‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 220 sur 308 · Sauvez-moi, épargnez-moi. Cf. t. II, p · texte numérisé non relu

Sauvez-moi, épargnez-moi. Cf. t. II, p

20. Ici se trouvaient sur la minute les lignes suivantes, biffées par Bossuet : « Dieu est un, et dans ses ouvrages n'a qu'une seule pensée. Cette pensée, si simple et si unique, ne se peut développer au dehors que par une prodigieuse multiplicité d'effets ; et tous ces effets, qui expriment cette unique pensée, dès là sont toujours unis entre eux » (Note de Deforis).

ai. Celle du grand Condé.

22. André Pralard, reçu libraire le i3 août 1669, mort vers 1728.

23. Malebranche se refusa, du moins pour le moment, à l'entrevue sollicitée par Bossuet. Voir plus loin, la lettre 43o, p. 3g2.

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en sorte qu on pourra bien n'être pas dans mon avis, mais qu'on ne dira point qu'on ne m'entend pas".

42g. — Edme Pirot a Bossuet.

En Sorbonne, le 7 juin 1687.

Monseigneur, J'ai fait copier la lettre circulaire de M. le cardinal Le

i!\. Cette lettre, du 21 mai, n'a pas dû être envoyée. En effet, le Ier juin suivant, If. d'Allemans écrivait de Montardy à Malebranche : « ... Je suis bien aise des avances que vous fait M. de Meaux, je sais l'estime qu'il a pour vous, combien il souhaite d'avoir commerce avec vous. Ainsi je suis sûr qu'il fera toujours toutes celles qui vous pourront approcher de lui. Apparemment vous savez présentement ce qu'il pense sur mon écrit. Pour moi, je ne le sais point, car depuis que je le lui ai envové, je n'en ai reçu nulles nouvelles. Mais cela ne m'étonne pas ; je sais qu'il est occupé et qu'il oublie facilement. Ce qui est sûr, c'est que tôt ou tard il me le fera savoir, et je vous manderai toujours ce que j'en apprendrai... » (Bibl. Nationale, fr. 25688. Cf, Blampignon, op. cit., p. 85). Le P. Adry assure aussi que cette lettre « à un disciple du P. Malebranche » fut supprimée par son auteur (Voir le P. André, la Vie du R. P. Malebranche, édition Ingold, Paris, 1886, in-12, p. gi, note 2).

Lettre 429. L. a. s. Bibliothèque d'Amsterdam. — Edme Pirot (qu'on a parfois confondu avec le P. Georges Pirot, jésuite) était né à Auxerre le 12 août i63i, et il mourut à Paris le !\ août 17 13. Il était de la maison et société de Sorbonne, et avait pris le bonnet le 28 janvier 1 664- Il fut professeur royal en théologie, syndic de la Faculté, censeur des livres, et plus tard chancelier de l'Eglise de Paris et, sur la recommandation de Bossuet, vicaire général de Xoailles. Les contemporains ne donnent pas une haute idée de son caractère. Grâce à lui, l'archevêque Ilarlay de Chanvallon domina la Faculté de théologie et lui ravit l'une de ses plus chères prérogatives. Le syndic, qui en était le plus important dignitaire, était élu pour deux ans seulement, ce qui était pour les docteurs une garantie d'indépendance. Mais ce privilège déplut à l'archevêque qui, par son autorité et celle du Roi, fil que Pirot fut syndic plus de vingt ans, avec la mission

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Camus ' sitôt que je l'ai pu avoir, et je vous l'envoie comme vous me l'avez ordonné. J'y aurais joint la copie de l'acte qui est venu de Rome au sujet des quiétistes 2, si je l'avais pu ; mais la personne de qui je le voulais emprunter, l'avait donné à M. l'Archevêque, qui n'est pas présentement en état qu'on lui parle de cela. Je ne sais que M. l'Official3 qui lui parle,

d'étouffer au sein de la Faculté toute velléité d'indépendance. « Son principal talent, dit le chanoine Legendre, était d'être souple et rampant et prêt à tout faire pour plaire aux puissances. » (Mémoires, édit. Roux, Paris, i863, in-8, p. 5a ; cf. p. 5g et 261.) Phelipeaux, grand vicaire de Bossuet, parle du génie de Pirot « naturellement enclin à approuver les sentiments de ceux qu'il voyait en autorité. » (Relation du quiétisme, s. 1., 1782, in-12, t. I, p. 211, 210.) D'autre part, un docteur ultramontain l'appelle « homme d'esprit, mais des plus dévoués aux grands, qui court à bride abattue pour obtenir des biens et des emplois». (Quarante-cinq assemblées de la Sorbonne, édit. V. Davin, Paris, s. d., in-8, p. 18.)

