‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 254 sur 308 · Cf. lettre du 23 novembre, p · texte numérisé non relu

Cf. lettre du 23 novembre, p

Lettre 453. — Publiée dans les Œuvres de Fénelon, édition de Versailles, t. XXI (1820), p. 3o2.

1. Orange se prenait autrefois au sens d'oranger, du moins dans la locution : « fleur d'orange ». On connaît le vers de Corneille : De bouquets de jasmin, de grenade et d'orange.

(Le Menteur, I, v.)

452 CORRESPONDANCE [déc. 1687

Loin donc les noirs frimas, loin la neige et la glace ! Verdure, tendres fleurs, que rien ne vous efface ! 0 jours doux et sereins, gardez-vous de finir !

Que par les feux naissants d'une vermeille aurore Le sombre azur des cieux chaque matin s'y dore ; Que l'air exhale en paix les parfums du printemps ; Que le fleuve2, jaloux des beaux lieux qu'il arrose, Leur garde une onde pure, et que jamais il n'ose Abandonner ses flots au caprice des vents.

Hiver, cruel hiver, dont frémit la nature, Ah ! si tu flétrissais cette vive peinture ! Hâtez-vous donc, forêts, montagnes d'alentour ; Défendez votre gloire, arrêtez son audace ; Tremblez, Nymphes, tremblez, c'est Tempe qu'il menace, Des grâces et des jeux c'est le riant séjour.

Voilà, Monseigneur, ce qu'un de mes amis 3 vous envoie ; il vous prie d'en faire part à Germigny, pour le consoler des disgrâces de la saison.

Nous avons reçu votre lettre, partie de Meaux le même jour que vous êtes parti de Paris4. Nous avons senti et admiré sa diligence. On travaille à profiter de l'avis. Je saurai de M. l'abbé Fleury s'il travaille à la traduction5, pour ne mettre point ma faux en moisson étrangère.

Je ne sais aucune nouvelle. Ce n'en est pas une de vous dire, Monseigneur, que je suis tout ce que je dois être et que

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