‹ Correspondance d'OrientChapitre 26 sur 62 · LETTRE LXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVIII

Tenedos.

Tenedos, le 20 octobre 1830.

En entrant dans le port , nous avions à notre droite , la citadelle avec ses tours élevées , devant nous la petite ville de Tenedos , bâtie sur un coteau. Nous avons voulu voir d’abord l’agent consulaire de France ; un Grec nous a conduits dans le haut de la ville ; après avoir traversé une rue étroite , sale et déserte , nous sommes entrés dans une petite maison délabrée , dans une véritable masure , où nous avons trouvé il signor Demerani, étendu sur quelques planches recouvertes de la moitié d’une natte. Il signor Demerani représente le royaume de France à Tenedos. Son excellence n’a pu nous offrir ni la pipe ni le café ; comme elle n’avait pas même un divan pour nous faire asseoir, elle nous a proposé de nous donner son audience en plein vent , et de nous conduire sur les hauteurs voisines , d’où nous pourrions voir à notre aise toute l’étendue de l’île , ainsi que la mer qui l’environne ; cette proposition était tout-à-fait de mon goût , et nous avons suivi le consul. Nous avons d’abord visité les lieux où croît la vigne. Les ceps qui couvrent les coteaux de l’île sont cultivés comme en Bourgogne et dans nos meilleurs pays de vignobles; ils ont l’avantage de n’être jamais exposés ni à la grêle , ni à la gelée , et la récolte est presque toujours la même. Le vin rouge de Tenedos, qui ressemble un peu au vin de Bordeaux de la seconde qualité , a dans le Levant une assez grande réputation. Malheureusement, il ne supporte pas la mer , et ne se conserve pas long-temps dans les caves. L’île produit un peu de blé et quelques légumes ; beaucoup de terres restent incultes; nous avons trouvé quelques figuiers et quelques amandiers. On trouve dansl’île une grande quantité de perdrix rouges, beaucoup plus grosses que les nôtres, et dans le temps du passage des

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cailles, tout le territoire est couvert de ces oiseaux voyageurs ; l’eau de Tenedos est excellente ; dans toutes les parties de l’île , il y a des sources. Comme Virgile fait venir de Tenedos les serpens qui dévorèrent Laocoon et ses fils, j’ai voulu savoir s’il y avait dans l’île quelques serpens dont la forme pût rappeler les traditions de l’épopée ; il signor Demerani m’a dit qu’il n’avait jamais vu le moindre reptile dans ses courses ; il faut conclure de là que les serpens sont tout-à-fait de l’invention du poète. Sur un des sommets de l’île, vers l’ouest, on nous a montré un bouquet de bois ; derrière ce sommet couvert de bois, sont deux rochers nus qui bordent la mer ; c’est là que se cacha la flotte des Grecs, la veille du sac d’Ilion. J’ai interrogé là-dessus le consul français, mais ses connaissances historiques ne remontent pas si loin.

Après avoir parcouru une partie de l’île, nous sommes descendus dans la ville. Cette ville est petite et mal bâtie ; elle n’a pas trois mille habitans avec la garnison du fort , et c’est là toute la population de Tenedos ; car dans les autres parties de l’île, il n’est pas un seul lieu qui soit habité. La ville compte à peu près autant de Grecs que de Turcs. La cité a une mosquée et une église ; les deux religions s’accordent assez bien ensemble ; il y a quelques mois que la Forte a mandé à Stamboul quatre primats de Tenedos, pour savoir si les Grecs avaient des plaintes à former; les primats ont répondu que la population grecque de l’île était contente du gouvernement ; le pays n’a aucun genre d’industrie ; quand leurs vendanges sont finies, les bourgeois de Tenedos n’ont plus rien à faire , et passent leur vie au café. Il signor Demerani nous a présentés aux notables du lieu, assemblés autour d’un mangal , espèce de brasier auprès duquel on se chauffe en hiver. Les Grecs de Tenedos ne ressemblent point à ceux que nous avions vus sur les côtes d’Asie ; la révolution de Morée ne les préoccupe point ; ils paraissent plus tranquilles et plus heureux.

Comme la nuit approchait, j’ai songé à regagner notre petit navire génois. Le consul de France a voulu m’accompagner; chemin faisant, il m’a dit qu’il appartenait à une famille noble de Venise, et que depuis trente-six ans, il était per la natione francese ; comme il parlait toujours italien, et que cette langue ne m’est pas familière, je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas appris le français. — Pour acheter une grammaire, il lui aurait fallu délia monetta , et la monetta lui avait toujours manqué. — Il a fini par m’avouer qu’il était pauvre comme

Job, et qu’on l’abandonnait dans sa misère. C’est une pitié, mon cher ami, que de voir cette diplomatie française de l’Helicspont et des îles. J’avais déjà vu aux Dardanelles un drogman du consulat français, qui ne paraît pas mieux traité que ce pauvre Demerani; c’est le fils de l’israéiite Germano qui avait aidé M. deChoiseul dans ses recherches; vous voyez, me disait-il, en me montrant les lambeaux dont il était couvert, comment on traite le fils de celui qui a trouvé le tombeau clu grand Achille.

