DE LA LETTRE CXLI
bEsuofous. -
yÂlaxxB. .
VLAUTS HV SAMâB. - MATÀtttBtl. .
Le Caire, âirrill 3^1.
H£liopolis^ comme Saïs ^ Memphis; et' 4'4ut]'fi9; grandes cités, avait des enceintes réservées ^aux monumens religieux; :nous. avons > fait/; le toor d0. l'enceinte où se .tiK>uvaient j le temple du:wleili(^tr réoole des prêtres. Du côte du nprd et,dM;çoté;de> Tesr^ il existe des^^i^stçs d'une d^aussée^ q4'Qi;^pren4, d'abordftOtUr des am$s de décombres.- Daq;^ tons las, lieiix où* fut^tie ime viUieiancienne, il.est^re;de! ne pa& trouver dei&^tracipSid'unô néoropolis;:lpr%q[^ç
les grands monumens on t disparu^ il reste encore des • tombeaux ; toutefois , nous n'avons rien trouvé sur l'emplacement et dans les environs d'Héliopolis^ qui pût ressembler à d'ancienne sépultures^ ce qui nous prouve que la ville du soleil ., comme Memphis^ £busait porter ses morts dans la plaine des pyramides. M. Jomard^ qui a décrit remplacement d'Hélio-* polis y ^ parcouru toutes les campagnes voisines ; il a trouvé de» n^iinefi ^a plusieurs ondroits^ surtout dans le bourg d'Hétioud, situé vers le Nil ; ce bourg renferme plusieurs restes de la ville antique ; le ïïQtù (fHéfiiQud est luji-i2iêipe un reste ou nn soîivenir d'HéliopoI». C'est ainsi que dans la Troade , l'antiquité vit successivement l'ancienne Ilion , la nouvelle Ilion, puis la Troie d'Alexandre ; .la seconde fut bâtie avec les ruines de la première , la troisièilfi'e' ûVecJ les débris des deux autres. La même chose a pu arriver à plusieurs villes d'Egypte , et le bourg d'Hélioud fut sans doute une nouvelle Héliopolis^ qui aura été construite par les Grecs plus ptès du fleuve.
Des traditions sacrées et fNToftnes^ des souvieuks de plusieurs époques et de diverses croyances ^ se rattachent à la Tîlle et au territoire d'HéliopoUs ; dette tllte est souvent mentioniuki dans la bibic ,. qui replia On, mot qui siguifiait vilte du soleil dans la langue des vieux ^Égyptiens. Putipluury dost le patriardie Joseph fut l^iiMendant > habitait HUh^ polis I f t son nom ntème de Pntifihm'wnnrmce qu'il
était un des grands prêtres du Dieu-soleil. Comme Héliopolis était près du pays de Gessen , habité par les Hébreux ^ elle leur étçdt beaucoup plus icpimue ^i;fce. Memf^et Thèbes. Qn fQFoijt aiême 5{ue les JujUEs fvMnçnt ei^ploy^ à const|n;û|^e^ 4;>u :tput iui mf>ins à réparer quelque^ édifices xje^ li^; cât^ égyptipfîil^^ Ce iutlfi^sa^ doute, qo^ AIoi[si8^ qui ^t appelé dajps rÉcr>il,urc l'éV^ ik /^aW^fe, Wt apprendre les ji^a^jUiç^ ^qejcicQ^ qu'^^si^lgj^ Vwoh des pi^ti^ , ks ^G^ençes; dpnt il avait besoô^ pow
^qner, pour jOway#ip<?rç PJiaraWi ftrfmf^la inis$i<^ qji|(3 jhjii fiy^it'doopée Jéhovs^. Qp^ndiçs Vfihm^x fiju^t les maîJ^œ de Çhan^ ,.l|eurf.|)|^^ ^f^^l^urnèreiHenc^oir^ qjqiislque£c>îsYersH)éUopo]i$, etdansles mauvais jours d'Israël^ ceux qui ayaieni; à ris^QUtiQr U .p^r$écwtia» ;^ vinrent y,.chi6rdier un asile, h^ irjai^Jâfim s^îpates qpps apprçnncint <pi^ lliJGamîl^ de Jésus^Christ vint à ^éliopolv^y lorsq^i'^ei^ysMit les poursuites d'Iji^érpde^ et cestra*ijUififm, fejn répandues ^ ipqye^-î^y attirèpepf 49JQS €s(d lwui^n.g?iwJfW)mbrp d^i^^erw^i 9051^0^»
linqiie , f3^m fofittt»e qui fi»t l^ng^çei^ps: ^'objet 4e lUr^ViénérAtio» d(^ i4^i(?ps ,;etr qu'on iipqaina Xoug^
Vnei ofnnipn ^s'ét^it f^çç^^tj^, que îs^ vierge A|arie «vAit imfè dow çim/^ io^ssà^ne le^ Jange^ de Vt»Unt Jé«i», eit d^ptiû$fie tçmpsj r^an qp'any pujsaît çiY^t Qp#é quanUté de nâracles. Dès les
premiers temps du christianisme^ les fidèles bâtirent en ce lieu une église ; quand les musulmans furent maîtres de ITEgypte, ils construisirent à leur tour une mosquée près de la source miraculeuse. Ijes disciples des âeux croyances venaient demander & la fontaine de Marie la guérison de leurs maux ; les Cophtes, les Grecs et quelques musulmans du pàys^ y Tiennent encore aujourd'hui en pèlerinage.; mais le nombre des prodiges a beaucoup diminué. Xa chapelle chrétienne et la mosquée ont eu le sort<du^ temple du soleil ; on n'en trouve plus de vestiges. Nous n'avons vu , auprès de la fontaine révérée > qu'une machine hydraulique ^ à laquelle quatre boeu& sont attelés , et qui élève l'eau au niveau du terrain.
