‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 209 sur 308 · Infirmes, faibles dans la foi. Cf. p · texte numérisé non relu

Infirmes, faibles dans la foi. Cf. p

5. Il a déjà été parlé de cette épître de saint Jean Chrysostome à Césaire, dans la lettre de Bossuet à Huet, le 21 septembre i685. Voir plus haut, p. 126.

6. Voir Bayle, Nouvelles de la République des Lettres, juin i685, p. 092 et suiv. ; cf. le Menagiana, t. III, p. 357 el 358.

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l'Eglise que des difficultés apparentes, et jamais d'objections solides. Mais c'est ici la matière d'un autre entretien, et je dois parler maintenant des objections qu'on vous fait contre mon Exposition.

On veut, dans la quatrième, qu'un catholique ait écrit contre ce livre, à cause qu'on a ouï dire, dit-on, à M. Conrart qu'il avait vu cet écrit7. Avec la permission de ceux qui objectent des choses si vaines, que prétend-on conclure de là? Et quand, sur la foi de M. Conrart, huguenot entêté de sa religion, s'il en fut jamais, on voudrait croire qu'un catholique eût écrit contre moi, n'y a-t-il pas de bons et de mauvais catholiques, des jaloux, des indiscrets et des ignorants ? Et que peut-on penser de ce catholique qui n'a pour tout confident d'un ouvrage qu'il entreprend contre un évêque de sa communion, que des huguenots? En vérité, il y a bien de la faiblesse à relever de pareilles choses, et ceux qui s'en laissent éblouir, ont bien envie d'être trompés.

Cinquième objection : Je persiste encore à dire

7. Il s'agit d'un ouvrage de Théodore Maimbourg, composé en 1673, et qui n'avait point encore été imprimé. (Voir la lettre 377, p. 211, note 5 et tome I, p. 169, note 2 et p. 291.) Un peu plus tôt, un certain Formaget, vice-gérant de l'officialité de Paris, avait fait une critique qui n'a jamais été imprimée, mais qui circulait manuscrite ; il s'en trouve une copie dans un recueil de la Bibliothèque Mazarine, Ms. 2001, p. ^38-45 1. Elle est intitulée Observations sur un livre qui porte pour titre : Exposition de la doctrine de l'Église sur les matières de controverse. Ce Jean Formaget était originaire du diocèse de Saintes. Après avoir passé quelques mois au Séminaire Saint-Sulpice (26 novembre 1661-1 1 avril 1662), il était resté dans le diocèse de Paris, où il devint, sous François de Harlay, vicaire général et officiai. Il mourut en juillet 1680. (Voir Revue Bossuet, octobre 1902, p. 248.)

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que je n'ai point lu le livre du P. Crasset4 qu'on m oppose ; j'ai bien su, à la vérité, que M. Jurieu me l'opposait, mais les protestants eux-mêmes demeurant d'accord que cet auteur mêle ensemble le vrai, le faux et le douteux, je ne me crois nullement obligé à m'éclaircir de la plupart des objections qu'il me fait, non plus qu'à y répondre. J'ajouterai seulement ici que le P. Crasset lui-même, touché de ce qu'on disait que sa doctrine ne s'accordait pas avec la mienne, m'en a fait ses plaintes à moi-même et a écrit dans une préface d'une seconde édition 5 de son livre qu'il ne différait en rien d'avec moi, si ce n'est peut-être dans les expressions ; ce que je laisse à examiner à quiconque en voudra prendre la peine. Au surplus, il n'y a personne qui ne sache que, lorsqu'il s'agit d'entendre les dogmes, il faut considérer ce qu'on en écrit théologiquement et précisément, dans un ouvrage dogmatique, plutôt que quelques exagérations qui seront peut-être échappées dans des livres de piété. On parle encore dans cette cinquième objection de ce que j'ai dit dans ma Lettre pastorale touchant ce qui s'est passé dans le diocèse de Meaux

l\. L'ouvrage du P. Grasset a été mentionné, t. II, p. a5p, et suiv., 48i et suiv.

5. Cette seconde édition (Paris, 1687, in-8) fut achevée d'imprimer le 20 décembre 1686. On lit dans la préface: « ... Quant à ces deux auteurs passionnés (Arnauld et Jurieu), qui se battent depuis si longtemps avec tant de chaleur et qui m'ont voulu commettre avec un des plus savants et des plus illustres prélats de notre France, je n'ai rien à leur répondre, sinon que je conviens avec lui dans le fond de la doctrine, quoique nos expressions soient un peu différentes, et que, puisque mon livre contient celle de l'Eglise romaine de l'aveu même de notre commun adversaire, celui de ce grand prélat avant mérité l'approbation du Saint Siège, il est évident que nous enseignons la même chose. »

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et dans plusieurs autres, dont les évêques, mes confrères et mes amis, m'avaient fait le récit ; et moi, je persiste à dire, sous les yeux de Dieu, qui jugera les vivants et les morts, que je n'ai rien dit que de véritable, et que l'auteur de la République des Lettres6 avait reçu un mauvais mémoire, quand il a dit que je retrancherais cet article dans les éditions suivantes, puisque je n'y ai pas seulement songé 7.

Quant à ce qu'on objecte, en sixième lieu, du cardinal Capisucchi, vous savez aussi bien que moi, mon Révérend Père, que c'est une froide objection qui rouie sur l'équivoque du mot de latrie. Vous connaissez la distinction des scolastiques entre la latrie absolue et la latrie relative8. Et tout ici se réduit enfin si visiblement à une dispute de mot, que je ne puis comprendre comment des gens sensés s'y amusent. Pour moi, qui ne m'étais pas proposé de défendre les expressions de l'Ecole, quoique très aisées à bien expliquer, mais le langage de l'Eglise dans les décisions de foi, je n'avais pas besoin d'entrer dans cette subtilité ; et le cardinal Capisucchi, qui en faisait un traité exprès, n'a rien dit en tout cela qui me soit contraire.

La septième objection est une lettre qui me fut écrite, il y a quelques années, par un nommé Imbert, qui crut s'attirer quelque protection de ma part, en médisant qu'il souffrait persécution pour la doctrine de mon livre de l'Exposition. Je n'en crus rien,

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