MAÎTRE DE REQUÊTES A PARIS
Sainte-Pélagie, 27 décembre 1821.
Rien de nouveau ici, mon cher Rérard. J'ai appris que vous y étiez venu, et cela, je pense, faute d'avoir reçu ma
* De BriLxelles.
- Cette lettre se trouve dans le numéro du Moniteur du 4 décembre 1821.
^ M. Bérard (Anguste-Louis-Siraon) eslinortà laMembroUes, près de Tours, au mois de janvier de la présente année 1859. Il était né à Paris, le 5 juin 1785. M. Bérard a compté parmi les plus intimes amis de Béranger et parmi les plus dévoués. C'est chez M. Cadet de Gassicourt qu'ils se connurent.
Fils d'un négociant qui fonda la dernière compagnie des Indes avant la Révolution française, et qui périt sur l'écliafaud, en 1794, pour avoir défendu les jours de Louis XVI dans la journée du 10 août, M. Bérard fut l'un de ces magnanimes enfants des victimes de notre Révolution qui surent pleurer leurs pères sans maudire le temps où ils avaient péri, ^'orli de l'École polytechnique en 1810, il ét;iit maître des requêtes eu 1814. 11 rentra au conseil d'État en 1817; mais, trois ans après, le ministère l'en fit sortir avec Jourdan et Royer-Collard.
M. Bérard se tourna dès lors vers la banque et l'industrie, et s'en occupa avec une activité qui trouvait encore du temps pour la culture des arts et des lettres. Bibliophile distingué il a écrit, en 1822, un Essai sur les belles éditions des Elzeviers. En même temps, il faisait exécuter la Galerie métallique
lettre aussitôt que je l'aurais désiré. Me voici dans une véritable captivité. Je suis cependant toujours le moins à plaindre, non qu'on ait plus d'égards pour moi que pour les autres, mais parce que le terme de ma délivrance est moins éloigné, et que ma résignation n'a pas été fatiguée par de longs précédents. Au reste, notre solitude va peut-être me faire travailler, ce à quoi je n'avais pas encore pensé. J'avais en vain invoqué Marchangy : je lui dois un grain d'encens, et il ne serait pas mal de choisir ce moment pour m'acquitter; nous avons eu justement ici une descente de justice qui m'y a fait penser. Il était temps : je commençais à l'oublier. A propos, que devient notre procès? est-il encore pendant chez M. Baudouin?
On s'attend ici à de nouvelles vexations. La justice et la police, qui nous ont honorés de leurs visites, blâment, m'at-on dit, la permission que nous avons de faire du feu. Vous verrez que je serai obligé de revenir à mes habitudes stoïques. Ma foi, je vous l'avouerai, il y avait danger pour moi; j'allais tomber dans l'épicuréisme. Encore un à-propos : n'est-ce point vous qui m'avez apporté du fromage de Brie, de la galantine et ce gros pot de cornichons, qui me fait venir l'eau à la bouche? Il y a là au moins deux choses que ma-
des grands hommes français. Cefut lui qui encouragea le plus Déranger el qui le soutint le mieux lors delà publication du Recueil de IS'it.EnlSSO, il fonda les forges d'Alais. Il était alors député depuis deux ans.
Le rôle qu'il a joué dans la Révolution de 1830 est considérable. La nouvelle Charte fut, en grande partie, son œuvre. On l'appela même longtemps la Charte-Bérard. Ses Soîivenii's liisloriqiies de la Révolution sont l'une des pièces principales de notre histoire conlemporaine. Nommé à la fin du mois d'août 1 850 directeur général des ponts et chausséesetconseiller d'État, M- Bérard, qui voulut rester indépendant, abandonna bientôt ses fonctions, et retourna à l'industrie. Il dirigeait, près de Tours, une filature de lin et de chanvre lorsque en 1859 il fui nommé, par le ministère Mole, receveur général du département du Cher. M. Bérard était le beau-père du général Dumas, aide de camp de Louis-Philippe. C'est M. Bérard qui, pendant longtemps, fui le dépositaire delà petite fortune de Déranger. Il n'a tenu qu'à Déranger de lui devoir l'arcroi.'îsement aussi bien que la conservation de ce pécule.
