CROISÉS ET FAR LES TURCS
Péra, octobre 1830.
Je n*ai point eu jusqu'ici à parler des armées de la croix ^ si ce n'est pour indiquer leur passage à travers les îles de la Méditerranée; mais depuis que je suis arrivé à Constantinople , je n'ai point oublié que cette capitale vit plusieurs fois sous ses murs d'innombrables multitudes de pèlerins venus de l'Occident, qu'elle eut souvent à souffrir de leurs violences, et qu'enfin elle devint leur conquête. J'ai fait, à plusieurs reprises, le tour de la cité impériale pour examiner les lieux où campèrent les croisés, les lieux où se dirigèrent leurs attaques ;
i'ai relii les chroniqueurs et les histoiiens des croisades , en présence de ces murailles en ruines qui furent témoins des misères , djes excès et de la bravoure des soldats du Christ. Vous qui connaissez si bien les antiquités de Constantinople , vous aimerez à me suivre dans cette promenade avec les vieux croisés ; vous ne verrez pas sans quelque plaisir nos chevaliers de Flandre ou de Champagne entrer dans Constantinople par des portes que vous avez découvertes vous-même -, tout autre pourrait bien s'ennuyer à la lecture de cette lettre; mais^ erf m'adressant à vous^ je me sens plus à l'aise, car je vais parler à vos souvenirs ^ .
Nous commencerons par la première croisade. La grande armée de Godefroi de Bouillon avait traversé la Thrace ; elle arriva devant Bysance par les routes de Sélivrée et d'Andrinople. Les tentes des croisés se déployèrent sur ce terrain onduleux et découvert, coupé dans tous les sens par des routes la plupart pavées , où se trouvent aujourd'hui les villages de ViiroSy de Maltépé ^ de Daoud- Pacha; j'ai souvent parcouru ce plateau., sur lequel on aperçoit des terres de labour , des vignes , une grande quantité de jardins, et quelques cimetières
' Cette lettre c^t adressée ^ M. Lechevalier que nous avons eu occasion (k citer plusieurs fois dans le cours do ce voyage ; NF. Lechevalier esl , après Pierre Cilles , le preniier (jui ait su déblayer les «lécombres de la vieille Bysance, et ses recherches nous ont l)eauci>np servi pour cette partie de notre travail.
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•plantés de cyprès. Après être restée quelques jours dans ces campagnes voisines de la capitale , l'armée de Godefroi traversa le Cydaris ( maintenant Kiatkana-souiou) sur un pont de pierre et se rapprocha de la rive occidentale du Bosphore.
Les tentes des pèlerins furent plantées dans les vallées de Belgrade et de Pirgos ; les soldats de la croix occupaient les beaux édifices bâtis par les Grecs sur les bords du canal, Godefroi de Bouillon avait son quartier général dans la vallée de Buyukderé, où le voyageur visite avec respect le vaste platane qui porte encore son nom. A la suite de quelques rixes sanglantes entre les Latins et les Grecs ^ Godefroi^ craignant d'être enfermé dans un espace étroit^ se hâta de repasser le Cydaris, et de i^eprendre sa position sur le plateau de Maltépé d'où il dominait la ville. L'armée des croisés se répandit de là dans les campagnes voisines, et enleva tout ce qu'elle put trouver de vivres et de bestiaux. Guillaume de Tyr parle d'un combat qui fut alors livré près de l'église Saint-Côme et Saint-Damien et du palais des Blaquernes, à l'angle nord-ouest de la ville. Anne Comnène ajoute que les croisés entreprirent de mettre le feu à une des portes de la ville, située près de l'église de Saint-Nicolas, Cette porte existe encore maintenant ; les Turcs l'appellent haivan hissari capou ( porte du château des animaux). Elle se trouve en face de la pointe du havre, dans le quartier habité par les Juifs j il pa-
ràît que de ce côté la ville n'avait point de fossés ; aussi les murailles étaient-elles bâties plus solidement 3 elles sont parfaitement conservées ; fondées sur le roc vif et fermées d'énormes pierres, elles préseiftent au premier coup-d'œil l'aspect d'une construction cyclopéenne.
