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Lettre 418. — Imprimée par le destinataire dans la Vie du très révérend Dom Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, Paris, 1702, 2 vol. in-12, t. II, p. 58-6o. Maupeou nous apprend que cette lettre lui fut écrite par l'évèque de N*** (Meaux). La date, du ... août 1682, donnée par Maupeou, est évidemment fautive. Il faut sans doute lire : «... août 1688 », le Commentaire du P. Mège ayant paru en 1687. — D'après le successeur de l'abbé de Rancé, D. Gervaise, qui assure ne rien dire sur des témoignages anthentiques, P. de Maupeou était un aventurier né à Gahors et dont le vrai nom était Mopau (sic, pour Mopou ?) Il avait d'abord fait profession chez les Minimes de son pays, où il se signala par son indocilité et ses mauvaises mœurs. Au bout de huit ou dix années de diaconat, ayant perdu l'espoir d'être promu au sacerdoce dans son Ordre, il avait déserté son couvent, s'était fait ordonner prêtre subrepticement, et, après avoir mené une vie errante, était venu enfin à la Trappe, où son frère était cellérier sous le nom de Frère Grégoire. Là, se donnant pour un prêtre séculier, il s'était fait recevoir au noviciat et s'était insinué dans les bonnes grâces de l'abbé de Rancé ; puis, au bout de quatre mois, il prétexta le mauvais état de sa santé et quitta la maison. Muni d'un excellent certificat de son abbé, il obtint de Potier de Novion, évêque d'Evreux, la cure de Nonancourt (aujourd'hui dans l'arrondissement d'Evreux), non loin de Dreux. Pour se donner plus de relief, il s'intitula sans aucun droit
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res feuilles de votre réponse au Père Mège l. Je ne puis que louer le zèle que vous avez pour la vérité ; mais comme je sais qu'en même temps la charité règne dans votre cœur, j'ai cru vous devoir donner avis que les Pères de Saint-Maur, qui, comme vous l'avez remarqué vous-même, n'ont pas approuvé ce livre, sont disposés à faire plus et à le défendre et désavouer publiquement2. En ce cas, il me paraît
docteur en théologie et se fit appeler de Maupeou, comme s'il eût été parent du président de ce nom. Il conserva de fréquents rapports avec la Trappe, jusqu'au jour où, instruit de son passé, le nouvel abbé D. Gervaise voulut reconduire. De là, le ressentiment du curé de Nonancourt, qui le poussa à susciter de concert avec M. Maine, mille difficultés, à la suite desquelles D. Gervaise donna sa démission (\oir [Dom Gervaise] Jugement critique, mais équitable des Vies de feu M. l'abbé de Rancé. Londres, 17/J2, in-12, Avertissement). Maupeou fut curé de Nonancourt, de 1691 à 1715. Outre l'ouvrage cité plus haut, il a donné V Éloge funèbre de l'abbé de Rancé, Paris, 1701, in-12.
1. Si l'on en croit Maupeou (op. Cit.), cette réponse était sous la forme de six lettres à un ami, dont les deux premières seules avaient vu le jour, les autres ayant été supprimées pour déférer au désir exprimé ici par Bossuet. Mais, écrivant assez longtemps après les événements, Maupeou a dû faire une confusion, peut-être volontaire. En effet, en parlant de « feuilles », de réponse qui serait inutile et qu'il convient de tenir en suspens, Bossuet ne semble pas avoir en vue deux lettres déjà publiées. D'autre part, dans des lettres données par Maupeou lui-même, Rancé indique que les deux lettres en question ont paru seulement en 169 1, et que, si l'auteur n'a pas imprimé les autres, c'est qu'il a été désarmé par la mort de D. Mège survenue le i5 avril 1691 (Cf. dans Maupeou, op. cit., t. I, p. 53o et suiv., lettres du 22 février et du 5 juin 1691). Il est donc très probable qu'après avoir cédé d'abord à la demande de Bossuet, et tenu sa réponse en suspens, Maupeou n'a pas voulu la laisser perdre et l'a reprise en 169 1.
2. Le livre du P. Mège fut désavoué et proscrit par l'Assemblée générale de la Congrégation de Saint-Maur, le Ier août 1689. « Les Pères Visiteurs, dans le cours de leurs visites, tiendront la main à ce que, dans les Communautés de notre Congrégation, on ne lise point le livre intitulé : Commentaire de la règle de saint Benoît, composé par D. Joseph Mège. » (Voir l'article de M. J.-B. Vanel, dans la Revue Bossuet du 25 octobre 190^, p- 218.)
août 1688] DE BOSSUET. 523
que votre réponse serait inutile; l'affaire sera terminée dans huit jours au plus, et, je crois, d'une manière qui satisfera le public et fera tomber dans le décri un livre qui déjà ne se soutient guère. Je vous prie, en attendant, pour ne rien aigrir, de tenir votre réponse en suspens : je crois que vous devez cela à la charité.
Je suis avec toute l'estime et la cordialité possible, etc.