‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 56 sur 162 · A M A DAME F L A N Ç II F. COTTE · texte numérisé non relu

A M A DAME F L A N Ç II F. COTTE

15 juillet 1852.

Vous êtes toujours ma chère enfant, mais, par une chaleur pareille, je suis sans force pour les longues courses et même pour les courtes lettres. Le médecin me défend d'ailleurs de sortir dans le jour, dans la crainte de me voir atteint encore une fois de cette terrible fièvre des moissonlirai s, dont je viens d'éprouver quelques symptômes et qui, il y a cinq ans, me causa un si grand malaise. Seul peut-être à Paris je connais cette fièvre champêtre.

Si je vous ai appelée « une écriveuse» ne vous fâchez pas; c'est presque de l'envie de ma part, car je ne puis écrire autant que je voudrais et le devrais. Je vais lire ce que vous m'envoyez. Je vous en dirai mon avis avant de partir pour la Normandie, voyage que je travaille à retarder, car il ne me semble pas possible de se mettre en route sous un ciel aussi brûlant. J'irai vous dire adieu, quoi qu'il arrive.

Vous ne me donnez pas de nouvelles de Lamartine!

La famille Hugo part après-demain pour l'exil. Je crains bien que ce malheur n'en amène d'autres pour ces pauvres gens, qui, naguère encore, se voyaient si haut placés : il me semble que, dans ces derniers temps, j'ai vu peu de monde autour d'eux.

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