Waddington : tous les autres évangélistes
mai 1686] DE BOSSUET. 253
ils sont contraints par nos instances C3 de les représenter, en la place du tronquement qu'ils avaient fait, ils substituent une falsification, ils donnent un futur pour un présent, et traduisent qui sera livré, qui sera rompu, qui sera répandu ; au lieu que le grec porte qui est livré, qui est rompu, qui est répandu, otoo;j.£vov et non pas So67]<7o'u.evov , et ainsi de xàw j.£vgv et d'Êx^uvvoasvov, pour lesquels, selon vous, il devrait y avoir xXaffô/)aoa£vov et Ix/uOtiooftevov 6*. Voilà le nœud gordien de toute la dispute ; car si c'est un corps livré et rompu, et un sang répandu dans le temps présent, Jésus-Christ ne pouvait dire cela dans l'institution de la sainte Cène que dans un sens figuré, puisque la chose n'arriva que le lendemain ; et lorsque saint Paul 65, quelques années depuis, appelait encore ce pain le corps rompu de Jésus-Christ dans un temps présent, ce ne pouvait être encore que d'une manière figurée, puisqu'il n'était plus vrai que ce corps fût rompu réellement, Jésus- Christ étant alors glorieusement ressuscité ; en un mot, il s'agit, dans l'Eucharistie, du corps mort de Jésus-Christ, de son sang répandu et de ce sang séparé du corps, ce qui ne se peut trouver que dans un état de mort ; or, l'Eucharistie ne me peut donner aujourd'hui le corps mort de Jésus-Christ que d'une manière sacramentale et figurée, et non pas dans un sens au pied de la lettre. Si l'Eglise romaine a en cela d'autres vues et prétend nous donner un corps glorieux au lieu d'un corps mort et dans un état d'ignominie, ce n'est plus la sainte Cène de Notre-Seigneur, elle a d'autres objets et d'autres intentions ; et cela étant, elle trouvera bon que nous allions chercher une autre communion que la sienne06.