‹ Correspondance de BérangerChapitre 16 sur 73 · A MONSIEUR DE DÉRANGER · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE DÉRANGER

LA MINERVE FHANÇAISE

Rite (les Fossés-Saint-Germain-des-Prés, numéro 18.

Paris, le 9 janvier 1819.

Plusieurs souscripteurs de la Minerve se plaignent que nous négligeons la poésie et surtout que nous ne leur donnons pas assez souvent de vos chansons, tandis qu'ils en voient quelquesunes dans d'autres recueils que le nôtre. Vous savez que c'est parmi nous que vous trouvez les plus sincères appréciateurs de vos talents ainsi que vos meilleurs amis. Ne trouvez donc pas mauvais, monsieur Béranger, que nous recourions à vous pour nous fournir les moyens de faire cesser les plaintes que nous avons reçues. Accordez-nous la préférence pour les publications des poésies que vous mettez au jour; ayez même la complaisance de combiner vos compositions de manière que le plus grand nombre puissent convenir à notre recueil, etnous regarderons comme un véritable avantage de vous compter au nombre de nos collaborateurs. Si vous acceptiez ce titre, il vous soumettrait, comme nous sommes nous-mêmes soumis, à une censure naturelle que notre amitié pour vous ne doit pas vous faire craindre ; mais ce même titre vous donnerait aussi le droit d'accepter de notre part le juste prix d'un travail qui contribuera puissamment au succès de notre entreprise.

Nous attendons votre réponse et nous espérons que ce sera une acceptation. Vos amis,

Lacretelle, F. TissoT, E. Aignan, de Jouy, Etienne, ÉvARisTE Dumoulin, Benjamin Constant, A. Jay.

Royer-Collard cessa bientôt de remplir des fonctions pour agir avec une entière indépendance. En 1819, il quitta la direction de la commission de l'instruction publique. En 1827, il fut nommé président de la Cbambre des députés.

Ce ne sont pas les doctrinaires qui ont fait la Révolution de 1850. Ils se fussent accommodés d'un Charles X qui les aurait appelés au ministère : aujourd'hui ils passent leur temps à examiner la question de la fusion du parti orléaniste et du parti légitimiste. Royer-Coliard avait une sorte d'éloquence froide et didactique. 11 avait encore plus d'esprit que d'éloquence, et ses épigrammes étaient redoutées. C'était, en 1827 comme en 1792, un Feuillant, et il eût fait meilleure figure comme magistral que comme homme politique.

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