‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 18 sur 308 · Mort le 7 octobre · texte numérisé non relu

Mort le 7 octobre

6. Mort le 28 septembre. — 77 n'y a guère, pour II n'y a guère de temps. « Je voudrais qu'il vînt bien vite, afin qu'il n'y eût guère qu'il vous eût vue » (Mme de Sévigné, Grands Ecrivains, t. IV, p. 4l6).

7. Bausset : très vivement votre déplaisir. Lettre 301. — Il est question de Fleury, page i5.

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que je ne vois plus que des morts, et à peine sais-je si je suis en vie moi-même ; du moins sais-je bien que, si j'ai tant soit peu de raison, je ne dois pas me promettre un moment dévie. Quatre amis de cette force perdus en deux mois1 ! Mais il n'est point question de lamenter 2 ; il faut songer aux vivants et avoir soin de la pauvre famille de notre ami. Il m'a passé par l'esprit que peut-être ne serait-il pas impossible de conserver la charge ou la pension pour le fils qui est à Lyon et de l'engager à continuer l'Histoire3. Je crois qu'en un an ou deux, laborieux comme il est, avec un fort bon esprit, il aurait bien autant d'avance que le père pouvait en avoir, vu la jeunesse, la fraîcheur de la mémoire, et qu'il n'aurait aucun autre soin. Un de ses jeunes frères l'y pourrait aider ; et je crois que, ces deux jeunes hommes se donnant tout entiers à cet ouvrage, ils y réussiraient plutôt que quelqu'un des savants que nous connaissons4; ou plutôt, je n'en connais point que je puisse

i. Ces quatre amis étaient l'abbé de Varès, l'abbé de Saint-Luc, Cordemoy et André Le Fèvre d'Ormesson d'Amboile (Sur ce dernier voir lettre 296, p. 22, note 17).

2. Lamenter, se plaindre avec douleur. « Montrez-moi comme aux adversités je ne lamenterai point » (Malherbe).

3. L'Histoire de France. Voir plus loin p. 54o-54i et t. I, p. 363. 4- L'abbé Bernou, qui ne tenait pas en haute estime le talent de

Cordemoy, n'aurait pas été fâché de lui succéder. Il écrit de Rome à l'abbé Renaudot : « Nous n'avons point encore vu l'Histoire de M. de Cordemoy, mais j'ai peine à croire qu'il ait fait de grandes merveilles, et j'ai assez de vanité pour me persuader que je pourrais bien être son successeur. Procurez-moi cet emploi » (Lettre du 3 juillet i685, Bibl. Nationale, n. a. fr. 7497, f° 226). C'est l'abbé de Cordemoy qui fut chargé de publier et de continuer l'œuvre de son père. Lorsque le premier volume de cette Histoire eut paru, Bernou écrivit encore à Renaudot : «... Je ne crois pas qu'il fasse tomber la plume des mains aux autres écrivains de l'histoire de France. Tout cela soit dit entre nous, car je ne veux pas me brouiller avec les patrons de l'auteur. Son fils ne fera pas mieux apparemment, parce que non est discipulus supra magistrum, et qu'il ne voudrait pas faire tort à son père » (Lettre du 22 janvier t686, ibid., f" 291. Voir notre t. I, p. 363). Le Père Lelong-, dans sa Bibliothèque historique de la France (édit. de Fontette, t. II, p. 40 juge plus favorablement cette histoire, dont la troisième partie n'a pas été imprimée.

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indiquer pour cet ouvrage. Je sais bien que cela sera difficile à obtenir ; mais, quand on n'obtiendrait qu'une partie de la pension, ce leur serait toujours un grand secours. Peut-être cette affaire mériterait bien que vous fissiez un tour à Fontainebleau3, car elle aura besoin d'être puissamment sollicitée ; et vous savez mieux que moi que, si ces sortes de grâces ne s'obtiennent sur le champ et par la compassion d'une mort récente, il n'y a rien à faire ensuite. Je sais bien, Monseigneur, que je ne hasarde rien de vous dire toutes mes pensées. Il m importe seulement de savoir votre résolution, afin que, si vous demeurez à Meaux, je me rende incessamment auprès de vous. Cependant je vous demande, avec un profond respect, vos prières et votre sainte bénédiction.

Fledry A Paris, ce i5 octobre i684-

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