Voir plus loin la lettre de Pirot, du 7 juin, p
i3. Les éditeurs donnent Du Fresnet et Poliot ; du Moulin : de Fresnes et Poliot. En réalité, il faut lire : de Fresnes et Poillot. Antoine Le Viste, seigneur de Fresnes, appartenait à une famille originaire de Lyon. Il était fils d'Aubert Le Viste, correcteur de la chancellerie de France, et de Jeanne Baillet, dame de Fresnes. Il succéda, comme correcteur, à son père en 1 49^, puis fut maître des requêtes de l'Hôtel, et enfin, en i5a3, président à mortier au Parlement. Il mourut en i534 et fut enterré à Saint-Merry. Denis Poillot, né à Autun, fut procureur général au Parlement de Dijon en i5i4, conseiller au Grand Conseil en i5i6, ambassadeur en Angleterre en i522, maître des requêtes la même année, président à mortier en IÔ2Ô. Il mourut le 29 décembre i53i, et fut inhumé à Saint-Eustaehe. (Bibl. Nat., fr. 7Ô53, p. 638 ; Fr. Blanchard, Les Présidents au mortier, Paris, 16^7, in-fol.; Jean Blanchard, Généalogie des maîtres des requêtes de l'Hôtel, Paris, 1680, in-fol.; Fl. Vindry, les Ambassadeurs permanents au XVIe siècle, Paris, 1900, in-4, p. 6).
i!\. Le voici en grande partie : «... Post varias et multipliées sessiones tain apud a?dem Sancti Mathurini quam apud collegium Sorbonae ab octava Junii usque ad secundam Julii habitas et conti
362 CORRESPONDANCE [mai 1687
Premièrement le style de cette conclusion, telle qu'elle est rapportée par Burnet, n'est point conforme à celui dont la Faculté se servait en ce siècle. Cela paraît par la confrontation que l'on en peut faire avec les autres monuments de notre Compagnie que nous avons du même temps, comme les deux censures contre Érasme, faites en i526 et 1537 ; les articles proposés à François Ier, en i542, et la censure contre du Moulin13 en i552. Aussi je me souviens que cette pièce faisant de la peine à un de mes amis, il demanda à M. Burnet, lorsqu'il vint à Paris16, s'il avait vu l'original: il lui avoua franchement qu'il ne l'avait jamais vu, mais seulement une copie dans un livre anglais11 imprimé sous Henri VIII.
En second lieu, la pièce que rapporte ledit sieur Burnet
nuatas, procuratis prius excussisque quam diligentissime ac ea qua decuit reverentia et religione Sacrae Scriptura? libris eorumque probatissimis interpretibus, necnon sacrosanctœ Ecclesiae generalibus ac synodalibus Concilii decretis et constitutionibus longo usu receptis et approbatis, Nos praedicti Decanus et Facilitas de praedicta quaestione disserentes et ad eam respondentes, sequentes unanime judicium et consensum majoris partis totius Facultatis asseruiraus et determinavimus, prout et in his scriptis per présentes asserimuset determinamus : quod praedictae nuptiae cum relictis fratrum decedentium sine liberis, sic naturali jure pariter et divino sunt prohibitae, ut super talibus matrimoniis contractis sive eontrahendis Summus Pontifex dispensare non possit. In cujus nostrae assertionis et determinationis fidem et testimonium sigillum nostrae Facultatis cum signo nostri notarii seu bidelli praesentibus apponi curavimus. Datum in generali nostra congregatione per juramentum celebrata apud Sanctum Mathurinum anno Domini millesimo quingentesimo trigesimo, mensis vero Julii die secunda. » Burnet déclare suivre le texte imprimé à Londres en i53a. Ce texte est conforme à celui que donne Th. Rymer dans ses Fœdera (Londres, 1728, in-fol., t. XIV, p. 3g3 et 394), sur l'original, dont la sincérité était attestée par acte notarié du 6 juillet i53o.
i5. Ch. du Moulin fut censuré le 9 mai i55a pour son Commentarius ad edictum Henrici II contra parvas datas et abusus Curiœ Romanse, Lyon, i552, in-4.