Cependant la paix se rétablit entre les Grecs et les croisés ; Alexis , impatient de délivrer sa capitale du voisinage et de la présence de toutes ces armées qui arrivaient chaque jour de l'Occident, obtint des chefs qu'ils passeraient le détroit avec leurs troupes. D'après les traditions les plus probables, et d'après l'aspect des lieux, on doit croire que la plupart des pèlerins s'embarquèrent aux ports de Thérapia et de Buyuk-déré, et qu'ils abordèrent aux endroits qu'on appelle l'Echelle du grand-seigneur {Soultanié Iskelessi) ; le passage dut se faire en même temps à l'endroit où s'élèvent les deux châteaux, et sur plusieurs autres points de la côte depuis Buyuk-déré jusqu'à la pointe.de Tophana.
Vous savez qu'après la prise de Jérusalem dans l'année n^^ il partit d'Europe d^innomb râbles bandes de pèlerins. Toutes ces bandes passèrent par Constantinople ; elles avaient à leur suite la discorde, la licence, la misère et tous les désordres qu'elle enfante. Les Lombards et les pèlerins d'Aquitaine attaquèrent successivement fa ville impériale, les uns du côté du palais des Blaquernes, les
autres près de la porte oblique appelée aujourd'hui Egri'Capou. Ces attaques qui n'étaient que l'œuvre de la discorde et de la sédition^ n'offrent rien d'assez important pour que l'histoire s'y arrête; seulement, on sç rappelle avec un intérêt de curiosité ces lions et ces léopards nourris dans les fossés de la ville , que l'empereur voulut opposer à, la bravoure des guerriers francs ; dans cette lutte étrange qui retraçait en quelque sorte une image des combats du cirque, on vit des croisés blessés ou déchirés sous les griffes ou sous la gueule de ces bêtes du désert , devenues en ce moment comme les gardiens de l'empire ; mais bientôt les lions, dit Orderic Vital, furent tués à coups de pieux et de javelots, les léopards effrayés s'enfuirent en grimpant comme des chats le long des murs , et les Latins, vainqueurs de ces animaux terribles , remplirent d'épouvante la capitale d'Alexis.
Lorsqu'on relit les chroniques contemporaines, et qu'on y voit la haine qui animait les guerriers de l'Occident contre l'empereur grec, lorsqu'on voit d'un autre côté quelle était leur multitude , quelle était leur audace , on s'étonne que Bysance ne soit pas tombée, au pouvoir des iMins dès le temps de la première croisade. Dans la seconde guerre sainte, la cité impériale eut encore à souffrir de la présence de deux grandes armées. L'armée des Allemands, à son arrivée devant Constantinople, campa non loin de la capitale, vers ces
douces retraites où Von vient oubl^r les ennuis de la ville^ lieux enchantés oh les fleurs exhalent partout leur^ parfums j et que des arbres touffus couvrent du leurs frais ombrages. Cinnam dont j'emprunte ici les expressions, désigne par ces paroles la vallée des eaux douces déjà renommée à cette époque comme un site charmant et comme le rendez-vous des habitans de la capitale. L'histoire ne dit pas que les Allemands aient commis aucune violence envers les Grecs ; les croisés français conduits par Louis VIÏ , quoiqu'ils eussent été mieux accueillis que les Allemands, montrèrent moins de modération; pendant qu'ils campaient stir les bords du Cydaris , uil tremblement de terre renversa une partie des murailles de la ville du côté de la campagne : l'évêque de Langres proposa aux chevaliers et aux barons d'entrer dans Bysance par le chemin que la Providence venait de leur ouvrir. L'empereur Manuel Comnène qui régnait alors, eut beaUcôlip dé peine à déterminer les pèlerins de France à passer le Bosphore, et lorsque ceux-ci furent campés sur la rive asiatique, ils Éje repentirent avec amertume d'avoir laissé derrière eux une ville ennemie. Dans la troisième croisade , les Français et les Anglais prirent lu. route de là mer; les 'croisés allemands traversèrent seuls l'empire grec; Frédéric Barberousse qui les conduisait avait ravdgé la Thrace, et s'était emparé de toutes les Tilles îJituëe.«i sur sdn passage ; l'empereur Tsaac Lange ^ ^près avoir
opposé une vaine ostentation à la marche triomphanle de Frédéric^ s'occupa prudemment de détourner l'orage qui menaçait la capitale, et détermina l'empereur d'Occident à s'embarquer avec son armée à Gallipoli. Ce n'est que douze ans après la troisième croisade que devaient s'accomplir les menaces des guerriers latins et que la superbe Bysancc tomjba au pouvoir des Vénitiens et des pèlerins venus de la Champagne et de la Flandre.
