DE LA LETTRE CXLH
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A^BÈs avoir assisté à l'ouverture des cours d'AboD<zabel y nous avons été dîner à Kanka^ chez le pàcfaa Abdallah^ qui commande les troupes en cantonnement dans ce pays ; nous avons été parfaitement accueillis. Abdallah est un jeune Turc de vingt-huit à trente ans ; il est le neveu du ministre de la guerre actuel; sa tournure est agréable^ sa physionomie ouverte ; il a une grande réserve dans les manières ; le jeune pacha ne doit pas moins son avancement rapide à son mérite personnel qu'à la faveur de Méhémet-Aly. Il a étudié avec beaucoup de succès les mathématiques , et passe pour être très fort dans
cette science. Après le café et la pipe ^ Abdallah non»
a remerciés de l'intérêt que nous prenions à l'école d'Abouzabel 5 nous l'avons complimenté à notre tour sur la protection éclairée qu'il accorde à cet établissement. On doit regretter , lui ai-je'dit^ que son excelletice n'ait pas etf Pidée de foire le vôjage de Paris pdur perfectionfnér les henreusesC dispositions que Dieu lui a données. On trouve partout à sHristi'uire > m^a-t-îl répondu , et lorsqu'on voit en Egypte des Eun^ens .cointne' vous^ on peut àe -dispenser d'aller chercher dés lumières au-^leUi dés mers ; on toe peut avoir ûiié pc^téssé plus aimable. Cdmmé lé pacha Abdallah hou^ attendait , il aivait feît des'prépartitife ■pfotir ridùs Tecevoîr; il
nous a donné une véritable fété^ -et voici comment.
Nous étions à peine assis sur lë divan circblaiîë i3^
son appartement > que rrous- avons' vu entrer tttte troupe de musiciens - avec leurs instrtoneâis ; ils se sont.accroupis en rond à- quelque distance de nouâf^ et^bieritôt a commencé uh cottcert tout-4i-^£siit égyf^ tien. Tai voulu èôlinaitnâ les hotns dés divers iïistrumens que nous avotis entendus : <^'élak Véaiêây espèce de guittalre^ le kebir inrki^ la grande mandoline turque^ j^ie^Aoïy^ la mailKldHneebirigare^ le kemangek agouz , la vielle ai^e- y le kiUiur ou la lyre éthiopienne; le rebab , espèce de^yloley le tamr ou zoumây hautbois égyptien , le zoukarah j sorte de cornemuse/ le santir, clavecin, etc. Je termine ici ma nomenclature de peur de défigurer les noms. Cesins-
trumens^ décfiits dam le^and ouvrs^e siirrEgypie^ remontent presque tou8 à des temps reculés,; quelques-uns ^ disent les savans^ ont été mentionnés dans la Bib}e., ou dans I](pmère; on en arecoimu plusieurs.^ retracés sur. la pierre des vieux hypogées. Les ,air$: qu!on a joués: devant noijus^ doiv«pt -édre aussi ;fort anciens^ jcar il y .a long- temps qqe pe^ sonne n'en compose de noiv^eau^. Les: Grecs ^ Iqs Arabes, les Coph^es^ pourraient tour-^Ktoujc : ;e|i
.récJamiQr l'inventipn ; ^qui sait même si ,^M;e, m4- Ipdiç Hj^ r^n^onte pas^^>teiQp^ ^e^ Pharapn^^ et.si les/3pn§.qui qpi( ; frappé rPO^ oreilles n'on^t p^s été
»ent9pdi^»fu;^|u^4i'^^^4M^'bœuf Apis^ oufiauf les fêt^>4ç.'Bubas.te .et;de Çanftpe?.SAPs doiii^jfl^e cettar^fHAsique a,dûjper4>^e.dU' !^af;\èj^fqtCfllpi^^t 4Mitrefp^ ^ ^et ,J^,, s^irs €Qajppsés:poiBr leriftw.Jffîl ,
.)Pqur le» ,4îçur Spleîl, pourraient bi^n . n'avoir 4^$
le^^ ^g^ifiçatipp PVL ;leur à^prop^ ^a^ li^;§9JipQ
^ ri'v^ pftdiA.v ils. n'ont ,ç|us surto^t l^^r ^Hig^^^çj^ .j^jriAiiti^e,^.jÇ3r. les^rtistfl^ npuyi?w?;:>neîmiîuagpfnt ..pas;dy ajpulsr J>e^çpup4!9 \m Ca«»p.
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o&ydi|ei>ir«ix>.^ ^^^ ^afos^^^l^ r tristQçse , > ou. i^e i prwqqUQT leur spçi^meil. Je: doisvVfjMs àixe qu'eue jQ^a produit.,' en ceue.pocasipi^, £uiçua4eses e£^s accQ^umés^ et €fjC^e,p/ims lar^aissés.à peitpj^s xomme elle nous )a.pw^-Quftnd.Je*çp^cçrtar4té fini, on ;a renvoyé? les rtusiciçns eA leur doivWQit à
chacun trois ou quatre piastres ; avec un gâteau àii riz appelé fetyr. Je ne vous dirai plus rien de ces pauvres gens qu'on avait fait venir ainsi pour nous divertir, mais il est aisé de voir que la musique^ dans ce pays^ ne mène pas à là fortune comme dans notre Europe, et le premier jprodîgè qu'il faudra demander à cet art divin y quand le temps des prodiges reviendra y c'est de donner du pain et des habits à ceux qui le cultivent.
Après le concert, on nous a conduits dans la salle du festin; nous nous sommes assis autour d'une table dressée à l'européenne ; chaque convive avait devant lui une fourchette,. une cuillère et t|n couteau, de plus une bouteille de vin d'Eui^'pç>; ce qui annonce les progrès de la ^réforme. Si je vous disais les plats qu'on nous a servis > jlaurai&rmnde copier une carte de Vérjr ou de Beauvilliér^TJie dois ajouter qu'en Egypte il y a depuis, quelque temps un parti pour la cuisine française, et que Méhémet-Aly s'est déclaré pour elle ; c'est aussi un progrès que je dois signaler à votre attention. Notre dîner a été fort long , et tout naturellement notre conversation s'est portée sur la musique que nous avions entendue. On a beaucoup parlé de la musique des anciens ; vous serez peut-être bien aise de savoir ce que nous avons dit , aptes beaucoup d'autres, sur un sujet aussi intéressant.
La musique est-elle née en Egypte? On a cité départ et d'autfe Hérodote, Diodore de Sjicile,