A MONSIEUR TROUSSEAU
limai 1857.
Mon cher Trousseau, si vous pouvez me venir voir aujourd'hui, venez. Tout à vous de cœur.
CCGVI
A MONSIEUR EDOUARD TLOUVIER
14 mai 1857.
Mon cher Plouvier, vous désirez que moi, pauvre vieillard, assis sur le bord de la tombe, j'écrive ici quelques mots pour vous exprimer le regret de ne vous avoir pas offert ces volumes, lorsqu'il m'eût été si doux de vous donner un témoignage de toute l'amitié que je vous porte et de la part que j'ai prise à vos profondes douleurs, si bien justifiées par la perte affreuse que vous avez éprouvée1.
Ces mots, je les écris d'une main tremblante, mais qui serre la vôtre de tout cœur, et je vous souhaite toutes ces
1 Madame Plouvier (Lucie-Mabire) venait de mourir des suites d'une chute faite au théâtre.
consolations qu a votre âge on peut espérer, mais qu'on n'attend plus au mien. A vous pour toujours.
CCCYII
A MONSIEUR TROCSSEAl
Vendredi soir.
Mon cher Trousseau, je vais de moins bien en moins bien. Les fameuses pilules de Tours ont jeté un grand désordre dans ma pauvre carcasse. Je vous conterai tout cela si vous pouvez me donner un moment. Je ne mange plus, je ne bois plus, mais j'ai constamment envie de dormir. Mon sommeil est très-mauvais. Que faire? Je ne prends plus rien en vous attendant. À vous de cœur1.
A MONSIEUR CD. BERNARt'.
Samedi, cinq heures du malin.
Mon cher Bernard, je viens de passer une affreuse nuit : viens le plus tôt possible.
Je voudrais bien que Trousseau put venir aussi.
à MADEMOISELLE DUBOIS-DAVESN E
Paris, 5 juin 1837.
J'apprends l'affreuse nouvelle2, chère Fanny. Croyez à toutes mes larmes.
1 Lettre communiquée par M. Romiguière. M. Trousseau a soigné Béranger avec le plus grand dévouement pendant quinze mois. A quelque heure et au milieu de quelque clientèle qu'on l'allàt chercher, il accourait sans retard, ayant à cœur de faire jusqu'au bout pour le poète, au nom de sa propre amitié, toût ce qu'eût fait l'amitié de M. Bretonneau, son maître.
- La nouvelle de la mort du fils de M. Dubois-Davesne, Qui venait de périr dans le feu.
Que ne puis-je voler un moment auprès de vous tous ! Pauvres amis! que puis-je pour vous? Malheureusement rien. Oh! que Judith évite une grande douleur! Si je puis vous servir à quelque chose, écrivez-moi.
Je vous embrasse tous en pleurant.