16. Avant son voyage de 1680, Burnet était déjà venu à Paris en
17. On a vu (note i!\) que Burnet s'est servi d'un texte imprimé à Londres en i532.
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dit que l'avis de la Faculté a été donné, unanimi consensu ad pluralitatem vocum 1S : ce qui ne convient pas avec ce qu'en dit du Moulin, qui rapporte que le sentiment pour Henri VIII ne l'emporta que de six suffrages.
Troisièmement, les lettres du Président Lizet disent que l'avis que la Faculté donna ne plut pas au Roi19: d'où on doit conclure qu'il était autre que celui que l'on nous rapporte ; puisque celui que l'on nous rapporte satisfaisant entièrement les prétentions de Henri VIII, il devait nécessairement plaire à François Ier, qui voulait pour lors faire plaisir à ce roi. Ce que dit M. Lizet s'accorde assez avec l'état des temps où l'on dit que cet avis a été donné. Tout le monde sait que François Ier était irrité pour lors contre la Faculté, qu'il lui fit l'affront de vouloir que les ouvrages d'Erasme fussent examinés par toutes les Compagnies de l'Université, conjointement avec celle de théologie, à qui il déclara ne pouvoir se fier ; qu'il avait fait emprisonner, et ensuite exiler le syndic20 et plusieurs autres docteurs. Une Compagnie tout récemment maltraitée n'est guère en état de satisfaire, sur un point difficile, aux désirs d'un prince dont elle ressent si vivement l'indignation. Enfin, si la Faculté avait répondu à Henri VIII de la manière que Burnet nous le rapporte, il n'aurait pas été nécessaire qu'Elisabeth eût consulté la Faculté de droit canon de Paris, pour savoir si le mariage de son
18. Ces paroles ne se lisent pas dans la pièce en question, mais bien : sequentes unanime consilium et consensum majoris partis.
19. La lettre de Lizet citée plus haut ne dit pas cela en propres termes, mais seulement que la connaissance de ce qui s'était passé à la Faculté pourrait nuire à Henri VIII au lieu de servir sa cause ; et sans doute il entendait parler des brigues et des violences par lesquelles avait été obtenue la décision de la Faculté.
20. Noël Beda, de son vrai nom, Beyde ou Bédier, né en Picardie vers i470, mort en 1 537. Etant syndic de la Faculté, il se signala par son zèle contre les écrits suspects de nouveauté. Ici, Le Feuvre est dans l'erreur ; Beda n'était pas encore exilé lors de la consultation du roi d'Angleterre. C'est seulement le 26 mai i533, qu'il fut relevé de ses fonctions par la volonté du Boi. Il mourut enfermé au mont Saint-Michel, le 8 janvier i556 (Biogr. universelle, art. Beda;
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père21 était légitime, la réponse de la Faculté de théologie prévalant elle seule à tout ce que les autres Facultés du même lieu pouvaient décider. Or nous avons dans la Bibliothèque de M. Colbert, la réponse en original de cette Faculté sur cette consultation22.
Quant à ce que du Moulin rapporte de la nôtre, je m'étonne qu'il parle de visu, manquant en deux faits dans son rapport : premièrement dans la date de la réponse de la Faculté, qu'il dit avoir été faite au mois de juin ; et selon la pièce que produit Burnet, elle n'a été faite qu'au mois de juillet23 ; secondement, en faisant entrer dans cette affaire Beda21, qui était pour lors exilé.
Voilà, Monseigneur, ce que je sais présentement sur ce sujet 2b : sitôt que je serai plus à moi, et que j'aurai la liberté
Bayle, Dictionnaire, au mot Beda; P. Caron, dans les Positions des thèses de l'Ecole des Chartes de la promotion de i8g8, p. 26 et suiv. ; L. Delisle, op. citât., p. 34ç)).
21. Elisabeth était née du mariage contracté par Henri VIII avec Anne de Boleyn du vivant de Catherine d'Aragon.
22. Cette réponse de la Faculté de droit n'a pas dû passer à la Bibliothèque Nationale avec les papiers de Colbert. Elle ne se trouve ni dans les Mélanges Colbert, ni dans les autres fonds.
23. La conclusion a fort bien pu être rédigée le 2 juillet et le vote des docteurs avoir été donné au mois de juin. Voir les lettres de Guillaume du Bellay, du 9 juin et du i5 août i53o (ap. Le Grand, t. III, p. 458 et 473) ; voir aussi le texte de Burnet (plus haut, note i4)-