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A UO.NSIEUR PAVIOT
24 juillet 1849.
Parmi toutes les missives flatteuses qu'il m'est arrivé de recevoir, il en est bien peu qui m'aient autant touché que la vôtre; il y a là beaucoup mieux que^des louanges, monsieur, et je viens vous témoigner la reconnaissance que m'inspire un pareil témoignage de sympathie ^
Ne croyez pourtant pas que mon éloignement des affaires publiques soit aussi désintéressé qu'il vous le parait. Je n'aurais pas fait autant d'efforts pour rester à l'écart, si je n'avais eu la conviction bien profonde et bien sincère que ma place n'était pas plus dans une assemblée que dans un ministère. Avec une conviction opposée, je n'aurais pas hésité, monsieur, à sacrifier même ma popularité au service de notre patrie bien-aimée. C'est ce que j'ai dit aux électeurs et à la Chambre.
* M. Paviot félicitait Bémn^cr d^avoir su éviter «la glu des rois » et celle des révolutions. Quand était venu le moment des élections, il avait fait Tœu, si Bénmger résistait au choix des électeurs, de décerner toutes sortes d^bonneurs domestiques à ses œuTres.
Voyez, monsieur, ce qui serait advenu si j'avais eu une moins juste mesure de mes forces. Ma popularité serait au vent; on mettrait en doute mes intentions; l'ingratitude y trouverait son compte et je n'aurais pas à vous remercier de votre aimable et excellente lettre. Ah ! monsieur, défendons ceux qui ont fait ce que je n'ai pas osé fiiire, et, s'ils ont une gloire littéraire, n'hésitons pas à placer leurs œuvres aux rayons les plus élevés de notre bibliothèque, dussions-nous pour cela faire redescendre les Chamom iUu$trée$.