A l'Abbé de Rancé
A Paris, 4 décembre 1687.
En partant pour m'en retourner dans mon diocèse1, je suis bien aise de vous dire que je n'ai aucune nouvelle ni des diligences de ce P . de Fontevrault2 auprès de M. Courcier3, ni de la lettre que j'ai écrite à ce docteur. Tout ce que je vous puis dire, Monsieur, c'est qu'il est à propos, pour des raisons qui assurément ne me regardent pas, que le Commentaire paraisse plutôt avec les approbations ordinaires qu avec la mienne4.
Lettre 452. — Revue sur la copie authentique de la Bibliothèque Nationale, fr. i5i8o, p. 22.
1. Bossuet nous a dit (lettre du 11 novembre, p. 4^7) qu'il devait arriver à Paris le samedi i5 et qu'il y serait « pour très peu de jours ».
2. Celui qui avait apporté à Meaux le manuscrit du commentaire de la règle de saint Benoît par l'abbé de Rancé (Cf. lettre du 1 1 novembre).
3. Sur Pierre Courcier, voir notre tome II, p. 273. Sans doute ce docteur avait été chargé d'examiner le travail de Rancé, et on le pressait de le faire promptement.
[\. On voit que Bossuet aurait préféré que le livre de Rancé fût revêtu des approbations que donnaient d'ordinaire les docteurs de Sorbonne. Néanmoins il changea d'avis, et son approbation figura,
déc. 1687] DE BOSSUET. 45i
Je ne crois pas qu'il y ait rien de solide dans les bruits qui ont couru, si ce n'est peut-être quelque mécontentement par rapport à Madame de Guise5. J'ai dit ce que je devais sur ce sujet-là, partout où j'ai cru le devoir faire. Au surplus, je vous supplie de ne pas douter que je ne sois affectionné à la Trappe comme serait un de vos religieux, et à vous comme à un ami cordial, et à un homme que je crois à Dieu, et en qui je crois que Dieu est.
J. Bénigne, é. de Meaux.
^53. — Fénelon a Bossuet.
Sur la Campagne de Germigny.
De myrte, de laurier, de jasmins et de roses, De lis, de fleurs d'orange1 en son beau sein écloses, Germigny se couronne et sème les plaisirs. Taisez-vous, aquilons, dont l'insolente rage Attaque le printemps caché dans son bocage ; Zéphyrs, portez-lui seuls mes plus tendres soupirs.
0 souffles amoureux, allez caresser Flore ; Qu'en ce rivage heureux, à jamais elle ignore La barbare saison qui vient pour la ternir.
avec celle de l'archevêque de Reims, en tète de l'ouvrage, lorsqu'il parut en 1689.