Voir p
8. Sur le culte de latrie ou d';idoration, voir t. II, p. 377, note 9.
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parce que je connaissais trop M. l'archevêque de Bordeaux, son prélat, dont il se plaignait; mais comme j'ai toujours vécu avec ce sage archevêque dans une très sincère amitié et correspondance, je lui écrivis sur ce sujet. J'appris que ce M. Imbert était une tête mal faite, qui avait fait jusque dans l'église des extravagances signalées, dont il n'avait eu garde de se vanter auprès de moi. Il s'était mêlé dans sa conduite beaucoup d'autres choses fort irrégulières qui m'empêchèrent d 'entrer plus avant dans cette affaire et d'intercéder pour un homme, où d'abord je n'avais cru que de la faiblesse et de l'ignorance. Cependant les protestants impriment la lettre de cet homme ; et la simple allégation d'un tel témoin deviendra, s'il plaît à Dieu, une preuve contre moi. Je vous le dis devant Dieu, mon Révérend Père, j'ai le cœur serré quand je vois des objections de cette nature relevées sérieusement dans des livres, et je demande à Dieu, dans le gémissement de mon cœur : 0 Seigneur, souffrirez-vous encore longtemps que des âmes chrétiennes se laissent prendre dans de si fragiles lacets ?
Les extraits du cardinal Bona qu'on rapporte dans la dernière objection, regardent la difficulté commune, tant rebattue par les protestants, sur la manière de prier les saints. Cette difficulté consiste en ce que, comme ceux qui prient avec efficace et qui obtiennent l'effet de leurs vœux sont quelquefois regardés comme faisant les choses à leur manière, il arrive aussi quelquefois qu'au lieu de dire aux saints : Priez, on leur dit : Faites, en sous-entendant toujours
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que c'est par leurs prières seulement qu'ils font. Par de telles objections, on fera voir au Saint-Esprit qu'il a tort quand il dit si souvent dans l'Ecriture que les saints ont fait ce que Dieu a fait par eux, et à leurs prières. Si ces façons de parler se trouvent dans l'Ecriture, pourquoi ne voudrait-on pas qu'elles se trouvent aussi dans les prières de l'Eglise ? Mais peut-on s'expliquer plus clairement que fait l'Eglise sur ce sujet, puisque, pour une fois qu'il se trouvera, et encore dans les hymnes et les ouvrages de poésies, que les saints sont priés de faire et d'accorder quelque chose, il se trouvera cent fois très bien expliqué qu'ils le font par leurs intercessions et par leurs prières? Et si la chose n'était pas encore expliquée par les prières de l'Eglise, pouvait-il rester aucun doute après les explications que j'ai rapportées du Catéchisme du Concile9, et après les décisions du Concile même ? Car, je vous prie, pensons un peu entre nous ce qu'il enseigne dans la session xxv. Ne pose-t-il pas pour fondement de l'invocation qu'on leur adresse qu'ils offrent des prières pour nous? Par conséquent ce dessein est d'enseigner que leur puissance est dans leurs prières. Et on nous demande après cela des nouvelles explications, comme si le Concile de Trente ne s'était pas assez expliqué sur
g. Le Catéchisme du concile de Trente, appelé aussi Catéchisme romain, avait été rédigé conformément aux vues du concile de Trente par quatre commissaires nommés par Paul V. Ce travail, revu par saint Charles Borromée, puis par le cardinal Sirlet, fut traduit, à la demande de saint Pie V, d'italien en latin par Jules Poggiani et Paul Manuce, et fut publié sous ce titre : Calechismus ex decreto concilti Tridentini ud parochos Pu V j tissu éditas, Rome, i566, in-fol. Il a été plusieurs fois traduit en français.
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une matière d'ailleurs très claire. En vérité, mon Révérend Père, cela afflige un cœur chrétien, de voir que, le sens de 1 Eglise étant si bien éclairci dans ses décisions, on continue encore à nous chicaner sur des mots.
Je ne vous parlerai point de l'affaire de M. de Witte, pasteur de Sainte- Marie de Malines ; je ne vois rien là-dedans qui me regarde en particulier, non plus que dans les lettres du Clergé sur le sujet de quelques brefs du Pape 10. On ne prétend jamais offenser Sa Sainteté, ni diminuer le moins du monde l'autorité de son Siège, en disant qu'il en peut émaner des choses où l'on prétend que la règle n'est pas toujours observée. Au contraire, de tels exemples devraient faire voir aux protestants comment une Eglise peut respectueusement soutenir ce qu'elle croit être de ses droits, sans rompre l'unité et sans blesser la subordination.
Excusez, mon Révérend Père, si je vous fais si tard cette réponse. D'autres occupations, qui ne m'en ont pas laissé le loisir, me serviront d'excuse, s'il vous plaît. Je finis en louant votre zèle, qui ne vous permet11 de vous relâcher dans le désir qui vous presse de sauver vos frères. Je suis avec une estime particulière, mon Révérend Père, votre très humble et très affectionné serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.