D'abord, aussitôt, tout d'abord
Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide,... Qui d'abord accablait ses ennemis surpris.
(Racine, Alhalie, III, 11.)
« J'entrerai d'abord en matière, et, sans vous ennuyer par un long exorde, je partagerai mon discours en deux parties » (Bossuet, sermon pour la Conception de la Vierge, dans les Sermons choisis, éd. Ch. Urbain, Paris, 1900, in-18, p. 434).
7. Sans doute l'ouvrage entrepris pour la défense de la Déclaration de 1682, et dans lequel Bossuet avait espéré être aidé par des hommes versés dans les études historiques ou théologiques, tels que ses trois amis défunts.
oct. i684] DE BOSSLET. 37
Jannon8, qui sont venus me consoler, vous saluent.
J. Bénigne, é. de Meaux.
8. Sur Fleurv, voir lettre 296. — Les éditeurs impriment à tort : Jannen. Il s'agit certainement ici de l'abbé Hugues Jannon, parent de Bossuet, et ami de Bancé. C'était, dit Ledieu, un saint prêtre ; il avait été, au Doyenné de Saint-Thomas-du-Louvre, le familier de Bossuet ; celui-ci l'avait chargé d'aller en son nom prendre possession de l'évêché de Condom. Il eut son domicile rue Cassette, vis-à-vis des Filles du Saint-Sacrement, et c'est chez lui que Bossuet eut sa première entrevue avec Mme Guyon. Il mourut à la fin du mois de janvier 1698. Il entretenait de bonnes relations avec M. de La Chétardye, curé de Saint-Sulpice, à qui il donna en mourant un morceau de la vraie croix, et avec les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés, à qui il légua un précieux crucifix d'ivoire. Avant d'entrer dans les ordres, il avait pris son doctorat es droits et avait rempli, de i65a à i658, la charge de procureur général à la Cour des aides de Vienne (et non pas au Parlement de Bourgogne, comme le dit Floquet). Il avait reçu le même jour (22 septembre i663) les quatre ordres mineurs et le sous-diaconat. Il fut obéancier de Saint-Just de Lyon, et prieur commendataire de Saint-Pierre d'Aurec, en Velay. Le 20 janvier 1675, en qualité de député du clergé de Lyon, il prit part à l'assemblée provinciale tenue en cette ville pour nommer les députés à la prochaine assemblée générale du Clergé de France (Archives Nationales, G8 88.) Plus tard, il renonça tant à sa dignité de la collégiale de Saint-Just qu'à son prieuré, et se défit d'une partie de sa fortune. Il fonda deux bourses en faveur de l'Oratoire de Dijon et autant au séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fit une donation en faveur de l'hôpital d'Alise-Sainte-Beine, etc. (Voir Archives Nationales M 228A, Y 2^6, f° 36o ; Nécrologe de Saint-Germain-des-Prés, à la Bibliothèque Nationale, fr. 16861, f° 238, publié par M. J.-B. Vanel, Paris, 1896, in-4 ; Dom Bouillart, Histoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1724, in-fol., p. 2g4 ; Ledieu, t. I, p. 68 et i33).
La famille Jannon, originaire d'Auxonne, a fourni de nombreux magistrats à Dijon, à Besançon et à Lyon ; plusieurs de ses membres, à la même époque, ayant porté le nom de Hugues, il est presque impossible d'établir au juste la filiation de celui qui fait l'objet de cette note, et qu'il ne faut pas confondre avec Hugues Jannon, procureur général au Parlement de Bourgogne (qui perdit Claude Malassis, sa femme, le 12 août 1667), ni avec l'abbé Hugues Jannon, chanoine de Nuits, puis curé d'Auxonne en 1661, et mort en 1689. Voici ce
38 CORRESPONDANCE [oct. 1684
3o£. Au DUC DE NOAILLES
A Meaux, a3 octobre i684-
Je vous assure, Monsieur, que votre maladie1 m'a beaucoup donné d'inquiétude, et que, parmi toutes les pertes que j'ai faites2, je ressentais bien vivement le péril où je vous voyais. Je me réjouis de vous en voir dehors3, et ne puis m'empêcherde vous conjurer d'avoir grand soin de vous ménager. J'ai le bonheur
qui, après examen des registres de l'état civil à Dijon et à Auxonne, paraît plus probable. Notre Hugues Jannon, baptisé à Auxonne, serait né dans cette ville le 3 janvier i63i et serait l'aîné des enfants de Claude Jannon, avocat à Dijon, puis avocat du Roi au bailliage d'Auxonne, et de Marguerite Bretin ; il aurait eu pour parrain son grand-père Hugues Jannon, antique maïeur d'Auxonne, et pour marraine son arrière-grand'mère maternelle, Marguerite Margeret, veuve d'André Bossuel. C'est donc par sa mère, que notre Hugues Jannon aurait été parent de l'évêque de Meaux, car Marguerite Bretin était fille de Jacquette Bossuet, laquelle était fille d'André Bossuet et sœur de François Bossuet surnommé le riche, comme Philiberte Bossuet, mère de l'abbé Jannel. L'abbé Jannon et l'abbé Jannel, cousins-germains entre eux, auraient donc été au même degré parents du grand Bossuet.
Lettre 304. — Publiée d'abord en partie par l'abbé Millot, dans les Mémoires du duc de Noailles, Paris, 1776, in-12, t. I, p. 71 ; et par Lâchât (t. XVII} p. 356), puis donnée intégralement par ce dernier éditeur (t. XXVI, p. 33g), sur l'autographe aujourd'hui détruit de la Bibliothèque du Louvre. Nous l'avons revue sur une copie de Mercier de Saint-Léger (Archives de Saint-Sulpice).
1. Le duc étant tombé dangereusement malade, les protestants de la province prièrent comme les catholiques et s'imposèrent des jeûnes pour obtenir de Dieu le rétablissement de sa santé (Millot, t. I, p. 6/1).
2. Celles de l'abbé de Varès, de l'abbé de Saint-Luc et de Cordemoy.