‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 20 sur 162 · XL1X · texte numérisé non relu

XL1X

A MONSIEUR F. R E T 0 N N E A l

Passy, 9 décembre 1849.

Cher ami, je reçois enfin une troisième lettre de M. B***, qui nous rassure. Il y aura demain huit jour?* qu'il nous donna la nouvelle du danger que vous couriez. Je ne vous dirai pas quelle fut notre douleur. 11 suffit de vous avouer

DE BÊRANGER. 61

que Judith et moi avons tout d'abord pensé, sans nous le dire, que cette première lettre n'était qu'une préparation à la nouvelle plus désolante encore d'un événement déjà arrivé. Nous restâmes deux grands jours dans cette funeste idée. M. B*** pourtant nous apprit que vous alliez mieux et que M. Récamiervous avait quitté. Mademoiselle Swanzy, de son côté, nous confirma cet heureux changement. Il ne nous reste plus que la crainte des rechutes. Ce matin, une troisième lettre de M.B*** nous apprend que vous avez pu faire une petite promenade sur le Mail. Il n'y a donc plus de crainte à avoir. Je viens vous dire quelle joie c'est pour nous. La pauvre Judith avait bien besoin de cette assurance. Quant à moi, si ce n'eût été l'idée que j'arriverais trop tard, dès le lundi je serais parti pour Tours. Je n'ai même pas voulu aller chez M. Trousseau, pensant que, s'il n'était pas près de vous, je le trouverais pleurant son maître.

La dernière lettre de B*** me donne des détails sur votre maladie ; ils s'accordent avec ce que me disait hier Mérimée, venu à la maison pour avoir de vos nouvelles. Il vous a trouvé un jour où vous veniez d'avoir un accès semblable qui, lui dites-vous, aurait pu être mortel. 11 paraît que depuis longtemps vous êtes exposé à des retours. Si ce n'est pour vous, au moins pour vos amis, mettez-vous plus en garde contre une semblable maladie.

Il ne faut pas fatiguer les convalescents. Je finis donc ma lettre ici; et pour Judith et pour moi, je vous embrasse de tout cœur.

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