CXXXVIII
A MONSIEUR ROUGET DE LISLE
23 juin 18'26.
Tranquillisez-vous, mon cher prisonnier; je m'occupe activement de votre affaire, et j'espère bien qu'avant deux jours vous serez libre. Je vous l'assure même. Je puis tout au plus me tromper sur le nombre de jours. Vous m'auriez peut-être abrégé un peu de besogne, si vous aviez voulu me dire quel était votre créancier primitif. Quant aux obligations que cela vous fera contracter, ne vous en inquiétez point. Jusqu'à présent, cela ne regarde que moi. J'aurais été vous voir, si je n'étais obligé de retourner à la campagne. Je laisse ici quelqu'un chargé de ce qui vous concerne. C'est une personne que vous avez dû voir chez moi ou chez M. Bérard. Son nom est Béjot. Si, par hasard, il avait besoin de vous voir, ayez-y pleine confiance, comme, en l'un de mes meilleurs amis. Adieu. Du courage.
A MONSIEUR ROUGET DE LISLE
Ce mardi, 27 juin 1826.
Je suis venu passer quelques heures à Paris, et avant de
^ Une brochure do M. Corncde-Miranionl donne le nom du créancier qui fit incarcérer l'auteur de la Marseillaise pour une somme de cinq cents francs prêtée amicalement, mais contre une lettre de change payahle à soixante-dix jours et entraînant la contrainte. C'était M. j}**********, procureur du roi à Cahors, en 1850, et, en 1854, député du Lot. Béranger délivra le glorieux captif.
DE BÉRANGEn. tî87
ronlrcr clicz moi j'ai voulu m'assurer que vous élicz rentré cliez vous. Comme, celte fois, on m'a répondu que vous y étiez, je me suis en allé sans monter, parce que j'étais trèspressé, et qu'il était d'assez bon matin pour déranger, si j'étais monté. Nous causerons de votre affaire un autre jour. Ne faites plus de lettres de change surtout, et espérons que l'avenir se débrouillera enfin. Tout à vous de cœur et d'estime.