1. Lettre de M. le Cardinal Le Camus aux curés de son diocèse touchant la conduite quils doivent tenir à l'égard des nouveaux convertis, Grenoble, 1687, in-4 de 4 pages. Cette pièce fut dénoncée à Rome comme affaiblissant la doctrine catholique, mais un bref du Pape finit cette affaire « à la confusion de calomniateurs » (Lettres du Cardinal Le Camus, éd. Ingold, p. 5o4 et 509. Cf. Ch. Bellet, Histoire du Cardinal Le Camus, Paris 1886, in-8, p. 876).

2. Molinos fut condamné par l'Inquisition seulement le 28 août suivant ; Pirot fait sans doute allusion à un Mémoire contre le quiétisme composé à Rome par du \'aucel sous le titre de Brèves considerationes in doclrinam M. Molinos, dont il est parlé dans les lettres d'Arnauld du 27 mars et du 10 avril 1687 (Œuvres, t. II, p. 766 et

3. Nicolas Chéron, prêtre du diocèse de Bourges, venu dans celui de Paris, où il fut nommé, le 1 1 juillet 1680, vice-official, puis officiai. Il fut, avec Cocquelin, élu promoteur à l'Assemblée de 1682; la complaisance qu'il y montra lui valut l'abbaye de La Valasse, dont il jouit sans en avoir jamais obtenu les bulles : « Abbatiam inauditis vexationibus devastavit et tanquam singularis férus vineam Domini depastus est » (Gallia christiana, t. XIII, col. i322). Il recevait en outre du clergé une pension de quatre mille livres sous prétexte de préparer un recueil des édits et arrêts concernant le spirituel et le temporel, travail dont il n'avait pas fait une page lorsqu'il mourut. (Voir Sainte-Beuve, Port- Royal, t. IV, p. 277 ; les Mémoires de Rapin, t. III, p. 268-270, et ceux de Legendre, p. 98.)

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quoiqu'il se porte mieux, dont la médecine qu'on lui a fait prendre aujourd'hui est une marque.

J'ai fort pensé, depuis que nous avons parlé de la consultation que cite Burnet, à éclaircir ce fait. 11 est vrai que Fra Paolo*, dans son premier livre de YHistoiredu Concile, dit que Henri VIII voulut consulter sur son affaire les Universités de l'Europe ; et que la plus grande partie des théologiens de Paris favorisa son dessein, en prononçant que la dispense qu'il avait obtenue de Rome pour épouser Catherine, veuve de son frère, était nulle ; mais qu'on veut que son avis était plus fondé sur les dons du roi d'Angleterre que sur la raison. M. de ïhou1, dans son livre premier, page a3, meta peu près la même chose en ces termes : Rex, qui jam ante annum, Catharina repudiata, [clam] Bolenam duxerat, exquisitis prius diversorum theologorum sententiis, imprimisque Parisiensium, qui, uti rumor erat, pretio corrupti, consilio de divortio subscripserant. Cet historien ne dit pas que la Faculté fut consultée ; au lieu que le premier, parlant de la plus grande partie, semble avoir lu du Moulin6, ou du moins écrit sur ses mémoires. C'est lui qui parle le plus distinctement de la consultation. J'ai eu peine à trouver l'endroit: j'ai pour cela par-

4- Pietro Sarpi, en religion Fra Paolo (i552-iÔ23), de l'Ordre des Servîtes. Il fut le théologien de la République de \ enise en lutte contre le pape Paul \ . On l'a accusé d'être en secret partisan de la Réforme. L'Index a frappé plusieurs de ses écrits et en particulier Historia del Concilio Tridentino (Londres, 1619, in-fol.). C'est pour combattre l'influence de ce dernier ouvrage, que le cardinal Pallavicini composa Istoria del Concilio de Trento, Rome, i656-i65-, 2 vol. in-fol.). Cf. Richard Simon, Lettres, édit. Bruzen La Martinière, t. II, p. 216-222. — Le passage auquel il est fait ici allusion se trouve I. I, eh. xlix, à l'année IÔ34 (dans la traduction de Le Courayer, Bàle, 1728, in-4, t. I, p. 128).

5. Jacques-Auguste de Thou, en latin Thuanus (i553 - 16 1 7), magistrat, auteur d'une histoire publiée sous ce titre : J.-A. Thuani Historiarum sui temporis prima pars, etc. (Paris, 160^-1608, k vol. in-fol.), et qui fut mise à l'Index en 1Û09. — Livre I, à l'année i534 (à la page 23, dans l'édition d'Orléans, 1620, in-fol.)

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