‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 289 sur 308 · Le Secrétaire d'Etat a Bossuet · texte numérisé non relu

Le Secrétaire d'Etat a Bossuet

1^ juin 1688.

Monsieur, J'ai lu au Roi la lettre que vous avez écrite à S. M. Elle a bien voulu consentir à ce que l'exécution du jugement qui interviendra contre les coupables delà dernière assemblée faite à Nanteuil soit sursise, et j'écris à M. de Menars ' dem'informer, afin d'expédier des lettres de commutation de la peine de mort en telle autre qu'il plaira à S. M. Je suis...

[\"lk. — A la Sœur Jeanne Guyeux.

A Meaux, a5 juin 1688.

J'approuve fort, ma Fille, que les religieuses

Lettre 473. — Inédite. Registres de la Secrétairerie d'État, O1 3a, fO j5^ vo.

1. Voici en quels termes : « J'ai rendu compte au Roi de ce que vous m'avez écrit sur les diligences que vous avez fait pour l'instruction du procès de ceux qui se sont assemblés à Nanteuil, et la difficulté que vous avez sur la manière de prononcer contre ceux que vous trouvez coupables. S. M. n'a rien voulu décider à cet égard, se remettant à vous de suivre ce qui est porté par ses édits et déclarations. Il sera bon seulement que vous me fassiez savoir en diligence et avant l'exécution, les jugements qui auront été rendus, S. M. se réservant de faire telle grâce qu'elle jugera à propos. » (Ibid., f° 157.)

Lettre 474. — L. a. s. Collection de M. le comte G. de La Roche- Aymon. — Sœur Jeanne Guyeux (prononcez Gueux) appartenait, nous le savons par Deforis, à la Congrégation Notre-Dame et résidait à Coulomniiers. Sans doute elle était sœur de Nicolas Guyeux, qui mourut âgé de cinquante-trois ans, à Coulommiers, le 18 août 170/4, et qui était capitaine des chasses du Roi à Montceaux. Il était fils de Nicolas Guyeux, qui figure, en 1669, avec le titre d'élu dans les registres de la paroisse de Coulommiers, et de Louise Houllier.

5l8 CORRESPONDANCE [juin 1688

cherchent à entendre ce qu'on dit et ce qu' elles disent dans le service divin, parce que c'est un moyen très utile pour faciliter l'attention et exciter la piété. Je ne vois rien qui vous empêche de vous servir de la version dont vous m'écrivez1, et je vous en donne la permission, jusqu'à ce qu'étant sur les lieux, je traite avec vous plus à fond de cette affaire.

Je loue votre soumission et vos sentiments sur la révérence qui est due au Saint-Siège ; mais je ne sache pas qu'il se soit rien publié en France sur ces matières depuis fort longtemps : vivez donc en repos et sans scrupule.

Je prie Notre-Seigneur qu'il soit avec vous.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Suscription : Ma Sr Jeanne Guyeux, Coulommiers.

^b. — Le Secrétaire d'État a Bossuet.

26 juin 1688.

Monsieur, Le Roi a bien voulu changer la peine de mort, à laquelle les nommés Robline et Cochet ont été condamnés, en celle des galères à perpétuité, et au surplus S. M. veut quelejuge-

1. « Il approuve qu'elle se serve d'une version du bréviaire pour entendre ce qu'elle dit dans l'OFfice divin. » (Deforis). Sans doute il s'agit de la version de Le Tourneux. (Cf. la lettre de l'archevêque de Reims, du 26 avril 1688, plus haut, p. 5o6 et 5o7).

Lettre 475. — Publiée d'après les registres de la secrétairerie d'État (0'32, f° 171).

juin 1688] [DE BOSSUET. 5lQ

ment rendu contre les coupables soit exécuté ' . Je suis toujours...

^76. — Au Cardinal Cibo.

