‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 17 sur 308 · Au Prince de Condé · texte numérisé non relu

Au Prince de Condé

Votre Altesse Sérénissime sait combien j'estime

2. On croyait que Mme de Beringhen, n'avait qu'une sœur, Mme d'Armainvilliers, religieuse comme elle à Faremoutiers ; on en concluait que la présente lettre ne pouvait lui avoir été adressée. Mais une pierre tombale conservée dans l'ancienne église abbatiale, aujourd'hui paroissiale, de Faremoutiers, nous a appris l'existence d'une autre sœur, Marguerite-Françoise-Julie de Beringhen de la Croix, élevée aussi à Saint-Menou et venue pareillement à Faremoutiers. De bonne heure frappée d'hémiplégie, elle mourut quelques jours seulement après sa tante, le 10 juin 1680, dans la trentième année de son âge et la quatorzième de sa profession religieuse.

3. Deforis : mémoire. Ce mot a été biffé sur l'autographe par Bossuet, qui a écrit au-dessus : extrait. Il s'agit sans doute d'un extrait du Mémoire dont il est parlé plus haut dans la lettre à l'Abbesse de Faremoutiers et dans la lettre à ses religieuses (t. II, p. 35a et 357). Il était relatif aux entrées des étrangers dans le monastère et au parloir.

4. Nous avons dit qu'il était premier écuyer de la petite écurie, et appelé communément M. le Premier. Il avait perdu son fils aîné en 1674, et sa femme le 8 juin 1676, et il « s'était retiré de la Cour depuis quelques années pour songer à son salut » (Mémoires de Sourches, t. I, p. 167). Sans doute, reportant son affection sur ses filles, il venait les voir souvent à Faremoutiers. Mais les nouveaux règlements se montrant plus sévères relativement au parloir et aux visites, Bossuet voulait aller doucement dans l'application qui devait lui en être faite, et ménager sa tendresse paternelle.

Lettre 299. — L. a. s. Publiée par A. Floquet(t. III, p. 538) sur l'original conservé à Chantilly, Papiers de Condé, t. 97, f° 216. Elle répond à une lettre que Condé avait donnée à Renaudot pour être remise à Bossuet et que nous ne possédons plus. (Lettre de Renaudot à Condé, du 3o septembre i684-)

28 CORRESPONDANCE [oct. 1684

l'abbé Renaudot. Personne, Monseigneur, n'est plus capable que lui de l'emploi que vous souhaitez lui procurer1. Je suis ravi de voir, Monseigneur, qu'après que j'ai eu l'honneur de vous parler pour lui, V. A. ait tellement connu ce qu'il vaut, que ce soit Elle maintenant qui me le recommande. Elle ne doutera point que je ne fasse tout ce qui dépendra de moi2.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, de V. A. S. le très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

A Germigny, 10 octobre i684-

3oo. — Le Prince de Condé a Bossuet.

Le i3 octobre i684- Je viens d'apprendre par M. Sauveur ' que M. de Corde-

i. Celui de garde de la Bibliothèque du Roi.

2. Cette fois encore, Renaudot fut évincé par suite de la mauvaise disposition de Louvois (Cf. lettre 297, note 6).

Lettre 300. — Cette lettre, quoi qu'en ait dit Floquet (t. III, p. 53g), avait été publiée par Deforis (t. IX, p. 562, note). Le cardinal de Bausset l'a donnée dans son Histoire sur l'original, qu'il assure avoir sous les yeux (livre VII, § 2^)- L'autographe étant perdu, nous préférons le texte de Deforis à celui de M. de Bausset, qui, en général, n'est pas aussi exact dans ses transcriptions.

1. Joseph Sauveur (1653-1716) avait été présenté par Cordemoy à Bossuet. Ce prélat lui conseilla de renoncera la médecine. « Il jugea qu'il aurait trop de peine à y réussir avec un grand savoir, mais qu'il allait trop directement au but et ne prenait point de tours, avec des raisonnements justes, mais secs et concis, où les paroles étaient épargnées et où le peu qui en restait par une nécessité absolue était dénué de grâce » (Fontenelle, Eloge de Sauveur). Sauveur s'adonna aux

oct. i684] DE BOSSUET. 29

moy 2 était fort malade, qu'il y avait bien du péril en son mal. J'en suis dans la plus grande peine du monde, ayant pour lui beaucoup d'estime et beaucoup d'amitié3. J'écris à M. Bossuet4 de m'en mander des nouvelles. Je ne doute pas que vous n'en ayez une grande douleur, sachant l'amitié que vous avez pour lui. En vérité, vous êtes bien à plaindre ; car vous venez de perdre M. l'abbé de Saint-Luc5, et il n'y a guère que vous avez perdu M. l'abbé deVares1'. Personne au monde ne s'intéresse tant que moi à votre déplaisir, d'autant plus que je connais mieux que personne le fonds de votre amitié, et que je connaissais le mérite de M. l'abbé de Saint-Luc, et l'amitié et l'attachement qu'il avait pour vous. Je vous supplie de croire que je sens votre déplaisir très vivement7 et votre inquiétude sur le mal du pauvre M. de Cordemoy. Faitesmoi la justice d'être bien persuadé que rien ne peut m'être plus sensible que toutes les choses qui vous touchent, et que personne ne vous honore tant que moi.

Louis de Bourbon.

3oi. — Claude Fleuhy a Bossuet.

Eh bien ! Monseigneur, il a plu à Dieu de frapper encore ce terrible coup et de nous ôter M. do Cordemoy. Il me semble

mathématiques et fut chargé, en i68j, de les enseigner aux pages de la Dauphine. Bientôt après, il fut mis en rapport avec Condé, qui l'appelait souvent à Chantilly. En 168G, il eut une chaire au Collège royal, fut, en iGg^, nommé professeur de mathématiques du duc de Bourgogne, et, en 1699, entra à l'Académie des sciences.

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