Nous allons suivre ici pas à pas un chroniqueur, témoin oculaire et compagnon d'armes des croisés. La flotte de Venise qui portait les guerriers de l'Occident, aborda à Calcédoine, puis à Scutari que la chronique appelle Scutaire; l'armée des croisés débarqua sur cette partie de la côte , et campa pendant quelques jours dans cette vaste plaine que nous voyons aujourd'hui couverte de tombes et de cyprès. Les chefs de la croisade, dit Villhardouin , tinrent leur parlement, et ce parlement îuX tenu à cheval, au milieu des champs. Ils voyaient devant eux , d'un côté , Bysance avec ses hautes tours , de l'autre , la colline des Figuiers , appelée maintenant la colline de Péra, où l'usurpateur Alexis avait fait assembler une armée. Ce spectacle ne fît qu'exciter leur enthousiasme guerrier ; les trompettes donnèrent le signal, et les croisés^ rentrant dans leur flotte ^ débarquèrent sur le rivage d'Europe j la partie de la rive où ils firent leur débarquement est celle qui s'étend entre Bechiktach et
la pointe de Tophana; les Grecs n'osèrent point attendre les croisés et revinrent dans Constantinople sans combattre; les Latins vinrent camper devant la tour de Galata, où aboutissait la chaîne qui fermait le port^ et bien virent les barons se ils ne prenoient cette tor et se ils- ne rompaient cette chaîne j ils étaient morts et mal baillis. Les croisés^ après avoir passé la nuit dans le quartier habile alors par les Juifs ^ se disposaient à livrer un assaut à la forteresse; les Grecs qui la gardaient, firent une sortie et furent repoussés ; les guerriers latins lei poursuivirent et entrèrent dans la tour ; ainsi fu le chastiaux de Galathas pris^ et H part de Canstantinaple gagné par force. La flotte de Venise put alors briser chaîne et entrer dans la corne d'or.
La tour de Galata, long-temps occupée par les Génois sous les empereurs grecs, avait été conservée jusqu'à nos jours. Depuis la domination des Turcs, elle servait de fanal et de lieu d'observation pour les incendies ; un incendie l'a détruite il y a quelques mois. On s'occupe maintenant d'en abattre les décombres, pour rebâtir une tour nouvelle qui aura la même destination. Le lieu où aboutissait la chaîne qui fermait le port, a été reconnu par Pierre Gilles, qui nous dit que de son temps on appelait ce lieu. Porta Catena; la porte de la ville à laquelle cette chaîne était attachée, existe encoi^ sous le nom de halouk-basar ( la porte du marché aux poissons ).
