lui sont consacrés^ apparaît^ dit-on ^ plusieurs fois aux fidèles sous la voûte de son sanctuaire ; tout ce qu'on voyait autrefois aux fêtes disisj et tout ce qu'on voit de nos jours à la fête d'Ibrahim Bedaoui à Tantah , se retrouve à cette fête de Sainte» Gimiane; Vansleb et le père Sicard ont été témoins de ces étranges solennités où se mêlent le^ musulmans et les chrétiens^ les joies profanes et les cérémonies saintes; cette fête singulière se ce* lèbre encore comme dans les temps reculés ; c'est toujours la même affluence de pèlerins^ la .même dévotion et les^ mêmes orgies ; elle doit s'ouvrir au )5 mai prochain ^ et déjà les Cophtes du Delta et

des provinces voisines sont en marche pour s'y rendre.

En poursuivant notre route sur le Nil , je m'étonnais de ne plus voir des plaines couvertes d'arbres^ de jardins et de colombiers; entre Damiette et Mansourah , les'campagnes paraissent moins peuplées que dans les environs d'Atribis et de Semanoud ; nous n'avons rencontré sur le Nil aucune kange^ aucune barque; cette solitude du fleuve avait quelque chose de triste \ combien il y a loin de ce spectacle tranquille et monotone, à ce que nous rapportent nos vieilles chroniques qui nous mon^ trent le Nil couvert des flottes de la gueire sainte J je ne perdais pas de vue les villages qui bordent la rive orientale ; car toute cette terré a été foulée plusieurs fois par les armées chrétiennes ; il me semblait voir l'étendard de la croix flotter parmi les minarets et les dômes des santons. Je demandais à notre reys le nom de chacun des villages qui s'ofïraient à notre vue; j'espérais retrouver les noms mentionnés par nos chroniqueurs ; mais de tous ceux que le reys a prononcés, je n'en ai reconnu que deux ou trois ; je reviendrai plus tard sur cette géographie des croisades . Un vent favorable nous entraînait rapidement; le soleil était à moitié de son cours ^ lorsque nous avons vu à notre droite le bourg de Pharescour ; ce bourg a plusieurs mosquées et parait être considérable ; à peu de distance de Pharescour^ le Nil fait un coude et sç

détourne à l'est ; nous n'avons pas tardé à voir les minarets de Damiette. Cette ville , pour ceux qui arrivent par Je fleuve ^ a le même aspect que plusieurs de nos villes d'Europe qui sont bâties sur de grandes rivières ; à mesure qu'on approch^^ Je Nil s'élargit et s'ouvre comme une rade devant lea murs de la cité ; les maisons qui s'étendçnt daas « la forme d'un demi -cercle, sont baignées par les eaux du fleuve ; il y a çà et là quelques ^eux dé? couverts où abordent les navires.

En débarquant^ pous avons trouvé un drognian qui nous f^ttendait^ et qui nous a conduits chez M. Faker^ agent consulaire de France } je termine ici ma lettre j demain^ j'espère visiter l'ancien emplacement de Damiette; après-^demain^ je. reprendrai la plume ;^ pour vous dire ce quç j'auicai pq 4éÇQUvrir d'intéressant

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