(lame Bérard sait que j'aime beaucoup; il n'y a qu'elle pour avoir pensé surtout aux cornichons. Dites-lui pourtant, en reml)rassant bien fort, qu'elle mette un peu plus de réserve dans sa correspondance avec moi. Toutes vos provisions finiront par y passer, si vous la laissez n'écouter que son cœur.
Adieu. Mille amitiés à mademoiselle Agathe, à madame Caroline, à Manuel, Dupont, Archiniard, M. et madame Vauchelle, Christian, M. et madame Lucc, Dosne, Latour et compagnie.
Tout à vous de cœur et pour la vie. Déranger.
Sainte-Pélagie, 27 décembre 1821 , à onze heures du soir.
P. S. Ce 28, à neuf heures du matin.
Il n'y a rien de nouveau ici, si ce n'est un grand incendie rue Mouffetard ; car nous savons les nouvelles du quartier. Il est fort heureux que le feu ne nous ait pas gagnés. Enfermés comme nous le sommes, nous grillerions le plus joliment du monde^
Le procès dont il est ici question est celui que le ministère public intenta à Déranger et à son libraire, lorsqu'au mois de décembre 1821 parut le compte rendu du premier procès avec le texte des chansons incriminées. C'est M. Dupiu qui l'avait publié sous le nom et au profit de Déranger. Il y a en tête de ce petit volume une préface, dans laquelle Béranger parle à la première personne : cette préface est de M. Dupin.
Vis-à-vis du titre du volume l'éditeur a j)lacé un extrait de l'éloge de Philippe de Marnix, plusconnu sous le nom de Saint-Aldegonde, écrit en latin par Verheiden. Le texte précède la traduction que voici : « Verheiden cite particulièrement, dit M. Dupin, sa chanson aux Belges^ opprimés par la tyrannie du duc d'Albe, chanson si bien faite, et dont les paroles allaient si bien avec l'air qu'elle
* LeUre communiquée par MM. Bérard fils.
excita puissarrment, ians l'esprit du peuple, l'amour de la liberté. En cela, le chansonnier se montra le digne émule de Tyrtée, que Platon célèbre en plusieurs endroits de ses ouvrages. En effet, réloge que le poëte l'ait du libérateur de la nation, les exhortations au courage, les consolations du passé et les salutaires conseils qu'il y donne pour l'avenir, jetèrent dans l'àme des citoyens une grande ardeur de défendre le nouveau gouvernement de liberté. C'est au point qu'on ne trouve rien de plus remarquable et de plus à propos parmi toutes les pièces du temps. »
M. Dupin avait choisi là un ingénieux et juste moyen de montrer la beauté et l'énergie du rôle de Déranger, qui commençait à mériter son titre de poëte national. 11 n'était pas question alors, parmi ceux qui sont devenus si tièdes devant le souvenir de ces luttes, d'accuser Béranger d'avoir mis trop d'animosité dans ses colères lyriques. Ce n'est que récemment qu'une partie des vainqueurs de 1830 ont pensé à se repentir d'un triomphe qui serait leur gloire devant l'histoire, s'ils ne voulaient pas le renier.
Sans doute, il est bien qu'on cherche à apaiser jusqu'aux souvenirs de ce temps-là; mais que la Restauration, renversée par la bourgeoisie et par le peuple en 1850, se contente d'être excusée et pardonnée ; qu'elle ne demande pas qu'on la réhal)ilite jusqu'à lui sacrifier la mémoire de tous ceux qui ont revendiqué contre elle l'héritage de 1789. On parle de l'hostilité qu'ils ont montrée dans la querelle ; on reproche à Béranger l'implacable résolution aveclaquelle il est entré en lutte. Un homme d'État, qui n'invente pas d'historiettes et qui eût aimé la Restauration libérale, a récemment publié cette anecdote intéressante' : « J'ai entendu à cette époque, raconte-t-il, une femme du monde, ordinairement sensée et lionne, dire à propos demademoiselle de Lavalette aidant sa mère à sauver son père : Petite scélérate ! » Voilà les temps dont on cherche à dénaturer la physionomie ! voilà une preuve de la sérénité de ces âmes qu'on accuse les libéraux d'avoir aigries et troublées.