Maîtres de Galala , les croisés résolurent d'altaquer la ville impériale par {erre et par mer; la flotte vénitienne s'avança vers le fond du havre ; les croisés français traversèrent le Cydaris sur un pont de pierre , et vinrent camper entre le palais des Blaquernes et le chastel de Bohemond y qui ère une ahaye close de murs ( le Cosmidium ou le monastère de Saint-Come et Saint-Damien). Le maréchal de Champagne, en racontant les événemens du siège , nous dit que Tarmée des chevaliers et des barons ne put assiéger qu'une des postes de Constantinople; et ce fut mult grant merveille , que pour un homme qui étoit en Vost ^ étoient-ils deux cents en la ville. Le chroniqueur ne désigne pas dans son récit la porte qui fut assiégée ; mais on doit croire que les Français, dans leurs attaques, se rapprochèrent le plus qu'ils purent de la flotte de Venise ; leurs échelles , dit Villhardouin , furent dressés a une harhacane emprès la mer. L'historien grec Nicétas rapporte que les Flamands et les Champenois s'avancèrent du coté du monastère de Saints Côme et Damien , et qu'ils vinrent camper auprès de la colline, d'où s'apercevait le palais des Blaquernes; les habitans voyaient du haut des murs ( c'est toujours Nicétas qui parle), les tentes de leurs ennemis, et pouvaient entendre parler ceux qui campaient à Geroslemur y dont ils ne se trouvaient séparés que par le rempart. Il faut conclure des récits de Nicétas et de Villehardouin que les tentes
(les croisés couvraient l'espace occupé aujourd'hui par le village ou le faubourg à'Eyoub , et qu'elles s'étendaient vers Textréraité méridionale du port.
Le point d'attaque qu'avaient choisi les croisés français était celui qui présentait le plus de difficultés, pour un assaut; les murailles devant lesquelles ils étaient campés , et qui existent encore en partie, s'élevaient plus haut que partout ailleurs ; les Grecs ne leur laissaient point de repos , et sortaient par une porte située au-dessus du palais des Blaquernes ( vraisemblablement la porte oblique ou la porte Karsia Poli , appelée aujourd'hui Egri Capou ). Dans un assaut général , quinze guerriers français seulement parvinrent au sommet d'une échelle, et deux d'entre eux furent faits prisonniers. L'attaque des Vénitiens, du coté du port, fut plus heureuse; la flotte s'étendoit a trois arbalètées, le long des remparts. Les mangonaux firent une large brèche, par où les assaillans se précipitèrent sur les pas de leur doge , qui vieil home étoit et goûte ne veyoil. Vingt-cinq tours qui gardaient la ville du côté du port , tombèrent au pouvoir des Vénitiens. Les Grecs accouraient de toutes parts pour repousser leurs ennemis victorieux ; ceux-ci mettent le feu aux quartiers voisjns des murailles, et se retranchent derrière un vaste incendie.
Ce fut alors que l'empereur Alexis sortit avec toute son armée, par autres portes situées bien loin d'une lienc de Vost. Ces portes ne pouvaient être
que la porte Dorée, la porte Selivrée et la porte Bouchée {Kapaneu, Capouni) ; Bien semhloit périllose chose y ajoute Villhardouin , que les croisés françois navoient que six batailles , et les Grecs en avoient bien soixante. Le doge de Venise , averti du danger où se trouvaient les chevaliers et les barons ^ accourut avec les siens. L^armée impériale s'était approchée à la portée du trait; mais l'empereur Alexis ^ soit qu'il fût satisfait d'avoir suspendu l'attaque des Vénitiens^ soit qu'il n'osât combattre les guerriers français^ se retira tout à coup vers Philopas, Philopas on Phi lopatrium y était un palais impérial bâti hors de la ville ^ près de la porte Selivrée. Il n'en reste plus aucun vestige; les Grecs ont eu long-temps en ce lieu une chapelle qu'ils appelaient Balukli , ou l'église des poissons \
Cependant l'usurpateur Alexis résolut d'abandonner sa capitale, et toutes les hostilités furent
