‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 223 sur 308 · Bède, ou Beda. Voir plus haut p · texte numérisé non relu

Bède, ou Beda. Voir plus haut p

30. Colloquia Jamiliaria, Levde, i636, in-12. Cet ouvrage a été mis à l'Index, mais il en a été retiré.

3ao CORRESPONDANCE juin 1687

forme qui paraît avoir été observée pour la conduite de l'affaire et qui y est déduite, qui paraît aussi, à ceux qui l'ont lu, peu convenable aux usages de la Faculté. Je ne l'ai pas lu, et je n'en puis juger par moi-même.

Le Père Lamy 31 me fit l'honneur de me venir voir avanthier. Il n'entre pas fort dans votre avis sur le latin de son ouvrage 32, qui m'a paru le bon 33. Il dit qu'il vous a exposé qu'il avait deux livres à y joindre, de l'immortalité de l'âme et de la possibilité de l'Incarnation, qui doivent être pour tout le monde. Il m'a cependant dit qu'il ferait ce qu'on voudrait, et je crois qu'il mettra son français en latin. Je le trouve un fort honnête homme, d'une grande sincérité, fort sage, d'un entier désintéressement, également humble et éclairé.

Ce n'est pas là tout à fait le caractère du critique 3t de l'Écriture, qui a eu l'honnêteté de donner une lettre au public adressée à moi, et que je n'ai jamais vue : elle est, à ce qu'on m'a dit, sur l'inspiration des auteurs sacrés. Bien des gens l'ont lue, la République des Lettres en parle; mais je n'en ai rien vu ; et le mois de la République*5 où il en est parlé, n'est pas encore venu jusqu'à moi. Je ne vois pas que l'auteur prétende à l'avenir avoir aucun commerce d'appro-

3i. Dom François Lamy, bénédictin. Il sera parlé de cet écrivain, plus loin, p. 45".

32. Sans doute le traité De la Connaissance de soi-même, Paris, 169/1-1698, 6 vol. in-12.

33. Deforis : paru bon. — Ce qui a paru le bon à Pirot, c'est l'avis que donnait Bossuet à D. Lamy de publier son livre en latin et non en français. L'auteur, comme on va le voir, y faisait difficulté, jugeant que deux chapitres, destinés à toute sorte d'esprits, manqueraient leur but s'ils étaient donnés en latin.

34- Richard Simon, qui, en effet, avait publié récemment une Lettre à M. l'abbé P[irot], D[octeur] et P[rofesseur] en Th[éologie], touchant l'inspiration des Livres sacrés, par R. S. P. D. B. (Ricliard Simon, Prieur de Bolleville), Rotterdam, 1686, in-4- Cette lettre est datée du i5 novembre 1686.

35. Les Nouvelles de la République des Lettres, du mois de décembre 1686, p. i446.

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bation avec moi36, en usant37 ainsi. Il dit qu'il n'a pas mis mon nom ; mais il a mis tant de lettres initiales du nom et de l'emploi, que tout ceux qui en ont vu le titre m'ont deviné. Je me mets fort peu en peine de cela, et je n'ai pas fait de grandes diligences pour le voir ; mais il me paraît assez extraordinaire qu'on tienne cette conduite.

Ma lettre est bien longue, Monseigneur, mais je ne suis pas encore au bout, et je vous supplie de ne vous pas rebuter. Il faut que j'y fasse comme entrer une recommandation réitérée pour la cure de Mauregard38. Je ne vous nommai personne en particulier quand j'eus l'honneur de vous en entretenir. Depuis, j'apprends par M,,e Amelot39, qui m'en écrit, que le frère de celui que vous en tirez40 dessert la cure et qu'on en est fort content. Si vous n'étiez pas encore déterminé à personne et que vous pussiez le choisir pour succéder à M. son frère, vous feriez plaisir au seigneur et à la paroisse. Cela parait assez naturel, et on est persuadé qu'il ferait du bien en cette place. Vous connaissez plus que personne ce qui est de mieux41, et je ne doute pas que vous ne le fassiez.

Je ne vous donnais pas les autres années les sujets des

36. C'est-à-dire : qu'il me demande d'approuver ses ouvrages.

37. C'est-à-dire: puisqu'il agit ainsi. Les éditeurs donnent à tort : en en usant ainsi.

38. Voir p. 122. Sernin Doujat avait quitté cette cure eu mars

39. Sans doute Louise-Anne Amelot, morte en 1698, à soixantedouze ans. Elle était fille d'Elisabeth du Pré et de Jacques Amelot, marquis de Mauregard, seigneur du Mesnil-Amelot, qui était mort en 1668, après avoir été président au Grand Conseil et Premier président à la Cour des Aides.