Les événements qui se sont produits depuis 1850 ne changent rien à la vérité des faits qui les ont précédés. On s'est divisé depuis; mais alors avec quelle sérénité on affrontait un gouverne-
* M. Giiizot, au lome l" de ses Mémoires.
ment qui, ramené par l'étranger, ne voulait pas reprendre contre l'étranger et à la tète de la nation l'œuvre généreuse de nos pères !
De sincères amis de la liberté, désolés de sa perte, creusent jusqu'au ibnd l'histoire contemporaine. Ils arrivent jusqu'à faire bon marché de l'œuvre de 1781) et rentrent dans l'ancien régime pour y chercher ce qui nous manque.
Le dépit est pour quelque chose dans l'injustice commise de celte façon vis-à-vis de la Révolution française. L'Asscmi)lée constituante nous avait légué la liberté aussi bien que le reste ; nous nous sommes mis dans la nécessité de la sacrifier momentanément. Sachons la mériter et la reconquérir, sans médire de nos pères, qui l'aimaient autant que nous.
Il ne faut pas, quand nos enfants liront notre histoire, qu'ils se moquent de nous et qu'ils nous accusent d'une trop grande facilité à concevoir de la peur, et, sous le joug de la peur, à ne plus croire, ni dans l'avenir ni dans le passé, aux conquêtes pacifiques de la liberté. La Révolution française, dans ses premiers actes, a mérité qu'on l'admire sans relâche. Et ce n'est la faute ni d'un Mirabeau, ni d'un Lafayette, ni d'un Barnave, si cette belle nation, si confiante, si généreuse au jour de la fédération, comme en '1830, le lendemain de la victoire de Paris, si ce peuple de frères a perdu un moment son espoir et sa générosité ; s'il y a eu millc.partis et mille écoles, pires que des partis, pour nous diviser jusqu'à la haine. Ne disons pas enfin, ce qui n'est pas vrai, que ces écoles et ces partis ont mis la France en un tel état qu'on n'a plus de repos que sous un régime de compression^
A qui s'en prennent la plupart de ces désespérés ? Pas à euxmêmes, qui, ayant eu en main le pouvoir, ne s'en sont pas servis assez virilement, qui n'ont pas su intéresser les classes laborieuses à leur politique, qui ont négligé les grandes ressources de l'art de gouverner, l'enthousiasme, le patriotisme par exemple, et n'ont pas vu que, lorsqu'ils se disaient : « Enrichissons-nous en paix, » c'était provoquer dans tous les rangs de la nation le désir d'avoir part au même bien-être.Ilsn'accusent que l'imprudence des amis du peuple, c'est-à-dire qu'ils en veulent à ceux qui ont réclamé
' Philosophie et politique de Déranger , page 98.
pour lui le droit de suffrage, qui se sont proposés garants de son aptitude à l'exercer; qui ont vanté son désintéressement, son patriotisme, son enthousiasme, son amour pour l'instruction, son attachement au travail libre ; et, pleins de mépris pour des écrivains ou des philosophes qui ne sont plus pour eux que des politiques de carrefour, ils s'enfoncent dans l'on ne sait quelle définitive horreur du peuple, de la multitude, des masses.
Qu'un apôtre infatigable traverse les ruines récentes et marche encore en avant, ils l'arrêtent; mais Béranger leur répond :
Paul, où vas-tu? — Je vais prêcher aux hommes Pais, justice et fraternité.
— Pour en jouir, reste où nous sommes, Entre l'étude et la beauté.
— Non, non ; je vais prêcher aux hommes Paix, justice et fraternité.