• Beaucoup de voyageurs ont parlé de ce caloyer qui faisait frire des poissons le jour de l'entrée de Mahomet II à Constantinople : comme on lui annonçait le triomphe des Turcs , a Bah ! s'écria-t-il , je croirais plutôt que ces poissons vont ressusciter et sortir de la poêle. )x Et ausitôt le cçuobite incrédule vit les poissons sauter dans un baqnel d'eau qui était près de là. L"* église , bâtie en mémoire de ce miracle , a été détruite par les Turcs au commencement de la révolution grecque 5 mais la légende veut que les poissons , qui datent de la conquête de Mahomet II , aient survécu à ce dernier désastre. Nous avons vu au milieu des ruines de l'égUse grecque un pauvre caloyer qui entraîne le voyageur auprès d'un petit bassin , pour lui redire encore : Jdhos psari , e [Jeudi; Voici les poissons , monsieur. Il faut dire en passant que celte histoire est une fable comme on en raconte beaucoup eu
suspendues. Lorsque, plus tard, la guerre recom- ;mença , les croisés n'attaquèrent point la cité impériale du côté de la terre. Les Vénitiens et les Français réunirent tous leurs efforts contre les remparts qui bordaient le havre; on avait disposé les attaques de telle manière, qu'au rapport de Vil- Ihardouin, le premier assaut s^ étendait a une demilieue française. Cet assaut dura jusqu'après l'heure de nones ; on se battait mult dur en plus de cent lieux à la fois. Les croisés ayant été repoussés, les chefs tinrent parlement, et décidèrent qu'on recommencerait l'attaque; le second assaut fut plus vif que le premier, et dans le choc du combat, il semblait que la terre se fondit. L'attaque dura ainsi longuement, tant que notre sire Jésus-Christ fit lever un vent qu'on appelle boire (borée ou le vent du nord ) et bota les nefs et les vessiaux sur la rive plus quils n étaient devant. Deux nefs liées ensemble, dont l'une avait nom la Pèlerine, Vautre li Paradis, approchèrent a une tor l'une d'une part, l'autre de l'autrej bientôt un Français et un Vénitien parviennent à la tour ; ils sont suivis par les plus braves de leurs compagnons ; on dresse ensuite les échelles contre les murs; quatre tours sont prises ; on abat trois portes de la ville ; telle est la relation abrégée
Orient j à Tépoque du siège de ConsUntinople par les Turcs, toutes les campagnes voisines devaient ôtic occupc^s par les armées dn Croissant , et les guerriers musulmans ne devaient guère laisser aux caloycrs qui élaieal aux portes de la «apilale ^le loisir de faire frire des poissouii.
du maréchal de Champagne; Nicétas qui raconte les mêmes événemens^ rapporte que deux soldats^ montés sur une échelle vis-a-vis du Pitrion \ montèrent dans une tour ; en même temps uii soldat nommé Pierre, qui avait la taille d'un géant et dont le casque était comme une tour, entra par la porte rfui était près du Pitrion > Cette porte a été conservée, et les Turcs l'appellent Pétri capoussi. Elle était dans lé quârti^t- désigné par Phranses sons le nom de regio Pétri. Les trois portes dont parle Villhardouin , et qui furent prises d'abord par les croisés, étaient sans doute la Porte sainte, celle de Petrion^ et la porte impériale ; elles existent encore toutes les trois; la première est appelée Aia-kapoussiy la seconde, comme je viens de le dire, Pétri capoussi; là troisième Balart ou Palat (porte du palais). Nicétas dit qu'il se fît un grand carnage à cette dernière porte et dans le voisinage du palais des Blàquernes. Alexis Mursuffle, qui avait usurpé lîl pourpre, voyant les Latins maîtres de la ville, c/tevaucha^ àil Villhardouin , par plusieurs rues, le plus loin qu'il put, de celle de VOst^ et vint à une porte qu'on appelle /9or^e Oirée (porte Dorée) par laquelle il déguerpit de la cité. » Ainsi Constantinoplefut prise par les croisés l'an i2o4; le lundi de Pâques-fleuri.
La porte Dorée par laquelle sortit l'usurpateur Mursuffle, est située à l'angle oriental de la ville. Ce fut de ce coté là et par cette même porte, que
les Grecs rentrèrent dans la cité impériale^ soixante ans après la conquête des Latins. Une maison de ce quartier^ située près des remparts, avait une issue secrète dans la campagne ; quelques soldats de Jean et de Michel Paleologue pénétrèrent par cette issue, abattirent à coups de hache la porte Dorée, et la ville fut reconquise. J'ai passé plusieurs fois devant la porte Dorée, qui fut mu;ée dans les derniers temps du Bas-Empire à cause de certaines prédictions et qui n'a pas été rouverte par les Turcs.
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