A MONSIEUR A. BLAIZE
Paris, 20 février i854.
Mon cher Blaize, notre malade est de plus en plus faible; il effraye M. Barbet, qui a eu la bonté de m'en venir donner des nouvelles, car je ne marche pas encore.
* • Béranger faisait prendre des uoiivelles quand je n^aUais pas lui en porter. Malgré Tempéchement qui le clouait sur son fauteuil, il aurait voulu yisitcr mon oncle. Le docteur Rostan ne le lui permit pas. Il le pria, au contraire, de s'abstenir, f On me harcèle, lui dit-il, pour voir Lamennais ; je ne puis Tacoorder ; il est « trop affaibli. Rendez-moi le serfice de ne pas insister. Quand je dirai que je tous c ai refusé, on comprendra que toute visite est impossible. » (Estai biographique sur ¥. F. de Lamennais, par A. Blaize, 1858, in-8, p. 168).
M. Barbet et moi avons regretté votre prompt départ, et ce que nous avions prévu est arrivé. La personne que vous connaissez a eu hier encore avec Lamennais un entretien de dix minutes. M. Barbet attribue à cette conversation la mauvaise nuit que votre oncle a passée, et qui Ta mis dans l'état où il est, état qui a laissé voir quelques traces de délire. C'est d'après ces signes et quelques autres inconvénients que nous nous décidons à vous appeler de nouveau. Venez donc le plus tôt possible, mon cher ami. Croyez que vous êtes très-nécessaire, et qu'il faut que nous en jugions ainsi pour vous arracher à votre solitude \
Nous vous attendons-. Tout à vous.