Cf. Jacob
170 CORRESPONDANCE [déc. i685
en Celui qui agit en vous, je vous donne de tout mon cœur la bénédiction que vous souhaitez, me déclarant pour jamais avec un respect mêlé de tendresse, Milord, votre très humble et très obéissant serviteur.
36o. — Louvois a Bossuet.
A Versailles, le i\ décembre i685.
Monsieur, J'aurais volontiers proposé au Roi d'accorder la confiscation des sieur et dame d'Autigny l au gentilhomme du pays messin en faveur duquel vous avez pris la peine de m'écrire, si je ne savais que Sa Majesté a destiné les confiscations des gens de la R. P. R. pour les hôpitaux et le rétablissement des églises2. Je vous supplie de vous persuader du plaisir que
Lettre 360. — Inédite. Archives du Ministère de la Guerre, t. 752, p. 4oi. Minute.
1. Le nom propre ici écrit est très difficile à déchiffrer. Après étude minutieuse et contrôlée, il ne paraît pas possible de lire autre chose que d'Autigny ou d'Autigny. A la suite de ce nom, le mot fugitifs a été biffé sur la minute. Il s'agit probablement de protestants du pays messin réfugiés à l'étranger. Or, sur les listes de religionnaires fugitifs qui nous ont été conservées (Voir J. Olry, La Persécution de l'Eglise de Metz, éd. O. Cuvier, Paris, 1860, in-18 ; O. Douen, Histoire de la révocation de l'èdit de Nantes, Paris, i8g4, 3 vol. in-8 ; Comptes de la régie des biens des religionnaires de Metz, Archives Nationales, TT 8), le nom d'Antigny ou d'Autigny ne se trouve pas. Peut-être n'avons-nous là qu'un nom de terre, et nos fugitifs figureraient sur les listes sous leur nom patronymique.
2. Une déclaration rovale du 1 cr juillet 1686, pour engager les religionnaires fugitifs à rentrer en France, portait qu'on ne disposerait pas de leurs biens avant le mois de mars 1687. L'édit de janvier 1688 affecta les biens confisqués à la fondation d'écoles gratuites et au rétablissement des églises, hôpitaux, etc. Enfin un édit de décembre
déc. i685] DE BOSSUET. 171
j'aurais de faire ce que vous désirez et de vous faire connaître la passion avec laquelle je suis —
36 1. — Louvois a Bossuet.
A Versailles, le i4 décembre i685.
Monsieur,
Je ne puis mieux vous informer des ordres que Sa Majesté a donnés pour employer quatre compagnies du régiment de dragons de la Reine à la conversion des religionnaires de la ville et élection de Meaux, qu'en vous envoyant copie de la lettre que j'écris par ordre du Roi à M. de Menars1, par laquelle vous verrez le jour que doivent arriver lesdites compagnies, et l'ordre qu'il a de concerter avec vous 2 ce qu'il y aura à faire pour les susdites conversions.
Je suis très véritablement, etc.
1689 accordait aux plus proches parents ou héritiers des réfugiés les biens confisqués sur ceux-ci, sans que ces biens pussent être vendus ou aliénés sinon au bout de cinq ans (Recueil des édits, déclarations et arrêts rendus au sujet des gens de la Religion prétendue réformée, Paris, 171/i, in-12, p. 371, 385, 422 et 423).
Lettre 361. — Minute aux Archives de la Guerre, t. 752, p. 4oo. Publiée pour la première fois dans la Revue historique, t. XXVII (i885), p. 99, note, par M. Franck Puaux, d'après une copie qui se trouve au tome 758 des mêmes archives. — On sait que le marquis de Louvois (i64i-i6gi), ministre de la guerre, prit une part active à la révocation de l'édit de Nantes.
1. M. de Menars, l'intendant de Paris, Cf. t. II, p. 343. Dans cette lettre (t. 762, p. 3g8) Louvois ordonnait à cet intendant, qu'avant de répartir les quatre compagnies dans les lieux des élections de Meaux, Provins et Nogent, où elles doivent être logées chez les habitants, il s'en servît pour amener la conversion des religionnaires de la ville et de l'élection de Meaux. Elles devaient arriver le 22 décembre.
2. Le Recueil de Claude Rochard, chirurgien à Meaux, fournit quelques renseignements sur le séjour et le rôle des dragons dans cette ville et dans ses environs.
Le 2i décembre, « sur les cinq heures du soir, arriva à Meaux
172 CORRESPONDANCE |déc- i685
3Ô2. — Seignelay a Bossuet.
20 décembre i685.
Monsieur,
Le Roi veut bien accorder l'établissement que vous proposez de trois écoles dans votre diocèse J ; prenez la peine de m'envoyer un mémoire plus ample pour en dresser les lettres2.
Je vous envoie un brevet du don des cimetières de ceux de la R. P. R. qui étaient dans votre diocèse, conformément à ce que vous avez désiré3.
M. Menars, intendant de Paris. Il logea à l'évêché, fit paraître devant lui ce qui restait d'huguenots à Meaux et dans la campagne. Mais, le nombre de ceux de la ville étant très petit, de quatre compagnies de dragons qui étaient venues à Meaux pour loger chez les huguenots et les obliger à se convertir, il en envoya deux en Bourgogne et les deux autres par toutes les villes du bailliage. »
Le 23, l'évêque prêcha à la cathédrale avec une merveilleuse éloquence, en présence de M. de Menars : « M. l'Intendant était sur le jubé, avec les majors et colonels des dragons. »
La présence de l'Intendant au sermon est encore mentionnée le 3o décembre et le Ier janvier. Et même, le 3o décembre, l'Intendant était « tout au milieu de l'auditoire, ce qui était de très bel exemple, et avait à ses côtés un major qui s'était converti et ayant fait abjuration avec une telle contrition qu'il tira des larmes de toute l'assemblée, pleurant, et M. l'Intendant ne put retenir ses larmes, ainsi que M. l'abbé Bossuet, neveu de M. l'Ëvèque. »
« Le 10 février 1686, les dragons qui étaient dans le diocèse de Meaux au sujet des huguenots allèrent à Senlis. »
(Extraits du recueil de Rochard, dans la Revue Bossuet du 25 juillet igo4, p. i58, 160 et 162.)
Lettre 362. — Inédite. Archives Nationales 0*29, f° 558.
1. Bossuet proposait, pour l'instruction gratuite des jeunes filles, d'établir des communautés de Filles charitables au faubourg Saint-Nicolas de Meaux et dans les bourgs de Vareddes et de Quincy.
2. Ces lettres patentes sont datées du mois de février 1686 (Archives Nationales, 0'3o, f° 77. Cf. Revue Bossuet, juin 1910).
3. « Brevet du don des cimetières de ceux de la R. P. R. situés
janv. 1686] DE BOSSUET. i;3