‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 55 sur 162 · A MONSIEUR PERROT I N · texte numérisé non relu

A MONSIEUR PERROT I N

25 juin 1852.

Voici, mon cher Perrotin, la dernière copie de mes chansons1 corrigées aussi bien que je le puis faire.

Elles forment sept cahiers, par ordre de date; il vaudrait mieux, peut-être, qu'elles fussent distribuées de manière que la variété de ton fît disparaître la monotonie, comme je l'ai fait dans mes publications; mais j'ai craint que cela n'ôtât les traces de l'ordre chronologique, au moins dans le manuscrit, ce qui ne vous empêchera pas d'en faire une distribution différente lorsque vous les livrerez à l'impression.

Ce que je ne cesse de vous recommander, c'est le choix d'un prote qui sache la mesure des vers et mette la plus grande attention à faire disparaître les fautes de copie, car je ne suis jamais sûr de n'en pas faire.

1 Les Chansons posthumes.

iZ6 CORRESPONDANCE

Recourez à mon ami Joseph Bernard, qui, par les conseils qu'il m'a donnés, peut mieux que qui que ce soit revoir les épreuves; seulement, comme on ne peut savoir sous quel gouvernement on sera placé lors de l'impression, pour ne pas nuire à Bernard, ne parlez pas de sa coopération1.

Cette copie que je vous remets contient, tant en chansons qu'en couplets détachés, que j'y ai joints parce qu'ils peuvent être utiles pour la pagination :

1er cahier, 21 chansons.

■4 e — 10 chansons et 2 couplets. 5e — 10 chansons.

78 — 20 chansons et la musique de la Nourrice, ancien air hreton.

95 chansons.

Je garde la préface, parce que j'y puis faire des changements.

Faites de tout cela ce que vous voudrez; gardez ou déposez chez le notaire. La copie qu'il a est la plus défectueuse.

Moi, je garde celle que vous m'avez remise, parce que, l'ayant corrigée, je veux, si j'en ai le temps, faire encore une copie. Il est prudent d'en avoir deux : après quoi je brûlerai toutes les autres copies et brouillons. Si je n'avais pu le faire, vous les réclamerez à ma mort et les brûlerez.

Après ce testament littéraire, je n'ai qu'à souhaiter que vous tiriez bon parti du peu que je vous laisse.

1 M. Bernard n'a pas été consulté au moment de l'impression des œuvres posthumes, parce que Béranger avait, depuis ce temps, recommandé de ne choisir absolument, pour les consulter, que ceux de ses amis qui ne seraient pas dans les places.

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