Une autre trace delà sainte famille attirait aussi les pèlerins ; non loin de la fontaine , on nous a fait entrer dans un enclos planté d'arbres; un musulman qui nous conduisait; nous a fait arrêter devant un sycomore, et nous a dit : Foilh Varhre de Jésus et de Mwrie. Les Cophtes nous disent que dans un moment où la sainte fiamille fuyait devant des brigands, le tronc de cet arbre s'ouvrit toutà-coup pour la recevoir ; heureusement que nous ne sommes pas obligés de croire à ce que disent ici les Cophtes et même les disciples du Coran, caria seule vue du sycomore suffirait pour démentir leurs assertions- et nous disposer à l'incrédulité ; d'abord le tronc de l'arbre ne surpasse pas en grosseur «e^
lui des arbres les plus ordinaires^ et ne laiwe àotïé guère aux spectateurs Tidée du prodige qu'on suppose 'y j'ai remarqué de plus que le s}9Coiriore devant lequel nous nous sommes arrêtés^ ne ressemble pas même à celui qui est déêritpar les voyiB«geurs du seizième siècle; comment se persuader qu'un arbre à qui on enlève chaque jour son écorce et ses branches pour en faire des reliques^ soit resté le même depuis le temps d'Hérode? Vansleby éuré de Fontainebleau^ nous rapporte que l'ancien syto-more était tombé de vieillesse^ en i€56; les jières cordeliers du Caire conservaient pieusement dans leur sacristie les derniers débris de l'arbre miraculeux. Il ne restait dans le jardin qu'une souche d'où est venu sans doute l'arbre que nous avons ^u. .
Le jardin où nous sommes entrés renfermait une autre plante qui obtint aussi le respect des pèlerins; c'est l'arbuste qui produit le baume : f< La » vigne du baume, dit Jacques de Vitri, qui ne » se trouvait que dans la Terre-Sainte et dans le » lieu appelé Jéricho^ fut transportée très auèiéli' > nement dans la plaine de Babylone ( la plaine n d'Héliopolis).' Elle jr est cultivée par les disciples » du Christ qui vivent captifs sous la domination » des Sarrasins; ces derniers ont jugé par expérience » et ils en conviennent, que lorsque la vigne du )i baume est cultivée par des mains musulmames ^ n elle demeure* stérile , comme si elle dédaignait ]» de produire des fruits pour des infidèles. » Telle VI. 5
^si l'opinion qu'on avait sur le baume d'ïf éliopolis au treizième siècle; le siède suiTani ne trouva point celte narration assez merveilleuse ; le seîgœur d'Ënglure que lious avons souvent cité, et qui pê^ssê par la plaine de Babylone , nous parle ainsi àe iouHes les merveilles visitées par les pèlerins de son temps, et surtout du jardin où croîèstflt lii vigne du baupae : « Quand notre dame , mère de n. Dieu ^ nous dit-il dans son vieux langage , eut » passé les déserts et qu'elle vint en cedît lieu y M elle mit notre Seigneur à terre, et alla chèrchanrt » eaue par la campagne , mais point n'en peut êimer n ( trouver ); ai s'en retourna moult dolente k son » cher enfant, qui gtsoit estendu sur le sable, le*- » quel avait fera des talons en terre , tant qu'il en )i sourdit unefbntaine d'eauemoult bonne et douce; n si fust nosire dame moult joueuse de ce , et ei^ » remercion notre Seigneur^ illec recoucha naîre » dame son cher enfamtet lava les drapeletsde no-^ » tre Seigneur d<i l'eaue d'icetle fontaine, et poi» >i estendit iceux drapelets par dessus la terre pour » les essuyer ( lies £aire sédber ), et de Teade qui }) dégoutoit d'ieeux di^pelets^ ainsi comme ils es-^ >^ suyoieat ( séchaient ), par chaque goutte nais^ » soit un petit arbrisseau^ lesquels arbrisseaux ^ portent le baume , et enccMre à présent j a grant }) planté (quantité) de ces arbrisseaux qui portent nie baume^ et en autre lieu du monde ^ for»
)^ ( excepté ) ^n paradis terrestre, vous ne trouve-
