‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 140 sur 162 · A MADAME DE DOC DON VILLE · texte numérisé non relu

A MADAME DE DOC DON VILLE

Juillet 1856.

Chère amie, j'avais été bien charmé d'apprendre que madame G'" était près de vous; malheureusement, deux lignes plus loin, je vois que cette amie vous quitte. Ne pourriez-vous aussi aller à Aix-la-Chapelle? Je suis sûr que B se trouverait mieux de ces dernières eaux. Est-ce que vous êtes encore de ces bonnes gens qui croient aux prescriptions hippocratiques"?

J'ai été bien touché que vous ayez pris la peine de m'écrire vous-même. Je ne puis vous répondre sur M. L*** La dernière fois que j'ai vu M. G"*, il ne m'en paraissait pas satisfait. Je n'en ai pas été surpris. Comme j'ai été sans sortir, je n'ai pu rien savoir; dans quatre ou cinq jours j'espère me permettre quelques courses; j'aurai peut-être du nouveau à vous apprendre. Puisse-t-il être ce que nous souhaitons tous !

Vous êtes dans un bien beau pays, m'écrit BTT\ Proîitez-en pour faire quelques courses, si toutefois la chaleur vous le permet : ici, elle est accablante.

11 me semble n'avoir vu depuis longtemps de nos amis communs.

Boulav-Patv est ^ns doute tout à ses nouvelle- fonctions.

DE BÉRANGEIt. 517

Quant à moi, tout malade que je ne eesse pas d'être, je suisaccablé de visites : vous devez bien me plaindre, je vous assure.

Quand vous reverra- t on à Paris? Donnez-moi de l'espoir dans votre prochaine lettre ; j'espère qu'elle me trouvera en bonne santé et tout prêt à vous aller rendre visite.

En attendant, tout à vous de cœur.

A MONSIEUR DE BOUDONVILLF

À vous, mon cher B***; êtes-vous toujours satisfait de votre eau chaude? Comment pourrez-vous avaler tout cela? Et vos bains donc ! S'il fait aussi chaud là-bas qu'ici, vous n'en sortirez que cuit. Le pauvre Fortoul n'en a pas pris plus de deux, et il en a eu trop1. Voilà une famille bien renversée. Hélas! à quoi tiennent les grandeurs de ce pauvre monde!

Ce que je vous souhaite à tous les deux, c'est que la chaleur devienne supportable et que vous puissiez faire de bonnes longues promenades. Ce serait là une jouissance à laquelle votre femme ne serait pas insensible, et votre santé s'en trouverait bien.

Quoi ! mademoiselle Rachel est auprès de vous et malade aussi ! La tragédie est encore plus malade qu'elle.

Elle a eu raison de faire des économies.

Adieu, cher et bon B*** ; ne m'oubliez pas où vous êtes, et croyez que je suis bien souvent préoccupé de vous et de votre femme.

A vous et à toujours.

P. S. Je n'ai personne à envoyer à la poste; il faut que je vous laisse payer le port; de plus, voilà Bretonneau qui m 'arrive2.

1 M. Fortoul est mort aux eaux tTEms le 7 juillet 1856.

2 Cette lettre est, avec la précédente, la dernière que Béranger ait écrite aux

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