40. Pirot parle ici des frères Guyot. L'un d'eux, Pierre, vicaire de Saint-Nicolas de Meaux, avait desservi quelque temps la paroisse de Mauregard après le départ de Sernin Doujat, puis, à la mort de Jacques Le Roy, curé de Saint-Nicolas, arrivée le 16 mai 1687, avait été rappelé dans cette paroisse, dont bientôt après il fut nommé curé et qu'il gouverna jusqu'à la fin de 1708. L'autre, Nicolas, maintenu administrateur de Mauregard, en fut curé jusqu'à ce qu'il mourut le \~ octobre i6g4, âgé de trente-quatre ans(Et;it civil de Mauregard).

Ai. Tout cet alinéa manque dans les éditions.

392 CORRESPONDANCE [juin 1687

Conférences de Paris42 ; mais, comme j 'achève ma lettre, celles de cette année se présentent à moi, et, parce qu'elles sont sur une nouvelle matière, M. l'Archevêque ayant souhaité qu'après les sacrements, qu'on a expliqués, on prit l'Évangile, je les mets en mon paquet. Je vous supplie seulement que personne ne les voie si tôt ; elles n'ont été encore vues que par l'auteur et par l'imprimeur. M. l'Archevêque et M. l'Official n'en ont rien vu, et ils se sont fiés de tout à celui qui en était chargé. M. l'Official les devait demain porter aux Calendes43, mais cela est différé à cause de la maladie44. Je ne vous les envoie que par respect : j'en ai pour vous plus que personne, et je suis, avec le plus de dévouement et de fidélité, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Pi ROT.

43o. — Malebranche a Bossuet.

Monseigneur, je ne puis du tout me résoudre à entrer en

4a. Conférences, réunions tenues par les ecclésiastiques d'un même doyenné pour l'étude certains points de la science sacrée, proposés par l'évêque.

43. Calendes, « se dit quelquefois dans l'histoire ecclésiastique pour les conférences que les curés et les prêtres faisaient au commencement de chaque mois sur leurs devoirs » (Dict. de Trévoux). Ce mot est pris souvent comme synonyme de conférences.

C'était jour de calende, et nombre de confrères Devaient dîner chez lui.

(La Fontaine, Œuvres, Grands écrivains, t. V, p. 35 1.)

44- La maladie de l'Archevêque, dont il a été parlé au commencement de cette lettre.

Lettre 430. — Publiée par Blampignon, à la suite de son Etude sur Malebranche, p. i32 de la Correspondance inédite. Elle était transcrite par le P. André, dans sa Vie du R. P. Malebranche, édit. lngold, p. 95. La date ne nous en est pas connue. Nous pouvons

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conférence avec vous sur le sujet que vous savez. J'appréhende ou de manquer au respect que je vous dois, ou de ne pas soutenir avec assez de fermeté des sentiments qui me paraissent, et à plusieurs autres, très véritables et très édifiants. . . '.

cependant la placer entre le Ier juin et le 3o octobre 1687, époque où nous savons que Malebranche se refusait à entrer en conférence avec Bossuet. Cependant la place qu'elle occupe dans l'ouvrage du P. André semblerait indiquer qu'elle fut écrite plusieurs années auparavant, au temps où venait de paraître le Traité de la nature et de la grâce (1680).

1. M. d'Allemans écrivait de Champniers à Malebranche, le 3o octobre 1687 : « ... M. de Meaux n'a pas voulu entrer avec moi dans la discussion que je lui avais proposée. Il me mande qu'en vain je m'efforcerais de lui apprendre la théologie, et qu'il veut entrer dans un examen exact, par la lecture de tous vos livres, puisque vous n'avez pas voulu lui en épargner la peine (par une conférence), et, pour cet effet, il m'en demande le catalogue entier et me mande ceux qu'il en a déjà. Il m'assure qu'il ne jugera pas sans avoir tout vu et tout entendu ; mais que si, par cette lecture, il n'est pas désabusé des nouveautés qu'il a cru vous devoir être imputées, il ne peut rien me promettre, sinon qu'il fera sur cela ce que devant Dieu il verra devoir être fait. Du reste, il paraît toujours très fâché du refus que vous faites de le voir, après tout ce qu'il m'a chargé de vous promettre de sa part, échauffé et entêté contre le système. Vous voilà toujours averti de tout, mon T. R. P.; voyez de la manière que vous devez le ménager. Je lui mande simplement que je suis ravi du dessein qu'il a pris de tout lire et de tout examiner ; qu'en fait de dogme, vous condamnez comme lui tout ce qui est nouveau, mais que vous croyez avec bien d'autres que non seulement il a toujours été permis de donner de nouvelles preuves des vérités anciennes, mais encore que cela a été pratiqué et même ordonné dans tous les temps. Je le prie de bien prendre garde à cela et l'assure d'ailleurs que vous n'avez nul éloignement naturel de le voir et de lui complaire. Je suis même ici pour un rendez-vous que m'y avait donné l'abbé de Fénelon. Il en partit hier... » (Bibl. Nationale, fr. 25688, f° 161. Cf. Blampignon, op. cit., p. 86.)