A MONSIEUR BERVILLE
Sainte-Pélagie, ce 15 février 1812.
Monsieur, j'ai appris aujourd'hui que, chargé de la défense de MM. Baudouin dans l'affaire de mon procès, vous prépariez un mémoire pour éclairer la Cour royale. Leur intérêt est le mien, et je ne doute point de votre intention de m'être utile en les servant de tous vos moyens. Votre réputation, l'éclat de vos talents, me rendront bien précieuse la part
* M. Bervilie (Saint-.Vlbin), né à Amiens, le '22 octobre 1788, était avocat à Paris depuis 1816. Il venait da défendre, en 1821, Paul-Louis Courier, qui a publié sa plaidoirie. Il fut charffé delà cause du libraire Baudouin et la gajrna pendant que M. Dnpin défendait celle de Béranger, e'est-à-dire la sienne. L'année suivante, .M. Bervilie épou-n Tune des filles d'An(irieu.\,qni donna l'autre à M.Labrouste, directeur de Sainte-Barbe. Les plaidoiries principales deM. Bervilie ont été recueillies dans les Annales du Barreau français. Très-lettré, et poète à ses heures, le défenseur des accusés libéraux de la Restauration devint, après 1830, avocat général, puis président de chambre à la cour de Paris. Il a édité, de concert avec M. Barrière, l'intéressante Collection des Mémoires relatifs à la Révolution française. Peu d'existences ont été mieux remplies et laisseront de plus honorables souvenirs.
DE BÉHANGEU. 237
que vous voudrez me faire dans ce Mémoire, qui ne peut tarder à paraître, si j'en juge d'après le peu de temps qui nous reste d'ici à mardi prochain, jour où l'on pense que la chambre de mise en accusation doit prononcer.
Mes amis, dont plusieurs sans doute vous ont déjà parlé, voulaient que je communiquasse avec vous à ce sujet. J'ai cru la chose tout à fait inutile. L'affaire qu'on me suscite est dénuée de raison et de justice. Vous en aurez saisi tous les points avec cette logique qui vous distingue si éminemment; et, quant à l'idée de solliciter votre zèle pour moi, elle serait déplacée. Votre caractère m'est mieux connu que nos relations peu fréquentes pourraient le faire croire, et je suis sûr que vous n'avez pas attendu que je vous parlasse de cette extrême confiance pour être persuadé qu'elle existait en moi.
Je m'en rapporte donc tout à fait à vous, monsieur, et pour l'obligeance et pour la célérité, et je ne veux que vous témoigner d'avance la reconnaissance que je vous dois pour l'usage que vous voulez bien faire de vos talents en faveur de ma cause.
Agréez-en, je vous prie, l'expression et celle de ma considération distinguée'.
A MONSIEUR BIZET
Sainte-Pélagie, 15 février 18'22,
Monsieur, vous trouverez sans doute que je tarde bien à répondre à votre lettre et au procès-verbal d'envoi des vins excellents que vous avez eu la bonté de me faire parvenir. Mais
* Lettre couimuniquec par M. Berville.
je voulais répondre par quelques couplets à la marque d'intérèl (jue me donnent vos compalriotes, et mes moments ont d'abord été occupés par les soins à donner à la nouvelle affaire qui m'est suscitée. Menacé de deux ans de prison par maître Bellart, je lui devais la préférence, tout ennuyeuse qu'elle pût être. Enfin, monsieur, j'ai tant bien que mal satisfait au désir que j'avais d'exprimer dans la langue qui m'est familière (je veux dire en chansons) tout le plaisir que m'ont fait MM. les Semurois.
Je vous envoie ma lettre pour M. Touzct*, et vous prie de la lui faire parvenir. C'est un nouvel embarras peut-être que je vous donne, mais je vous en serai reconnaissant comme du premier.
