‹ Correspondance de Béranger (volume 4)Chapitre 103 sur 116 · A MONSIEUR VILLATTE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR VILLATTE

2 déccmbrA 1856.

Pour retirer l'ordonnance de payement, il vous eût suffi, je crois, d'aller au ministère de l'instruction publique, au bureau que je vous ai indiqué et qui a pour chef M. Servaux, à qui je vous ai recommandé.

Pauvre malade, je souhaite bien que votre entrée à Beaujon ait lieu ; s'il faut écrire pour l'assurer, vous savez que je le ferai avec plaisir et empressement.

Je suis malade aussi, et j'aurais bien envie de demander la même faveur pour moi.

Je vous envoie les 15 francs dont vous avez besoin.

^ Béranger ne pouvait plus écrire. Ce sont ses dernières et tristes reliques qui sont ici reeueillies.

Vous pouvez écrire à M. Servaux, s'il vous faut des explications.

A MONSIEUR BOURGUIN

15 décembre 1856.

Voilà plus de deux mois, monsieur, que j^aurais dû vous remercier de l'envoi que vous avez bien voulu me faire; mais, depuis ce temps, j'ai toujours été souffrant, et MM, les médecins m'ont même défendu d'écrire. Heureusement la lecture ne m'a pas été interdite; aussi ai-je lu et relu votre recueil de fables bien des fois, et je vous proteste que depuis longtemps je n'avais rencontré un fabuliste plus à mon goût.

Je m'étonne que les journaux ne se soient pas encore emparés de vos fables, les meilleures que j'aie lues depuis longues années. Où en sommes-nous donc en littérature, pour que les journalistes, de plus en plus nombreux, ne se soient pas encore mis à l'œuvre pour révéler au public l'apparition de ce charmant volume, auquel la Fontaine donnerait sa bénédiction?

Oh ! si la force ne me manquait, je vous en dirais long pour vous démontrer la supériorité de talent dont vous avez fait preuve dans ce précieux recueil, que je relirai encore bien des fois. Malheureusement je vis loin du monde des journaux. N'en croyez pas moins, monsieur, à la sincérité de mes éloges et au regret que j'éprouve de ne pouvoir entrer dans plus de détails, qui vous prouveraient tout le plaisir que j'ai pris à vous lire et à vous relire.

Avec mes excuses pour le retard de mes remercîments, agréez, monsieur, l'assurance de ma vive considération.

P. S, Je me relis et je vois combien vous serez obligé de pardonner au vieil écrivain.

CGC

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