On voit dans le P. André (édit. Ingold, p. i52), que Malebranche s'efforça de calmer le mécontentement de Bossuet en lui écrivant une autre lettre, que malheureusement ce biographe a oublié de transcrire et qui est perdue. Cependant il y eut entre l'évêque de Meaux et le célèbre oratorien une entrevue chez le duc de Chevreuse. Le P. André raconte aussi les efforts des amis de Malebranche en vue de rendre ses

3g4 CORRESPONDANCE [juin 1687

43 1 . — Ulrich Obrecht a Bossuet.

A Strasbourg, ce 20 de juin 1687.

Monseigneur, Je réponds un peu tard à la lettre que Votre Grandeur m'a fait l'honneur de m'écrire du 6 du mois passé, parce qu'elle m'a été rendue lorsque j'étais occupé à instruire quelques procès de conséquence que la ville de Strasbourg a au Conseil souverain d'Alsace1, et qui doivent encore être jugés avant les vacances. J'espérais en outre de trouver ici les deux derniers tomes de M. de Varillas 2, où il doit avoir mis les deux pièces sur lesquelles Votre Grandeur me demande

idées plus tolérables à Bossuet, qui se déclare satisfait sur les points les plus importants, des explications de l'auteur et abandonne le projet d'écrire contre son système. Il encouragea cependant Fénelon, qui en avait entrepris la réfutation. Le manuscrit original de celui-ci, revu et annoté par Bossuet, n'a été imprimé qu'en 1820, au tome III des Œuvres de Fénelon, édit. de Versailles. M de Meaux, se réconcilia complètement avec l'oratorien, lorsque celui-ci eut pris parti contre l'archevêque de Cambrai dans la querelle du quiétisme (Cf. l'Eloge de Malebranche par le marquis d'Allemans, dans V. Cousin, op. cit., p. £76). Lettre 431. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice.

1. Le Conseil souverain d'Alsace, sorte de cour de justice, remplissait pour cette province la place du Parlement. Il siégeait alors a Brisach (depuis 1679), où il avait été transféré d'Einsisheim ; il fut transporté à Colmar en 1698.

2. Histoire des révolutions arrivées en Européen matière de religion. Paris, 1686-1690, 6 vol. in-4. Les tomes III et IV ont paru en 1687. — Antoine Varillas (1624-1696) s'adonna à des travaux historiques qui furent d'abord très goûtés, mais dont l'autorité fut ruinée de son vivant. Les critiques de Burnet et d'autres protestants ne contribuèrent pas peu à le discréditer. Cependant Huet disait encore qu'il n'y avait point en France d'historien où il y eût autant à apprendre (Voir Boscheron, Varillasiana, avec une Vie de Varillas, Amsterdam, 1734, in-12 ; Hueliana, Amsterdam, 1723, in-12, p. kg; Vigneul-Marville, Mélanges, Paris, 1701, in- 13, t. II, p. ^12 ; Nicernu, Mémoires, t. V et X).

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quelque éclaircissement. Mais, comme nos libraires ne les ont pas encore apportés, je n'en pourrai donner que des conjectures.

Je présume donc que ce seront les mêmes que celles que feu M. l'Electeur Palatin Charles-Louis3 a déjà fait publier autrefois pour couvrir ou autoriser en quelque façon le concubinage dans lequel il vivait avec la dame de Degenfeld 4. C'est dans un livre qu'il fit écrire en allemand par un de ses conseillers, et qu'il envoya lui-même à la plupart des Cours, comme aussi aux savants d'Allemagne. Il m'en adressa aussi un exemplaire, avec un paquet pour feu Monsieur le Prince ' ; mais il me défendit fortement de ne pas mander d'où m'était venu ledit paquet. Cet ouvrage a pour titre : Considérations ou Réflexions consciencieuses sur le mariage, en tant qu'il est fondé, dans le droit divin et en celui de nature ; avec un éclaircissement des questions agitées jusqu'à présent touchant Vadulière, la séparation et particulièrement la polygamie. Il a été publié en l'an 1679, sous le nom emprunté de Daphnseus Arcuarius, sous lequel est caché celui de Laurentius Beger6, parce qu'Arcus signifie en allemand Bogen.

Dans la quatrième partie, chapitre 1, l'auteur avant proposé la question, si, dans le temps de la nouvelle Alliance, il y a eu des docteurs qui aient permis la polygamie, et, après avoir fait dire au cardinal Bellarmin qu'il s'étonnait de ce que les luthériens reprochaient au pape Grégoire III d'avoir

3. Charles-Louis (1617-1680), de la maison de Simmeren, comte palatin du Rhin. Il était fils de Frédéric V. Il entra dans la ligue formée contre la France en 1672, et trente de ses bourgs et villages furent brûlés par Turenne.

k- Marie Susanne, baronne de Degenfeld, dame d'honneur de la princesse Charlotte, épouse de l'électeur Charles-Louis. Celui-ci se sépara de sa femme et épousa publiquement en 1667 Mme de Degenfeld, de qui il eut quatorze enfants et qui mourut le 18 mars 1677.

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