Monseigneur, Si j ose prendre la liberté de présenter à V. E. cette histoire1, où sont racontées les variations de l'hérésie, et ses laideurs, découvertes, ce n'est que de la bonté

1. Le jugement contre les convertis coupables d'avoir pris part à la réunion du 6 juin avait été rendu le 25. Nicolas Robline, les frères Louis et Jacques Cochet avaient été condamnés à être pendus ; Miqueau, qui avait fait office de lecteur, et le tisserand Cordier, à trois ans de galères, etc. Des femmes furent condamnées à la prison ; d'autres, rasées et enfermées à l'hôpital général de Meaux. Jacques Cochet, forçat sur la Conquérante, mourut en 1709; son frère Louis, gracié en 1713, se rendit à Neufchàtel, en Suisse. Quant à Robline, on sait qu'il reçut la bastonnade en 1700 pour avoir refusé d'ôter son bonnet pendant une messe célébrée sur sa galère. (O. Douen, Hist. de la révocation, t. II, p. 558 et suiv. ; Registres de la secrétairerie d'État, 0*33, f° 171 v° et 172 ; Bulletin de la Société du protestantisme français, 2e série, t. IV, p. 368.)

Nous lisons dans le Journal de Rochard : « Le 20 juin 1688, M. l'évèque prêcha à la cathédrale le dimanche dans l'octave du Saint Sacrement, et il fit voir la fausse conversion des nouveaux convertis et leur esprit de rébellion ; il y en avait quatre, au moins, qui devaient être pendus. Mais M. l'évèque écrivit au Roi pour avoir leur grâce, ce que S. M. lui accorda, et leur pardonna; et en furent quittes à faire amende honorable dans le grand parvis de Saint-Etienne pieds nus, à genoux, tenant chacun une torche ardente en main et ayant la corde au col. Quelques-uns néanmoins furent condamnés aux galères, d'autres à une prison perpétuelle, d'autres eurent les fleurs de lys. » (Cité par Réaume, Histoire de Bossuet, t. II, p. i58. Cf. Ledieu, t. I, p. 190).

Lettre 476. — L. a. s. Inédite. Collection H. de Rothschild (Cf. la Revue Bossuet du 25 avril 1904, p- 72).

1. L'Histoire des Variations, dont l'achevé d'imprimer est du 22 mai

520 CORRESPONDANCE [juill. 1688

de V. E. que j'espère une réception favorable d'un si médiocre présent 2. Je suis si accoutumé, Monseigneur, à ressentir des témoignages de votre générosité que je ne puis m empêcher d'en espérer toujours de nouveaux.

Je suis aussi avec un respect très particulier, Monseigneur, de V. E. le très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

A Meaux, 27 juin 1688.

^77- A Mme DE BeRINGHEN.

A Versailles, 21 juillet [1688 ?].

Je devais déjà vous avoir dit, Madame, que la permission que vous demandiez par votre dernière est accordée, et, de peur que les choses ne demeurent trop longtemps indécises, quand à de semblables lettres vous ne recevez pas de promptes réponses, vous pouvez tenir l'affaire faite.

2. Dans une lettre à Du Vaucel, du i3 août 1688 (OEuvres, t. III, p. 120, le grand Arnauld fait del'Histoire des Variations un bel éloge qui se termine ainsi : « Un des plus beaux livres est le dernier (ou XVe), qui est de l'Eglise. Rien n'est plus convaincant contre les hérétiques, mais il y a à la marge de l'article i65 : Ce qu'il y a de certain dans l'autorité du Pape, très bien reconnu dans le Concile de Trente et par les Docteurs catholiques. Sur quoi il cite Pallavicini, I. xix, c. Il, i3, l4, 10; du Perron, Réplique, 1. vi, Préf., p. 858 et Duval, Elenchus, p. 9 et Tract, de Rom. pontif. pot., part, 11, q. 1, p. 4, q- 7, 8. Les curieux de Rome devraient avoir ce livre-là. »

Lettre 477. — Publiée pour la première fois, d'après une copie ancienne, par le P. Ch. Sommervogel, dans les Eludes, du mois de septembre 1875, p. 448.

août 1688] DE BOSSUET. 521

Mlle de Mauléon, qui est à sa campagne1, m'a fait savoir qu'elle vous avait envoyé les Variations2, sans quoi j'y aurais pourvu.

Je suis à vous, Madame, comme vous savez.

Z178. — A Pierre de Maupeou.

[août 1688?]

J'ai reçu, Monsieur, avec votre lettre les premiè-

1. Catherine Gary avait hérité, en 1 683, de son frère aîné, Pierre Gary, la petite terre de Mauléon (paroisse de Saint-Brice-sous-Forèt, aujourd'hui dans le département de Seine-et-Oise). Voir Ch. Urbain, Bossuet et Mlle de Mauléon, Paris, 1906, in-8. Au xvme siècle, le fief de Mauléon appartint au célèbre avocat Loyseau de Mauléon.

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