Je me félicite, monsieur, que des preuves d'estime données par de vrais patriotes aient été pour moi une occasion de me mettre en rapport avec vous, et que ce soit ainsi une double consolation dans ma captivité. C'est surtout lorsqu'on est en butte comme je le suis à la malveillance du pouvoir qu'on a besoin de s'appuyer sur les suffrages d'un plus grand nombre d'honnêtes gens et de bons citoyens.
Recevez donc, je vous prie, monsieur, mes remercîments pour toutes vos bontés, et croyez à ma considération dis-
A MONSIEUR BERVILLE FILS
15 mars 1822.
J'ai l'honneur de saluer monsieur Berville, et le prie d'envoyer sur-le-champ le Mémoire pour notre affaire chez
* M. Touzct était l'un des Semurois ({ui avaient chargé M. Hizel défaire parvenir, avec une chanson, vingl-cimj bouteilles de vins choisis. La chausoa de Béranger est celle qui a pour litre : Ma Guérison.
MM. Baudouin, avoc les signatures qu'il a pu obtenir. Cette affaire est très-pressée, et je la recommandée toute la bonté de M. Berville^
A MONSIEUR FOUGET PÈRE, A PÉKONNE
5 avril 822.
Mon cher oncle et ma chère tante,
Delaporte est venu pour me voir à mon ancien logement et ne m'a point trouvé. Je ne l'ai point rencontré non plus à son hôtel. Je voulais le charger de vous dire que mon intention d'aller vous embrasser n'était point changée, et que vraisemblablement je l'effectuerais vers le 20 avril, étant retenu maintenant par diverses affaires et par les engagements d'amitié qui me sont prodigués depuis ma sortie de prison.
Je pense que vous vous êtes beaucoup inquiétés pour moi lors de mon dernier jugement. Plus le procès qu'on me faisait était inique, plus il y avait à craindre, aussi ne l'ai-
'■ Le lendemain du jour où celte leltre a été écrite, Déranger payait son amende, comme le prouve cette quittance :
« Je soussigné, receveur de l'enregislrement, reconnais avoir reçu de M. Bérangcr la somme de cinq cem quatre-vingt-six it>axcs cinquante centimes, pour amende et frais auxquels il a été condamné p:ir arrêt de la coui* d'assises du 8 décembre 1821, pour chansons séditieuses; savoir :
Amende 500 fr. »
Frais 36 50
Contrainte 5 40 i
Pour procès-verbal d'écrou . 9 fr. 80 j 15 20
Papier ... 35
Dont ([uittance, à Paris, le 10 mars 1822. ^° 88.
Iilouis.
je échappé que d'une voix*. Cela a suffi pour couvrir de
honte ceux qui m'avaient fait cette odieuse chicane. Au reste,
* Béranger avait gardé la pièce suivante, que nous transcrivons avec les ctiiffres et signes qu'elle porte. C'est la liste des jurés, pour le second procès, qu'on lui avait remise à Sainte-Pélagie. Elle est copiée de sa main.
0 Dans mon procès pour la publication des pièces, M. de Vezelai fut mon sauveur.
1 Arnauld, propriétaire, électeur, rueCoquillière, n" 12.
2 Azam (Jean-Bapliste-Joseph-Eugène), sous-caissier au ministère des finan-
ces, rue Uauteville, n° 24.
M. Bazin (Jacques-Edme), avoué, me Vivicnne, n" 7. ô Beuzcliu (Narcisse), propriétaire, rue Gaillon, n° 8.
Bourquenay (François-Félix), chef au ministère des finances, rue Jouberl,
4 Brossin de Saint-Didier (Anne-Louis), référendaire à la cour des Comptes
au ministère des finances.
Brunel (Jean-Guillamne), homme de loi, rue Christine, n°9. M. Ginot (Pierre-Joseph-iVicolas), négociant, rue de la Verrerie, n° fil.
5 Coster (Jean-Joseph-JJai'ie), chef au ministère de la marine, rue de Vaugi-
rard, n° 05.
Cosettc (François-Léon), électeur, rue du Coq-Héron, n"!!. (i M. de Bray de Valfrède (André-Joseph), référendaire près la commission du Sceau, rue Louis-le-Grand, n" G.