J’aurais bien voulu retenir à souper signor Demerani ; mais plusieurs raisons s’y opposaient; d’abord, nous n’avions que peu de provisions ; ensuite il faut vous dire que je n’ai qu’une petite chambre qui n’a tout au plus que cinq ou six pieds carrés, et dans laquelle plusieurs personnes ne peuvent se trouver ensemble; je suis bien sûr qu’ Ulysse et ses compagnons se trouvaient plus à l’aise dans le fameux cheval d ’Epeus ; la place est même si peu commode, que je suis obligé de suspendre ma lettre, et je laisse à M. Poujoulat le soin de terminer mon récit. Comme il est resté à terre, il pourra vous parler du corps diplomatique de Tenedos qu’il n’a point quitté, et dont il a été parfaitement reçu.

P. S. Pendant que M. Michaud était enfermé dans son cheval de bois, comme il vient de vous le dire lui-même, moi, qui ne puis trouver du sommeil dans un navire, je suis resté avec les trois consuls de Tenedos. Le représentant de la France, déjà cassé par l’âge, porte avec peine le poids de ses trente-six ans de service ; son bonnet noir et son manteau gris, tant soit peu usés, sembleraient, comme lui, aspirer à la retraite. Le consul de Sardaigne est moins misérable que notre consul ; les armes de son souverain brillent sur la porte de sa cabane de pierre ; il ne s’est jamais occupé de savoir dans quelle partie du monde se trouve la Sardaigne, mais il est consul sarde; il ne jette que des yeux superbes sur ce pauvre peuple de Tenedos, et le roi Tenès qui donna son nom à Fîle, était moins fier que lui. Le Grec qui représente la Russie et la Hollande, est le plus riche et le plus puissant des trois consuls ; il est comme le chef de la diplomatie de Tenedos, et c’est à lui qu’aboutissent les grandes affaires (c’est-àdire les fournitures de vin aux ambassades d’Europe établies à Péra). Sa maison est la plus belle de la ville, et son écusson consulaire qu’il fait repeindre trois fois par an, plus large et plus brillant que l’écusson sarde, plus propre que celui de France, annonce aux passans que là

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réside la représentation d’une puissance du premier ordre ; c’est dans la maison du consul de Russie que j’ai eu l’honneur de passer les deux nuits qui viennent de s’écouler ; un matelas sur une natte était mon lit; des confitures grecques, des figues, des raisins secs et le vin du cru, composaient mon festin du soir; le consul avait mis son manteau rouge et s’était coiffé de son plus beau turban ; sa femme avait déployé ses robes les plus riches, pour donner plus de solennité à la réception d’un voyageur européen ; il ne s’agissait de rien moins que de l’honneur de la Russie, et la gloire moscovite eût souffert quelque chose, si, dans une occasion semblable, une parure fût restée dans l’armoire , et si un seul diamant n’eût pas été étalé au grand jour.

Tenedos, comme vous le savez déjà, a un café, rendez-vous des habitans grecs et turcs. C’est là qu’on raconte les histoires des pays voisins, qu’on parle des affaires, et des navires qui passent et repassent dans l’Hellespont; c’est là que coulent sans cesse les flots dorés de la liqueur d’Orient, et que le divin chibouc laisse échapper nuit et jour sa fumée odorante. MM. les consuls fréquentent assidûment ce lieu de réunion, car on ne connaît point ici de manière plus économique de passer son temps , et chacune de leurs excellences peut y rester toute la journée, entre la pipe et le café, avec le mdngal à discrétion, pour cinq ou six paras, qui ne font pas un sou de notre monnaie. C’est là aussi que j’avais coutume de me rendre, pour m’entretenir avec les consuls, et me mêler avec les notables et les conteurs de Tenedos. MM. les consuls et moi , placés ensemble sur une estrade élevée, entourés d’une trentaine d’insulaires, qui avaient les yeux attachés sur nous, nous avions l’air d’être venus là pour prononcer quelque harangue ; je crois qu’avec un peu d’imagination, on eût pu prendre le café de Tenedos pour un forum ou un aréopage.