yi tes qiiii^il iMisâfe bâunte hors en a^àit jardihs >) île cite îd le texte de noire vîeui példjriii , parce qu-on ne peut imiteî le tharme êë sa narration ; quelliér simpïidténâive , qdel naturel plein de gi^ce dans té petit tableau ! oe (^uê dit Yii^ile de l'arbre tte IPolidore, tout ce que dit le Tasse de la forêt ettdiàntée , rié me parait pas plus poétique ; com*^ bien il tne^fâît doux de partager toutes les ilhi'^ sions de nos voyageurs du moyén-âge, et de t^gardeï* comme patoles d'Étabgile tout eë qu'ils nous Mcôntent ! nati^ i^isôn superbe et le* tristes coniseils qu'elle nous donne ^valent-^ils le bonheur de croire à cette innocente poésie des légendes ! Du t^e y la plante du baume ^ ainsi célébrée ^ n'existe phis dans la plaine d'Hâiopolis ; elle a péri comiHe tant d*«utres Merveilles du pays, sans qu'on sache dans quel temps elle à di^aru et (plel^e a été sa fin. En avançant du côté de rest> nous sommés arrivée au village de Mattharieh^ appelé ainsi d'un mot arabe ijui veut dire, sùmtêéFéaUy eau nàuvélle; tt Village (Est bâti en pierres ; on doit croire qu'il renferttte âànsses constructions, quelques ruines d'Héliopo-» Kis; il y a là, disent les Voyageurs, tiuliett de ptès^ tttùtion célèbre dans le payS) 11 est protôgé par l'éuali ou le chef de la police, et très fréquenté par tés haft>itans du Caire ; ^nsi , la volupté impure a «rtrséî ses pèlerinages, et les prostituées régnent dâïis les lieux oà-s^enseignait la sagesse Mtiqùé; fa* re^ marqué que, parmi les ruines désertés des dféii.
on IrouTait le plus souvent des chacals^ des coivleuvres ou des scorpions ^ mais lorsque ces ruino sont habitées^ etquerhommeyaétabli sa demeure, ce qu'on est le plus sûr d'y rencontrer^ ce sont des crimes^ des vices honteux, car la corruption des mœurs suit et précède partout le génie de la destruction ; la corruption est aussi une ruine^ la plus déplorable de toutes, et celle que le temps épargne le plus.
Cette plaine d'Héliopolis fat souvent rougie du sang des combats ; c'est dans cette plaine appelée par les vieux chroniqueurs, la plaine de Babylone, que la fortune des armes a décidé souvent du sort de l'Egypte ; c'est par là qu'arrivèrent les armées de Caqibyse et d'Alexandre; c'est là que le lieule-<> nant d'Omar vint camper avec ses hordes victorieu* ses ; au temps des croisades , lorsqu'Amaury, roi de Jérusalem , eut pris et dévasté Bilbeis , il s'avança jusqu'à la plaine d'Héliopolis, et put voir de làl'in^ cendie qui dévora le vieux Caire pendant quarante jours; dans la même plaine, le dernier des sultans mamelucs fut vaincu par Sélim qui soumit bientôt toute l'Égj'pte à ses lois; les historiens des derniers temps n'ont pas négligé de parler de la victoire que le général Kléber remporta sur l'armée du grandvisir. D'après ce qu'on m'a dit sur- les lieux, j'avoue que j'ai perdu un peu de mon admiration pour cette bataille qui fut à peine un combat, et qui ne mérîtail pas le. grand nom d^ Héliopolis qu'on
lui a donné. Je fais cette observation dans Tunique intérêt de la vérité Iiistorique , et non pour ternir en rien la gloire d'un grand capitaine ; Kléber est un de ces hommes pour lesquels la louange n'a pas besoin de mentir, ni même d'exagérer^ et j'aime à retrouver sous ma plume, un nom qu'on prononce dans ce pays avec respect, et qui m'a quelquefois fait battre le cœur. Je me rappelle qu'à mon ai^îvée au Cajrç ition guide me montra la maison où Klcber fut assassiné ; je ne pus me défendre de la plus vive émotion; dans cette plaine d'Héliopolis , il existait naguère un autre souvenir du général français ; en visitant , comme les pèlerins, l'arbre de la sainte famille, Kléber avait écrit son nom sur l'écorce de l'une des branches; ce nom, avec celui de plusieurs Français, a été vu par plusieurs personnes dignes de foi qui m'en ont parlé ; mon premier soin a été de le chercher, quand je me suis approché du sycomore; mais je n'ai rien trouvé ; tous les noms ont disparu , ef£sicés . par le temps ou par une main jalouse; ainsi périssent les souvenirs du désert, et peut-être le temps est-il venu de demander aux contemporains, pourquoi le plus illustre des compagnons de Bonaparte n'a poinjt de monument ni sur les bords du Nil ni dans son propre pays.
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