7 De L'Homel (Charles-Césaire), avoué, rue Béthisy, n° 20.
DeMonjay (Jacques-Christian-Thomas), marchand drapier, rue des Bourdonnais, n^ 15.
8 M. Desmaisons (Charles-Pierre), électeur, rue de Bourhon, n° 81. DeVezelay (Louis), électeur, rue de Suresnes, n" 8.
M. Foucher (Etienne-Thomas-Philippe), notaire, rue Poissonnière, u" 5. Frédy (Armand-Joseph-François), électeur, rue de Sainlonge, n° 9. Fierson (François-Matthieu), chef au ministère de l'intérieur, vw du
Doyenné, n° 12.
Cachet (Charles), caissier à l'administration des postes, rue IN'euvc-SainL-
Roch, n' 58. Godard (Claude-Félix), avocat, place Dauphine, n° 24. 9 Gorael (Jean-Baptiste-Samson), propriétaire, rue Neuve-des-Petits-Champs,
10 M. Grippon-Despalières (Jacqucs-Philippc-Nicolas), sous-chef à l'admini-s-
tralion des contrihutions indirectes, rue Saint-Claude, n° 5.
11 Hubert (Barthélemy-Paul), électeur, rue d'Enfer, n" 25.
Langlade (Jean-Baplisle-Charlcs), diiecleur du bureau des postes, rue
Duphot.
Lechatellier (Louis-Pierre), électeur, rue Française, n" 2. Lefèvre (Ferdinand-Honiain), notaire, rue Saint-Marc, n" 14. Lopinot (Charles-Nicolas), marchand mercier, rue Saint-Denis, u" 208. Martin (Théodore), électeur, rue Duphot, n" 19.
12 M. Maury (Joseph-Ferdinand), receveur des rentes, rue Cassette, n° 13.
je n'ai pas la force de leur en faire un crime. Ils m'ont valu trop de preuves d'estime et d'intérêt pour que je me plaigne de ma captivité et des persécutions qu'ils m'ont suscitées.
Je m'occupe de me chercher une place. Ce que j'ai gagné me met à même d'attendre; mais je crains que l'habitude d'une entière liberté ne finisse par me dégoûter des bureaux, aussi mon intention est de me dépêcher de prendre un emploi. J'en veux un très-modique, pour n'être pas trop occupé. On ^ m'en a proposé plusieurs. Je verrai à choisir ce qui me conviendra le mieux.
Je vous prie de dire bien des choses aimables à toute ma famille, et surtout à vos enfants. Je vais écrire à ma tante Bouvet. Elle m'a adressé en prison une seconde lettre plus amicale que la première. Je voudrais bien qu'elle ne pensât pas à m'avoir chez elle lorsque j'irai vous voir. Je craindrais de la gêner et de lui occasionner de la dépense. Je pense d'ailleurs que le curé Longate, qui, m'a-t-on dit, a prêché contre moi, ne me verrait pas avec plaisir chez sa paroissienne.
Adieu, mon cher oncle et ma chère tante. Je vous embrasse bien tendrement et suis pour la vie votre tout dévoué neveu, Béranger.
P. S. Si vous voyez Laisney, dites-lui que je lui écrirai incessamment^.
Bon. Morand (Raphacl-IIenry), notaire, rue Meslée, n° 58. 15 Rigon de Bcrtz (Auguste-Maximien-Simon), directeur des contributions indirectes, rue de Tournon, n° 15.
Douteux. Scribe (Henri), marchand de soieries, rue Mesnard, n° 6. 14 Sylvestre (Ambroise-Jean), électeur, rue Chauoinesse. Teissier (Charles), électeur, rue de Richelieu, n°ol . Veytard (Joseph-Michel), inspecteur du Garde-Meuble, rue des Champs- Elysées, n" 6.
Vatrin (Charles-Louis), électeur, rue Copeau, n" 7. ' MM. Laffilte et Bérard, avant tout autres. - Lettre communiquée par MM. LelVançois.