On m’a d’abord questionné sur la révolution de Paris ; je n’en savais guère plus là-dessus que les Grecs de Tenedos; MM. les cousuls me demandaient des nouvelles de la dynastie qui venait de monter sur le trône du dernier roi ; c’est sans doute, me disaient-ils, la famille de Bonaparte ; j’ai répondu que Napoléon Bonaparte une fois mort, tout était fini pour sa race, que son fils était retenu dans la Germanie, et qu’il n’y avait plus de main assez puissante pour manier l’épée de l’empereur. Les paroles ne suffisent point pour peindre la surprise de tous les consuls et de tous les bourgeois de Tenedos quand je leur

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ai dit que les Bourbons exilés avaient été remplacés par d’autres Bourbons leurs parens. Le consul de France ne pouvait lui-même s’expliquer une semblable révolution ; il n’avait pas eu connaissance de l’élection du peuple et du vœu de la nation ; les politiques de Fîîe de Tenès n’étaient pas assez avancés dans la science constitutionnelle, pour comprendre les attributions d’une chambre des députés, et pour savoir tout ce qu’elle peut faire dans un changement de dynastie. Du reste , notre discussion sur ce point a fini par des lieux communs qu’il est inutile de répéter, et MM. les consuls, croyant qu’il n’était pas convenable de parler devant moi de la révolution de France, sans rendre hommage à sa gloire, se sont mis à crier comme pour me faire honneur : Vivo, la liberia ! riva la liberia!

Puis, par une transition qui ne vous paraîtra peut-être pas naturelle ; « Quelle belle langue que la langue française i s’est écrié le consul sarde en mauvais italien; combien j’aimerais à savoir la parler ! » Les autres consuls, qui n’en savent pas plus que lui, étaient tout-à-fait de son avis ; il signor Demerani , chargé de représenter toutes les gloires de la France, parmi lesquelles on peut bien compter la langue de Racine et de Fénélon, renchérissait sur tout ce que les autres avaient dit, avec un enthousiasme qui lui aurait mérité les éloges de vos trente-neuf confrères. Ici le consul de Russie m’a fait part du projet qu’il avait formé d’aller à Paris ; il espérait rapporter de son voyage la science , la liberté , le bonheur , et surtout une bonne quantité de mots français. « Ma femme, me disait-il, cherche à me détourner de mon dessein ; mais je veux qu’elle m’accompagne ; je destine pour cela quatre cents thalaris (deux mille francs). » Je l’ai beaucoup encouragé à suivre son projet; je lui ai parlé des avantages qui pouvaient en résulter pour lui et pour les habitans de Tenedos ; il m’a répondu qu’il était tout-à-fait décidé, et nous nous sommes promis de reprendre à Paris notre discussion sur la langue française, qu’il serait alors plus à portée d’apprécier.

Tels ont été, le premier jour, nos entretiens avec les consuls de ïenedos; le lendemain, réunis encore dans le café, nous avons traité d’autres sujets. Cette fois-ci, j’ai laissé l’histoire du temps présent pour parler à mes hôtes d’un passé qui fut un peu leur histoire. J’ai prononcé devant eux, en face du rivage troyen, les noms de Priam et d’Hector, d’Agaraemnon et d’Achille ; les consuls et les Grecs qui m’écoutaient, connaissaient le nom de Troie, de cette Troie nouvelle

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que fit bâtir Alexandre au bord de la mer ; mais l’antique ville d’Assaracus, mais tous les héros d’Homère, le siège et la destruction d’ilion, toutes ces merveilles des temps héroïques n’avaient jamais frappé leurs oreilles; à plus forte raison ignoraient-ils que deux serpens fussent partis à cette époque des rives de Tenedos pour dévorer un prêtre de Minerve-Ilias, et que la Hotte des Grecs, sortie de l’embouchure du Scamandre, se fût cachée derrière la côte occidentale de leur île, la veille de la prise de Troie ; tout ce qu’ils savaient en fait d’histoire des temps passés, c’est que les Russes, à la fin du siècle dernier, avaient fait une descente dans l’île, et que le pays n’avait point encore réparé les ravages qu’ils y avaient causés. Yoilà quelles ont été mes conversations avec les représentai de l’Europe à Tenedos, au milieu du plus pauvre des peuples, et sur le rivage le plus triste qu’on puisse voir dans les contrées où nous sommes.

Route de Tenedos à Mitylène.

Mitylène, le 22 octobre 1830.

Nous sommes restés deux jours dans le port de Tenedos, où nous n’étions défendus de la violence des vents et de la fureur des ondes que par d’énormes quartiers de rochers, qui semblent placés là par le hasard plutôt que par la main des hommes ; au-dessus de ces rochers* les flots de la mer Égée bondissaient et retombaient en écume; en me promenant sur le pont de notre navire, j’ai pu reconnaître à loisir l’exactitude de Virgile, lorsqu’il dit de ce port situé en face du rivage de Troie, malefida carinis.

