‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 155 sur 308 · P. L., t. XXXIII, col · texte numérisé non relu

P. L., t. XXXIII, col

5/|. Jurieu. Voir plus haut, note 20.

mai if.86] DE BOSSUET. o'jq

quence, c'est qu'ils n'ont point été détruits par la force de ces armes temporelles dont on se veut prévaloir. Il est bon là-dessus de remarquer, qu'à commencer par Nestorius luimême, il est constant et avéré, qu'après avoir fait prêcher son hérésie par le prêtre Anastase, puis par l'évêque Dorothée, tous les auditeurs ayant frémi de l'anathème que cet évêque prononça dans une église de Constantinople contre ceux qui traiteraient la bienheureuse Vierge Marie de mère de Dieu, Nestorius ne laissa pas de le recevoir à sa communion, et qu'il passa jusqu'à persécuter ceux de son Eglise qui avaient témoigné d'en être offensés ; que, lorsque, au concile d'Ephèse35, qui est le troisième des généraux, on travailla à la déposition de cet hérésiarque, outre que les Pères qui le composaient, et qui y signèrent, ne passèrent point les bornes d'une déposition simple, il ne paraît point que les lettres56 par lesquelles ils rendaient compte de leur conduite à Théodose, exigeassent de lui qu'il joignît ses foudres à ceux de l'Eglise. Ces lettres ne demandaient à l'Empereur qu'une approbation des actes du concile ; elles furent d'abord interceptées, mais enfin on fit tant qu'elles tombèrent entre ses mains. Il fut ensuite surpris et trompé par le parti des hérétiques ; mais ayant après tout reconnu la vérité du fait, il fit justice aux orthodoxes. Cependant tout ce qui arriva de sa détermination, en ce qui concerne les hérétiques, fut une simple confirmation du jugement du concile au sujet de la déposition de Nestorius, en la place duquel un moine nommé Maximien fut établi ; et, en tout cela, pas une goutte de sang. Nestorius, abusant de la grâce qu'on lui avait faite de le renvoyer en son monastère, continua de répandre le venin de ses hérésies. On ne le tua point cependant ; on se contenta de le reléguer et de confisquer ses biens, et enfin il mourut en exil d'une chute qu'il fit, après bien de la langueur.

55. Le concile d'Ephèse se tint en 43 1. Voir HePele, Hist. des conciles, trad. française de la 2e édition par Dom Leclerc, t. II, partie I, p. 220 et suiv.

Page 1