C'est la lettre du 12 novembre i
fév. 1686] DE BOSSUET. ig5
avantages que la nature m'a refusés, ainsi qu'on l'aurait pu juger par l'original de ce que je vous ai écrit.
Je ne vous importunerai pas davantage, si ce n'est pour vous prier de me donner votre bénédiction épiscopale et paternelle, puisque je suis un de vos enfants, et que j'ai pour vous tous les sentiments de respect, de soumission et d'affection possibles. Conservez-moi donc, s'il vous plait, un peu de part dans votre souvenir ; et Dieu veuille que vous me l'accordiez à votre Mémento au saint autel 12, lorsque vous célébrerez le sacrifice de la messe ; et faites-moi l'honneur de me croire toujours, etc.
3^1. — A Mme de Sainte- Agnès.
A Paris, 20 février 1686.
Il est vrai1, ma Fille, que je ne puis être à Meaux au commencement du carême ; je ne tarderai pourtant pas : voyez ce que vous avez à faire2, et ne manquez pas de me l'écrire.
L'attrait que je vous exhorte de suivre regarde principalement l'occupation envers les perfections divines ; j'approuve aussi tout le reste, que vous m'avez exposé, de vos dispositions. Je ne crois pas
12. Le prêtre récite, avant la consécration, pour les vivants, et, après la consécration, pour les morts, une prière qui commence par le mot Mémento.
Lettre 311. — Nous avons vu, p. 178, que Mme de Sainte-Agnès était supérieure des religieuses Ursulines de Meaux.
1. Ceci suppose une lettre de Mme de Sainte-Agnès, que nous ne possédons plus.
2. En vue des élections. Cf. le post-scriptum de la lettre du mois de janvier, p. 180.
I96 CORRESPONDANCE [fév. 1686
qu'il faille tant éplucher si on a commis dans toute sa vie des péchés mortels, ou non : il faut toujours supposer qu'on n'a que trop mérité l'enfer, si Dieu nous traitait à la rigueur, et mettre son appui sur son infinie miséricorde et sur les mérites du Sauveur ; c'est le vrai soutien du chrétien.
Exhortez ma Sœur de *** à faire effort sur ellemême, et à ne désespérer jamais de la grâce de Dieu, puisqu'il ne la conserve que pour lui donner le temps de se convertir tout à fait. Je suis bien aise de ce que vous me mandez des dispositions de vos Sœurs. A mon retour, je m'appliquerai à mettre M. de L'isle 3 au point où il faut qu'il soit, afin que la maison tire le profit qu'onpeut espérerde ses talents \ Je suis à vous, ma Fille, de tout mon cœur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
3^2> — A Nicolas Payen.
Monsieur, J'ai présenté votre placet1 à M. le Contrôleur gé-