Quand nous sommes partis, le 21 octobre au matin, la mer était encore très-agitée ; nous ne perdions pas de vue le Gargare où les. tristes frimas ont remplacé l’hyacinthe, le lotos et les autres fleurs qui ornaient la couche de Jupiter et de Junon. Nous avons pu revoir, en suivant la côte, les forêts de chênes velanides que nous avions traversées dans notre route du cap Lectos à la source du Scamandre ; nous avons revu les plaines et les vallées arrosées par la rivière de Toula, et les collines où se trouve bâti le joli village de Kiolafli ; tous ces paysages aperçus de la mer et dans une autre saison, nous apparaissaient sous un aspect nouveau. Le vent nous emportait avec rapidité, et trois heures après notre départ de Tenedos, nous étions dans la rade de Baba.

À peine débarqués sur la rive, nous avons gravi à la hâte la montagne sur laquelle la ville est bâtie. Nous étions impatiens de revoir une cité dont nous n’avions pas perdu le souvenir, et nous y avons tout retrouvé, comme nous l’avions laissé. C’est toujours la même garnison qui , la nuit , jette des cris d’alarmes de quart d’heure en quart d’heure; c’est toujours la même musique, ou plutôt le même charivari turc dans le château ; c’est le même muézin dont la voix aérienne appelle les fidèles à la prière ; dans le café où nous avions

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logé, ce sont toujours les mêmes figures, qui restent là avec la même physionomie et dans une attitude immobile comme les personnages d’un tableau d’histoire. Nous n’avions pas renoncé à voir les ruines d’Assos; mais cette fois les précautions étaient prises ; on nous avait donné le nom turc que portent aujourd’hui les ruines de l’ancienne ville; c’est le village de Behram; à notre premier passage, nous avions parlé d’Assos et personne ne nous avait compris; le village de Behram était connu de tout le monde; il est situé sur la cote du golfe d’Adramytte, à cinq ou six lieues de Baba. Nous avons eu d’abord la pensée d’y aller par mer; mais le vent était contraire; pour ne pas perdre trop de temps, il a été décidé entre nous que M. Poujouiat ferait la route par terre, et qu’il suivrait la côte jusqu’à Behram ; pour moi, je regrettais que mes forces et mon état de santé ne me permissent pas de faire cette course pénible. Il a fallu me résigner; mon jeune compagnon est parti avec un Grec de Baba , et je suis revenu tristement dans notre navire génois, qui avait jeté l’ancre à quelque distance de la côte.

J’espérais que M. Poujouiat serait de retour le lendemain 23 octobre et que nous repartirions ensemble, pour reprendre la route de Smyrne. Lorsqu’il a été parti, j’ai passé toute la journée à regarder les rochers déserts du rivage, et les navires que le vent poussait dans la rade; à l’approche de la nuit, le vent soufflait avec plus de violence ; nous éprouvions des roulis insupportables; une de nos ancres s’est cassée, et notre frêle embarcation risquait d’être jetée sur la rive ; la journée du 22 a commencé sous ces tristes auspices. Nous attendions le retour de M. Poujouiat, et je ne perdais pas de vue les chemins par lesquels on descend des montagnes; personne ne paraissait; le vent du midi qui soufflait avec force, nous portait vers la côte ; notre position devenait dangereuse ; le capitaine m’a déclaré que nous allions faire naufrage, si nous ne prenions le large; j’ai consenti à ce qu’il s’éloignât de la rive , espérant que le vent changerait et que nous pourrions revenir dans la journée. Toutefois, comme l’orage pouvait nous entraîner, j’ai pris le parti d’envoyer par un canot un billet à l’adresse de M. Poujouiat; ce billet devait attendre au café de Baba mon jeune compagnon, pour l’avertir que les vents nous avaient emportés, et que nous reviendrions bientôt ou que nous l’attendrions dans un port de l’île de Metelin. A peine les matelots qui avaient porté mon billet,

sont-ils rentrés dans le navire, que la tempête est devenue plus forte,

et que nous avons bientôt perdu de vue la côte d’Asie ; après avoir essayé vainement de lutter contre les vents et les vagues en courroux, nous avons été poussés dans le canal de Metelin ; la journée était déjà fort avancée , et nous étions vers les cinq heures du soir à sept ou huit lieues du point d’où nous étions partis ; la ville de Metelin ou de Castro se présentait sur la côte de l’ancienne Lesbos. On nous avait dit que les parages où nous nous trouvions étaient infestés de pirates et de brigands qui couraient le long des côtes dans des barques ; d’un autre côté, les vents contraires ne nous permettaient plus de regagner Baba. Nous n’avions rien de mieux à faire que d’entrer dans le port qui se trouvait devant nous; mon premier soin, en débarquant, a été de me rendre chez l’agent consulaire de France , et d’envoyer un exprès à Baba , pour avertir M. Poujoulat que nous l’attendions à Metelin.

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